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Méthode de l'historien : questionner, critiquer, synthétiser, communiquer

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Fiche de révision

  • Repère 1 : question de recherche : un thème, un lieu, une époque, et ce qu'on cherche à expliquer (causes, conséquences, évolution)
  • Repère 2 : trace du passé : document produit à l'époque des faits ; travail postérieur : document produit plus tard, à partir de traces
  • Repère 3 : référence d'un livre : auteur, titre, lieu d'édition, éditeur, année, page ; d'un site : auteur ou organisme, titre, adresse, date de consultation
  • Pertinence : Rapport du document avec la question historique.
  • Fiabilité : Crédibilité d’une information compte tenu de ses conditions de production.
  • Recoupement : Comparaison d’informations issues de sources identifiables et indépendantes.
  • Critique externe : Examen de la référence et des conditions de production : auteur, date, fonction, destinataire et contexte.
  • Critique interne : Examen du contenu : cohérence, précision, arguments, omissions et rapport avec les informations disponibles.
  • Problématique : Question à laquelle la synthèse doit répondre.
  • Plan thématique : Regroupement des informations par idées plutôt que par documents.
  • Nuance : Limite ou différence nécessaire pour ne pas généraliser abusivement.
  • Repère 1 : titre complet : thème, espace, époque
  • Repère 2 : ligne du temps : axe orienté, échelle régulière, repères chronologiques, légende
  • Repère 3 : tableau comparatif : objets comparés, critères, mots-clés, informations exactes dans la bonne case
  • Repère 4 : siècle d'une année : le XIXe siècle va de 1801 à 1900, le XXe de 1901 à 2000
  • Caractéristique : Trait qui aide à identifier un concept.
  • Indice : Fait du dossier qui appuie une caractéristique.
  • Comparaison : Examen de ressemblances et de différences à partir des mêmes critères.

Question de recherche et recherche d'informations

Une recherche part d'une question de recherche qui précise un thème, un lieu et une époque. Pour y répondre, on distingue les traces du passé, produites à l'époque étudiée, des travaux postérieurs, écrits plus tard. Chaque document est identifié par sa référence : auteur, titre, date, éditeur ou site, date de consultation.

À retenir

Repère 1

question de recherche : un thème, un lieu, une époque, et ce qu'on cherche à expliquer (causes, conséquences, évolution)

Repère 2

trace du passé : document produit à l'époque des faits ; travail postérieur : document produit plus tard, à partir de traces

Repère 3

référence d'un livre : auteur, titre, lieu d'édition, éditeur, année, page ; d'un site : auteur ou organisme, titre, adresse, date de consultation

Méthode

  1. Préciser thème, lieu et époque, puis ce qu'on cherche : causes, conséquences, évolution ou nature d'un phénomène.
  2. Comparer la date du document à celle des faits : produit à l'époque, c'est une trace ; plus tard, un travail postérieur.
  3. Auteur, titre, date et éditeur ou adresse du site, avec la date de consultation pour une source en ligne.

Exemple expliqué

Question de recherche.

Consigne : lisez la problématique, puis identifiez l'objet de la recherche en répondant aux questions.

Problématique

Le 2 août 1914 au soir, l'Allemagne remet un ultimatum à la Belgique : elle exige le libre passage de ses troupes vers la France. Pourquoi le gouvernement belge a-t-il refusé cet ultimatum, et comment a-t-il justifié son refus ?

  1. Le thème. Le thème de la recherche est le refus par la Belgique de l'ultimatum allemand (l'ultimatum de l'Allemagne à la Belgique et la réponse belge). Un thème est un sujet précis : ce n'est pas le titre d'un livre ni une date.

  2. Le lieu. Le lieu de la recherche est la Belgique (l'ultimatum est remis à Bruxelles au gouvernement belge).

  3. La date. La date de la recherche est le 2 août 1914 pour l'ultimatum et le 3 août 1914 pour la réponse : on écrit août 1914.

Thème : le refus belge de l'ultimatum allemand. Lieu : la Belgique. Date : août 1914 (2 et 3 août).

Pertinence et fiabilité d’une source

Une source est pertinente lorsqu’elle aide à répondre à la question posée. Une affiche de recrutement peut éclairer la propagande d’une armée ; elle ne donne pas nécessairement le nombre réel de volontaires. Il faut relier le contenu à la problématique, à la période et à l’espace étudiés.

La fiabilité concerne la confiance que l’on peut accorder à une information précise. Identifie l’auteur, sa position, la date, le destinataire et l’objectif du document. Un acteur proche des faits peut disposer d’informations tout en cherchant à se justifier. Un document tardif peut s’appuyer sur des archives tout en restant une interprétation.

La critique ne classe pas mécaniquement les documents en vrais ou faux. Elle explique leurs usages et leurs limites. Une propagande est une source utile pour étudier un discours, même si ses affirmations ne décrivent pas correctement les faits. La confrontation de sources indépendantes renforce une conclusion ; plusieurs reprises du même témoignage ne constituent pas plusieurs confirmations.

À retenir

Pertinence

Rapport du document avec la question historique.

Fiabilité

Crédibilité d’une information compte tenu de ses conditions de production.

Recoupement

Comparaison d’informations issues de sources identifiables et indépendantes.

Critique externe

Examen de la référence et des conditions de production : auteur, date, fonction, destinataire et contexte.

Critique interne

Examen du contenu : cohérence, précision, arguments, omissions et rapport avec les informations disponibles.

Méthode

  1. Reformule la question en période, espace et objet.
  2. Identifie la source et son contexte de production.
  3. Relève ce qu’elle permet d’établir et ses limites.
  4. Confronte ses affirmations à une autre source.

Exemple expliqué

Dossier fictif : un directeur écrit en 1890 que les salaires de son usine sont satisfaisants. Un registre de paie daté de la même année donne les montants par métier. Question : les travailleurs pouvaient-ils vivre de leur salaire ?

  1. La lettre renseigne le point de vue du directeur, qui a intérêt à défendre l’usine.

  2. Le registre permet de mesurer les salaires, mais pas le coût de la vie.

  3. Il faut des prix, des dépenses et des informations sur les ménages pour apprécier le niveau de vie.

Les deux documents sont pertinents mais insuffisants : confronter les salaires aux dépenses nécessaires, sans prendre l’appréciation du directeur pour une mesure.

Points à surveiller

  • Déclarer toute source engagée inutilisable.
  • Confondre ancienneté du document et fiabilité de toutes ses affirmations.

Construire une synthèse historique

Une synthèse répond à une question en organisant les informations pertinentes d’un dossier. Elle ne juxtapose pas un résumé de chaque document. La problématique commande le choix des idées, leur regroupement et l’ordre de l’explication.

Commence par un tableau de travail : pour chaque idée, indique les documents qui la soutiennent, les dates utiles et les éventuelles divergences. Distingue faits, explications proposées par les auteurs et conclusions que tu peux tirer. Une information isolée ne suffit pas toujours à généraliser à une population entière.

L’introduction délimite le sujet et annonce le fil de la réponse. Chaque paragraphe développe une idée avec un appui précis et une relation explicite : cause, conséquence, continuité ou rupture. La conclusion répond à la question avec le degré de certitude permis par le dossier. Les références rendent le raisonnement vérifiable.

À retenir

Problématique

Question à laquelle la synthèse doit répondre.

Plan thématique

Regroupement des informations par idées plutôt que par documents.

Nuance

Limite ou différence nécessaire pour ne pas généraliser abusivement.

Méthode

  1. Trie les informations selon la question.
  2. Regroupe-les en deux ou trois axes cohérents.
  3. Rédige chaque axe avec faits, références et liens logiques.
  4. Conclus en répondant explicitement à la problématique.

Exemple expliqué

Dossier fictif : A décrit l’arrivée du chemin de fer dans une ville ; B montre une hausse du transport de charbon ; C décrit des nuisances dans un quartier. Question : quels effets le rail a-t-il sur cette ville ?

  1. A et B soutiennent un axe sur les échanges et l’activité économique.

  2. C soutient un axe sur les transformations et nuisances locales.

  3. Une réponse doit articuler les gains économiques et leurs effets inégaux sur les habitants.

Plan : développement des échanges, puis transformation des quartiers et nuisances. Conclusion : le rail stimule l’activité tout en modifiant les conditions de vie, sans bénéfice identique pour tous.

Points à surveiller

  • Rédiger trois paragraphes intitulés document A, B et C.
  • Ajouter des connaissances sans vérifier leur rapport avec la question.

Communiquer : ligne du temps, tableau comparatif, schéma

Communiquer un savoir historique, c'est le mettre en forme pour un destinataire : ligne du temps, tableau comparatif, schéma, carte ou texte. Chaque production a un titre complet (thème, espace, époque), des mots-clés plutôt que des phrases et des codes visuels expliqués dans une légende. Une ligne du temps a un axe orienté, une échelle juste et des repères.

À retenir

Repère 1

titre complet : thème, espace, époque

Repère 2

ligne du temps : axe orienté, échelle régulière, repères chronologiques, légende

Repère 3

tableau comparatif : objets comparés, critères, mots-clés, informations exactes dans la bonne case

Repère 4

siècle d'une année : le XIXe siècle va de 1801 à 1900, le XXe de 1901 à 2000

Méthode

  1. Choisir la période et l'échelle, tracer l'axe orienté, placer les repères et légender les codes.
  2. Identifier les objets et les critères, remplir avec des mots-clés, titrer et légender.
  3. Relier les éléments par des flèches qui disent la relation : cause, conséquence, opposition.
  4. Passer d'une année à son siècle, calculer une durée, situer avant et après.

Exemple expliqué

Ligne du temps.

Consigne : répondez aux questions à l'aide de vos connaissances. Cinq événements de l'histoire de la Belgique sont donnés dans le désordre.

Événements

A. L'Allemagne remet un ultimatum à la Belgique.

B. La Belgique proclame son indépendance.

C. L'armistice met fin aux combats de la Première Guerre mondiale.

D. Signature du traité de Londres qui reconnaît la Belgique comme un État neutre.

E. Signature du traité de Versailles avec l'Allemagne.

  1. Question 1. Ordre chronologique : B (proclamation de l'indépendance, 4 octobre 1830), D (traité de Londres, 19 avril 1839), A (ultimatum allemand, 2 août 1914), C (armistice, 11 novembre 1918), E (traité de Versailles, 28 juin 1919). Réponse : B, D, A, C, E.

  2. Question 2. Sur une échelle de 1 cm pour 10 ans, la ligne du temps de 1830 à 1920 mesure 9 cm : 1830 est à 0 cm, 1839 à 0,9 cm, 1914 à 8,4 cm, 1918 à 8,8 cm et 1919 à 8,9 cm. Le titre complet dit le thème, l'espace et l'époque : Cinq dates de l'histoire de la Belgique, de 1830 à 1919. L'axe est orienté vers la droite (flèche), gradué tous les 10 ans (1830, 1840, 1850…) ; chaque événement est placé au bon repère avec son année.

  3. Question 3. De 1839 à 1914, il y a 1914 - 1839 = 75 ans.

1. B, D, A, C, E. 2. Ligne du temps de 1830 à 1920, échelle 1 cm pour 10 ans, cinq événements placés. 3. 75 ans.

Utiliser les concepts pour expliquer

Un concept rassemble les caractéristiques d’un phénomène et permet de comparer des situations. Industrialisation, démocratie, impérialisme ou totalitarisme ne sont pas de simples étiquettes à placer dans une phrase : il faut montrer quels indices justifient leur emploi.

Distingue la définition générale du cas étudié. Une démocratie comporte des mécanismes de participation et de contrôle du pouvoir, mais ceux-ci varient selon les périodes. Les exclusions du droit de vote doivent être examinées avant d’assimiler une démocratie du XIXe siècle à une démocratie actuelle.

Les concepts se relient : industrialisation et capitalisme, nationalisme et impérialisme, démocratie et autoritarisme. La relation n’est pas une identité ni une conséquence automatique. Pour un examen, reprends les concepts et les caractéristiques du programme de ton cycle ; cette leçon entraîne leur utilisation, sans remplacer sa liste.

À retenir

Caractéristique

Trait qui aide à identifier un concept.

Indice

Fait du dossier qui appuie une caractéristique.

Comparaison

Examen de ressemblances et de différences à partir des mêmes critères.

Méthode

  1. Choisis le concept pertinent pour la situation.
  2. Énonce les caractéristiques nécessaires.
  3. Associe chacune à un indice du dossier.
  4. Signale les limites de la qualification ou de la comparaison.

Exemple expliqué

Document fictif : un pouvoir interdit les partis concurrents, contrôle la presse et emprisonne ses opposants. Comment utiliser le concept de dictature ?

  1. L’absence de concurrence politique limite le choix des dirigeants.

  2. Le contrôle de la presse empêche la critique publique.

  3. La répression des opposants prive les citoyens de moyens de contestation.

Ces indices caractérisent une dictature. Ils ne suffisent pas à préciser toute son idéologie ni, à eux seuls, à démontrer tous les traits d’un régime totalitaire.

Points à surveiller

  • Donner seulement le nom du concept.
  • Supposer que toutes les situations désignées par un concept sont identiques.

Exercice 1

Question de recherche.

Consigne : lisez la problématique, puis identifiez l'objet de la recherche en répondant aux questions.

Problématique

Le 2 août 1914 au soir, l'Allemagne remet un ultimatum à la Belgique : elle exige le libre passage de ses troupes vers la France. Pourquoi le gouvernement belge a-t-il refusé cet ultimatum, et comment a-t-il justifié son refus ?

  1. 1.

    Quel est le thème de la recherche ?

  2. 2.

    Quel est le lieu de la recherche ?

  3. 3.

    Quelle est la date de la recherche ?

Correction

  1. Le thème

    Le thème de la recherche est le refus par la Belgique de l'ultimatum allemand (l'ultimatum de l'Allemagne à la Belgique et la réponse belge). Un thème est un sujet précis : ce n'est pas le titre d'un livre ni une date.

  2. Le lieu

    Le lieu de la recherche est la Belgique (l'ultimatum est remis à Bruxelles au gouvernement belge).

  3. La date

    La date de la recherche est le 2 août 1914 pour l'ultimatum et le 3 août 1914 pour la réponse : on écrit août 1914.

Thème : le refus belge de l'ultimatum allemand. Lieu : la Belgique. Date : août 1914 (2 et 3 août).

Exercice 2

Date du document et date des faits.

Consigne : répondez aux questions à l'aide des documents. Ne confondez pas le moment où un document est produit et le moment des événements dont il parle.

Document 1 – Réponse du gouvernement belge à l'ultimatum allemand

« Les traités de 1839 confirmés par les traités de 1870 consacrent l'indépendance et la neutralité de la Belgique sous la garantie des Puissances […] Le Gouvernement belge, en acceptant les propositions qui lui sont notifiées, sacrifierait l'honneur de la nation en même temps qu'il trahirait ses devoirs vis-à-vis de l'Europe. »

Source : Note du gouvernement belge remise à la légation d'Allemagne à Bruxelles, le 3 août 1914 à sept heures du matin, texte publié par la Fédération Wallonie-Bruxelles sur le site commemorer14-18.be, consulté le 29 septembre 2026.

Ultimatum allemand : note remise au gouvernement belge le 2 août 1914 à 19 h 30, qui exige le libre passage des troupes allemandes en Belgique et laisse douze heures pour répondre.


Document 2 – Traité de Versailles (1919), article 232 (extrait)

« Art. 232. Les Gouvernements alliés et associés reconnaissent que les ressources de l’Allemagne ne sont pas suffisantes – en tenant compte de la diminution permanente de ces ressources qui résulte des autres dispositions du présent traité – pour assurer complète réparation de toutes ces pertes et de tous ces dommages. Les Gouvernements alliés et associés exigent toutefois, et l’Allemagne en prend l’engagement, que soient réparés tous les dommages causés à la population civile de chacune des puissances alliées et associées et à ses biens pendant la période où cette puissance a été en état de belligérance avec l’Allemagne par ladite agression par terre, par mer et par les airs […] »

Source : Traité de Versailles, signé le 28 juin 1919, partie VIII (Réparations), Berger-Levrault, 1920, p. 130, texte sur fr.wikisource.org, consulté le 29 septembre 2026.

Traité de Versailles : traité de paix signé le 28 juin 1919 entre l'Allemagne et les puissances alliées et associées, dont la Belgique, qui met fin à la Première Guerre mondiale avec l'Allemagne.


Document 3 – Extrait d'un manuel d'histoire

Le 4 août 1914, l'armée allemande franchit la frontière belge. Elle attaque ensuite les forts de Liège, dont les derniers tombent le 16 août. L'armée belge se replie alors vers Anvers, puis derrière l'Yser.

Source : Texte rédigé par Capcess pour cet exercice (document fictif), 2026.

  1. 1.

    Quelle est la date de réalisation du document 1 ?

  2. 2.

    Quelle est la date de réalisation du document 2 ?

  3. 3.

    Quelle est la période des faits dont parle le document 2 ?

  4. 4.

    Le document 3 est-il une trace du passé ou un travail postérieur ? Justifiez en comparant sa date de réalisation à la date des faits.

Correction

  1. Question 1

    Le document 1 est la réponse du gouvernement belge remise le 3 août 1914 : sa date de réalisation est le 3 août 1914.

  2. Question 2

    Le traité de Versailles est signé le 28 juin 1919 : c'est sa date de réalisation.

  3. Question 3

    L'article 232 parle des dommages causés par l'agression allemande pendant la guerre : les faits se situent entre 1914 et 1918.

  4. Question 4

    Le document 3 est un travail postérieur. Il a été rédigé en 2026, plus d'un siècle après les faits de 1914 : son auteur ne les a pas vécus et travaille à partir de traces du passé.

1. 3 août 1914 ; 2. 28 juin 1919 ; 3. 1914-1918 ; 4. Travail postérieur (rédigé en 2026, faits de 1914).

Exercice 3

Les outils conceptuels.

Consigne : répondez aux questions en vous aidant des extraits et de vos connaissances.

Document A – Extrait A

« s’engagent à veiller à la conservation des populations indigènes et à l’amélioration de leurs conditions morales et matérielles d’existence et à concourir à la suppression de l’esclavage et surtout de la traite des noirs […] à leur faire comprendre et apprécier les avantages de la civilisation »

Source : Acte général de la conférence de Berlin, 26 février 1885, article 6, texte sur fr.wikisource.org, consulté le 29 septembre 2026.


Document B – Extrait B

« Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. »

Source : Déclaration universelle des droits de l'homme, Assemblée générale des Nations unies, 10 décembre 1948, article 1er, texte sur fr.wikisource.org, consulté le 29 septembre 2026.


Document C – Extrait C

« Les prolétaires n’ont rien à y perdre, hors leurs chaînes. Ils ont un monde à gagner. Prolétaires de tous les pays, unissez-vous ! »

Source : Karl Marx et Friedrich Engels, Manifeste du parti communiste, Londres, février 1848, traduction de Laura Lafargue, texte sur fr.wikisource.org, consulté le 29 septembre 2026.


Document D – Extrait D

« Tous les peuples ont le droit à la libre détermination ; en vertu de ce droit, ils déterminent librement leur statut politique et poursuivent librement leur développement économique, social et culturel. »

Source : Assemblée générale des Nations unies, résolution 1514 (XV), 14 décembre 1960, § 2, texte sur fr.wikisource.org, consulté le 29 septembre 2026.

  1. 1.

    À quel concept chacun des extraits A, B, C et D se réfère-t-il ? Associez chaque extrait à un concept de la liste : 1. colonisation ; 2. décolonisation ; 3. communisme ; 4. philosophie humaniste ; 5. capitalisme ; 6. fédéralisme.

    • 1. colonisation
    • 2. décolonisation
    • 3. communisme
    • 4. philosophie humaniste
    • 5. capitalisme
    • 6. fédéralisme
  2. 2.

    Définissez le concept auquel se réfère l'extrait D.

  3. 3.

    Quelles sont les raisons qui ont poussé les peuples colonisés à revendiquer ce concept ? Citez-en deux.

Correction

  1. Question 1

    A : l'acte de Berlin parle de « populations indigènes » à qui l'on veut faire apprécier « les avantages de la civilisation » : c'est le discours de la colonisation (1). B : « libres et égaux en dignité et en droits » renvoie à la philosophie humaniste (4). C : « Prolétaires de tous les pays, unissez-vous ! » est le mot d'ordre du communisme (3). D : le droit des peuples à la libre détermination est le fondement de la décolonisation (2).

  2. Question 2

    La décolonisation est le processus par lequel des territoires colonisés cessent d'être dominés par une puissance étrangère et accèdent à l'indépendance. Elle s'accélère après 1945 (Asie, puis Afrique, en 1960 surtout).

  3. Question 3

    Deux raisons : le refus de la domination et de l'exploitation étrangères (extraction des richesses, travail forcé, absence de droits politiques) ; l'idée que tous les peuples ont le droit de disposer d'eux-mêmes, affirmée par la Charte de l'ONU (1945).

1. A-1 ; B-4 ; C-3 ; D-2. 2. Processus d'accès à l'indépendance de territoires colonisés. 3. Refus de la domination et de l'exploitation étrangères ; droit des peuples à disposer d'eux-mêmes.

Exercice 4

Critique des documents. Le refus belge de l'ultimatum allemand.

Problématique : Pourquoi le gouvernement belge a-t-il refusé l'ultimatum allemand du 2 août 1914 ?

Question 1. Pour chacun des documents 1, 2 et 3, dites s'il est pertinent pour répondre à la problématique (oui ou non) et justifiez ; s'il ne l'est pas, expliquez pourquoi.

Ce que le correcteur regarde.
- Pertinence : un verdict clair pour chaque document, puis une justification qui confronte le contenu du document au thème, au lieu et à l'époque de la problématique. Un titre d'ouvrage ne tient pas lieu de thème, et la date où un document est produit n'est pas toujours celle des faits dont il parle.
- Fiabilité : pour chaque document demandé, des raisons correctes et justifiées avec des éléments du dossier.

Document 1 – Traité de Londres (1839), article 7

« Article 7. La Belgique, dans les limites indiquées aux articles 1, 2 et 4, formera un État indépendant et perpétuellement neutre. Elle sera tenue d'observer cette même neutralité envers tous les autres États. »

Source : Traité de paix entre la Belgique et les Pays-Bas, signé à Londres le 19 avril 1839, article 7, texte publié sur le site unionisme.be, consulté le 29 septembre 2026.

Traité de Londres : accord signé à Londres le 19 avril 1839 entre la Belgique et les Pays-Bas, et confirmé par cinq puissances européennes (Autriche, France, Royaume-Uni, Prusse, Russie), qui garantissent l'indépendance de la Belgique, proclamée en 1830.


Document 2 – Réponse du gouvernement belge à l'ultimatum allemand

« Les traités de 1839 confirmés par les traités de 1870 consacrent l'indépendance et la neutralité de la Belgique sous la garantie des Puissances […] Le Gouvernement belge, en acceptant les propositions qui lui sont notifiées, sacrifierait l'honneur de la nation en même temps qu'il trahirait ses devoirs vis-à-vis de l'Europe. »

Source : Note du gouvernement belge remise à la légation d'Allemagne à Bruxelles, le 3 août 1914 à sept heures du matin, texte publié par la Fédération Wallonie-Bruxelles sur le site commemorer14-18.be, consulté le 29 septembre 2026.

Ultimatum allemand : note remise au gouvernement belge le 2 août 1914 à 19 h 30, qui exige le libre passage des troupes allemandes en Belgique et laisse douze heures pour répondre.


Document 3 – Traité de Versailles (1919), article 232 (extrait)

« Art. 232. Les Gouvernements alliés et associés reconnaissent que les ressources de l’Allemagne ne sont pas suffisantes – en tenant compte de la diminution permanente de ces ressources qui résulte des autres dispositions du présent traité – pour assurer complète réparation de toutes ces pertes et de tous ces dommages. Les Gouvernements alliés et associés exigent toutefois, et l’Allemagne en prend l’engagement, que soient réparés tous les dommages causés à la population civile de chacune des puissances alliées et associées et à ses biens pendant la période où cette puissance a été en état de belligérance avec l’Allemagne par ladite agression par terre, par mer et par les airs […] »

Source : Traité de Versailles, signé le 28 juin 1919, partie VIII (Réparations), Berger-Levrault, 1920, p. 130, texte sur fr.wikisource.org, consulté le 29 septembre 2026.

Traité de Versailles : traité de paix signé le 28 juin 1919 entre l'Allemagne et les puissances alliées et associées, dont la Belgique, qui met fin à la Première Guerre mondiale avec l'Allemagne.

  1. Question 1. Pertinence des documents 1, 2 et 3.

    a.

    Le document 1 est-il pertinent ? Oui ou non. Si non, pourquoi ? Justifiez.

  2. b.

    Le document 2 est-il pertinent ? Oui ou non. Si non, pourquoi ? Justifiez.

  3. c.

    Le document 3 est-il pertinent ? Oui ou non. Si non, pourquoi ? Justifiez.

Correction

  1. Objet de la recherche

    Thème : le refus belge de l'ultimatum allemand et ses motifs. Lieu : la Belgique. Date : 2 et 3 août 1914.

  2. a) Document 1 : pertinent

    Le document 1 est pertinent. Thème : la neutralité perpétuelle de la Belgique, garantie par un traité, c'est-à-dire le motif juridique du refus. Lieu : la Belgique. Date : le traité date de 1839 mais il est toujours en vigueur en 1914 et le gouvernement belge l'invoque (« les traités de 1839 ») : l'écart entre la date du document et celle des faits ne le rend pas non pertinent.

  3. b) Document 2 : pertinent

    Le document 2 est pertinent. Thème : le refus de l'ultimatum et les motifs exposés (droit, honneur, devoirs envers l'Europe). Lieu : la Belgique. Date : 3 août 1914, le lendemain de l'ultimatum.

  4. c) Document 3 : non pertinent

    Le document 3 n'est pas pertinent. Il date de 1919 et parle des réparations que l'Allemagne doit payer après la guerre : le thème (les réparations) et la date (après la guerre) ne correspondent pas aux motifs du refus belge d'août 1914.

Documents 1 et 2 : pertinents. Document 3 : non pertinent (1919, réparations de guerre).

Barème de cet exercice

  • a : Document 1 : identifié comme pertinent ou non pertinent, sans erreur (0.5 point)
  • a : Document 1 : justification correcte et complète par le thème, le lieu et la date, en citant le contenu (1.5 points)
  • b : Document 2 : identifié comme pertinent ou non pertinent, sans erreur (0.5 point)
  • b : Document 2 : justification correcte et complète par le thème, le lieu et la date, en citant le contenu (1.5 points)
  • c : Document 3 : identifié comme pertinent ou non pertinent, sans erreur (0.5 point)
  • c : Document 3 : justification correcte et complète par le thème, le lieu et la date, en citant le contenu (1.5 points)

Exercice 5

Ligne du temps.

Consigne : répondez aux questions à l'aide de vos connaissances. Cinq événements de l'histoire de la Belgique sont donnés dans le désordre.

Événements

A. L'Allemagne remet un ultimatum à la Belgique.

B. La Belgique proclame son indépendance.

C. L'armistice met fin aux combats de la Première Guerre mondiale.

D. Signature du traité de Londres qui reconnaît la Belgique comme un État neutre.

E. Signature du traité de Versailles avec l'Allemagne.

  1. 1.

    Classez les cinq événements du plus ancien au plus récent. (2 points)

  2. 2.

    Réalisez sur votre copie une ligne du temps de 1830 à 1920, à l'échelle de 1 cm pour 10 ans, et placez-y les cinq événements avec leur année. N'oubliez pas le titre complet (thème, espace, époque) et les repères chronologiques. (6 points)

  3. 3.

    Combien d'années séparent le traité de Londres de l'ultimatum allemand ?

Correction

  1. Question 1

    Ordre chronologique : B (proclamation de l'indépendance, 4 octobre 1830), D (traité de Londres, 19 avril 1839), A (ultimatum allemand, 2 août 1914), C (armistice, 11 novembre 1918), E (traité de Versailles, 28 juin 1919). Réponse : B, D, A, C, E.

  2. Question 2

    Sur une échelle de 1 cm pour 10 ans, la ligne du temps de 1830 à 1920 mesure 9 cm : 1830 est à 0 cm, 1839 à 0,9 cm, 1914 à 8,4 cm, 1918 à 8,8 cm et 1919 à 8,9 cm. Le titre complet dit le thème, l'espace et l'époque : Cinq dates de l'histoire de la Belgique, de 1830 à 1919. L'axe est orienté vers la droite (flèche), gradué tous les 10 ans (1830, 1840, 1850…) ; chaque événement est placé au bon repère avec son année.

  3. Question 3

    De 1839 à 1914, il y a 1914 - 1839 = 75 ans.

1. B, D, A, C, E. 2. Ligne du temps de 1830 à 1920, échelle 1 cm pour 10 ans, cinq événements placés. 3. 75 ans.

Barème de cet exercice

  • 1 : Ordre chronologique exact des cinq événements (2 points)
  • 2 : Titre complet (thème, espace, époque) (1 point)
  • 2 : Axe orienté et échelle exacte (1 cm pour 10 ans), repères tous les 10 ans (2 points)
  • 2 : Les cinq événements placés au bon endroit, avec leur année (3 points)
  • 3 : Durée exacte : 75 ans (1 point)

Exercice 6

Tableau comparatif.

Consigne : complétez le tableau ci-dessous à partir des documents 1 et 2, en écrivant des mots-clés plutôt que des phrases, et donnez-lui un titre complet (thème, espace, époque).

Document 1 (Jules Ferry)Document 2 (Georges Clemenceau)
Date du discours
Position sur la colonisation (pour ou contre)
Idée principale
Ce que l'auteur dit des races supérieures et des races inférieures

Document 1 – Jules Ferry, « Les fondements de la politique coloniale » : la mission civilisatrice (extrait)

« Messieurs, il faut parler plus haut et plus vrai ! il faut dire ouvertement qu'en effet les races supérieures ont un droit vis-à-vis des races inférieures... […] Je répète qu'il y a pour les races supérieures un droit, parce qu'il y a un devoir pour elles. Elles ont le devoir de civiliser les races inférieures... »

Source : Jules Ferry, discours à la Chambre des députés, 28 juillet 1885, publié au Journal officiel de la République française, texte reproduit par l'Assemblée nationale (rubrique Grands discours parlementaires), consulté le 29 septembre 2026.

Jules Ferry (1832-1893) : homme politique français, président du Conseil en 1880-1881 et en 1883-1885. Partisan de l'expansion coloniale. Ce passage est interrompu par des députés dans la salle ; les interruptions ont été supprimées ici.


Document 2 – Georges Clemenceau, réponse à Jules Ferry (extrait)

« Races supérieures ? races inférieures, c'est bientôt dit ! Pour ma part, j'en rabats singulièrement depuis que j'ai vu des savants allemands démontrer scientifiquement que la France devait être vaincue dans la guerre franco-allemande parce que le Français est d'une race inférieure à l'Allemand. Depuis ce temps, je l'avoue, j'y regarde à deux fois avant de me retourner vers un homme et vers une civilisation, et de prononcer : homme ou civilisation inférieurs. […] Je ne veux pas juger au fond la thèse qui a été apportée ici et qui n'est pas autre chose que la proclamation de la primauté de la force sur le droit »

Source : Georges Clemenceau, discours à la Chambre des députés, juillet 1885 (l'Assemblée nationale le date du 31 juillet 1885), texte reproduit par l'Assemblée nationale (rubrique Grands discours parlementaires), consulté le 29 septembre 2026.

Georges Clemenceau (1841-1929) : médecin puis homme politique français, chef des radicaux (gauche républicaine), surnommé « le tombeur de ministères » : en 1885, son intervention contre l'expédition du Tonkin provoque la chute du gouvernement de Jules Ferry.

  1. 1.

    Complétez le tableau à partir des documents 1 et 2 et donnez-lui un titre.

Correction

  1. Titre

    Un titre complet dit le thème, l'espace et l'époque : Deux opinions sur la colonisation devant la Chambre des députés, France, juillet 1885.

  2. Tableau complété
    Document 1 (Jules Ferry)Document 2 (Georges Clemenceau)
    Date du discours28 juillet 1885fin juillet 1885 (31 juillet selon l'Assemblée nationale)
    Position sur la colonisation (pour ou contre)pourcontre
    Idée principalela France a le devoir de civiliserce discours proclame la primauté de la force sur le droit
    Ce que l'auteur dit des races supérieures et des races inférieuresil affirme que les races supérieures ont des droits et des devoirs envers les races inférieuresil conteste cette hiérarchie : les civilisations hindoue et chinoise ne sont pas inférieures
  3. Remarque

    Les deux hommes parlent au même moment, devant la même assemblée, mais leurs positions s'opposent : Ferry défend les crédits pour l'expédition de Madagascar, Clemenceau s'oppose à la politique coloniale du gouvernement. Les cases contiennent des mots-clés, pas des phrases recopiées.

Ferry : pour, devoir de civiliser. Clemenceau : contre, la force prime sur le droit, pas de race inférieure.

Barème de cet exercice

  • 1 : Titre complet : thème, espace, époque (1 point)
  • 1 : Date des deux discours (juillet 1885) (1 point)
  • 1 : Positions : Ferry pour, Clemenceau contre (2 points)
  • 1 : Idée principale de chacun (devoir de civiliser ; primauté de la force sur le droit) (2 points)
  • 1 : Vision des races : hiérarchie affirmée par Ferry, contestée par Clemenceau (2 points)

Exercice 7

Critique des documents. La justification de la colonisation.

Problématique : Comment les partisans de la colonisation l'ont-ils justifiée à la fin du XIXe siècle ?

Question 2. Pour chacun des documents 1 et 2, donnez deux raisons de lui faire confiance et deux raisons de vous en méfier.

Ce que le correcteur regarde.
- Pertinence : un verdict clair pour chaque document, puis une justification qui confronte le contenu du document au thème, au lieu et à l'époque de la problématique. Un titre d'ouvrage ne tient pas lieu de thème, et la date où un document est produit n'est pas toujours celle des faits dont il parle.
- Fiabilité : pour chaque document demandé, des raisons correctes et justifiées avec des éléments du dossier.

Document 1 – Jules Ferry, « Les fondements de la politique coloniale » : la mission civilisatrice (extrait)

« Messieurs, il faut parler plus haut et plus vrai ! il faut dire ouvertement qu'en effet les races supérieures ont un droit vis-à-vis des races inférieures... […] Je répète qu'il y a pour les races supérieures un droit, parce qu'il y a un devoir pour elles. Elles ont le devoir de civiliser les races inférieures... »

Source : Jules Ferry, discours à la Chambre des députés, 28 juillet 1885, publié au Journal officiel de la République française, texte reproduit par l'Assemblée nationale (rubrique Grands discours parlementaires), consulté le 29 septembre 2026.

Jules Ferry (1832-1893) : homme politique français, président du Conseil en 1880-1881 et en 1883-1885. Partisan de l'expansion coloniale. Ce passage est interrompu par des députés dans la salle ; les interruptions ont été supprimées ici.


Document 2 – Rudyard Kipling, « Le fardeau de l'homme blanc » (première strophe)

« Prenez le fardeau de l'homme blanc, / Envoyez les meilleurs de votre race, / Liez vos fils à l'exil / Pour servir les besoins de vos captifs ; / Pour attendre, sous un lourd harnais, / Des peuples agités et sauvages, / Vos peuples nouvellement conquis, maussades, / Moitié diables et moitié enfants. »

Source : Rudyard Kipling, The White Man's Burden. The United States and the Philippine Islands, poème publié dans le McClure's Magazine, février 1899, texte anglais sur en.wikisource.org, consulté le 29 septembre 2026. Traduit de l'anglais par Capcess.

Rudyard Kipling (1865-1936) : écrivain et poète britannique, né à Bombay, prix Nobel de littérature en 1907. Il écrit ce poème à l'adresse des États-Unis, qui viennent de prendre le contrôle des Philippines après leur victoire sur l'Espagne (1898).

  1. Question 2. Fiabilité des documents 1 et 2.

    a.

    Document 1 : énoncez deux raisons de faire confiance à ce document.

  2. b.

    Document 1 : énoncez deux raisons de vous méfier de ce document.

  3. c.

    Document 2 : énoncez deux raisons de faire confiance à ce document.

  4. d.

    Document 2 : énoncez deux raisons de vous méfier de ce document.

Correction

  1. Document 1 : raisons de s'y fier

    1) Jules Ferry est un acteur majeur de la politique coloniale : il a dirigé le gouvernement en 1880-1881 et en 1883-1885 et il parle des faits qu'il connaît directement. 2) Le discours est prononcé à la Chambre et publié au Journal officiel : la source est officielle et le texte n'a pas été réécrit après coup.

  2. Document 1 : raisons de s'en méfier

    1) Ferry veut convaincre les députés de voter des crédits pour Madagascar : c'est un discours de persuasion, pas un exposé neutre. 2) Il affirme que les « races supérieures » ont un droit sur les « races inférieures » : c'est une opinion sans preuve, contestée dans la salle (interruptions), et elle sert à justifier la conquête.

  3. Document 2 : raisons de s'y fier

    1) Kipling est contemporain des faits (poème de février 1899, après la victoire des États-Unis aux Philippines) et connaît l'empire britannique, où il est né et a vécu. 2) Le poème exprime bien l'idée de « mission » qu'on retrouve chez les partisans de la colonisation, comme dans le discours de Ferry (document 1) : il confirme que cette justification est répandue.

  4. Document 2 : raisons de s'en méfier

    1) C'est un poème, œuvre littéraire : l'auteur exprime des sentiments et des images (« moitié diables et moitié enfants »), pas une description exacte des peuples colonisés. 2) Kipling est un partisan de l'empire : son texte encourage les États-Unis à coloniser (« prenez le fardeau »), donc il n'est pas objectif.

Ferry : acteur direct et texte officiel, mais orateur qui veut convaincre. Kipling : contemporain, mais poète partisan.

Barème de cet exercice

  • a : Document 1 : deux raisons de se fier correctes, chacune justifiée par un élément du dossier (2 points)
  • b : Document 1 : deux raisons de se méfier correctes, chacune justifiée par un élément du dossier (2 points)
  • c : Document 2 : deux raisons de se fier correctes, chacune justifiée par un élément du dossier (2 points)
  • d : Document 2 : deux raisons de se méfier correctes, chacune justifiée par un élément du dossier (2 points)

Exercice 8

Synthèse. Le refus belge de l'ultimatum allemand.

Problématique : Pourquoi la Belgique a-t-elle refusé l'ultimatum allemand du 2 août 1914 et comment a-t-elle justifié son refus ?

Consigne : rédigez la synthèse qui répond à cette problématique à partir des documents 1 à 4 et de vos connaissances. Votre copie comprend trois parties.
- Une introduction (10 lignes au plus) : elle reprend la problématique et la replace dans son contexte historique grâce à vos connaissances.
- Un développement (15 lignes au plus) d'au moins deux paragraphes : il présente de façon organisée les éléments de réponse que fournissent les documents, chacun situé dans le temps et suivi, entre parenthèses, du numéro du ou des documents dont il provient.
- Une conclusion (10 lignes au plus) : elle répond à la problématique.

Ce que le correcteur regarde.
- Introduction : la problématique est reprise et au moins trois savoirs (événements, notions) l'éclairent.
- Développement : au moins cinq informations exactes venant des documents, chacune rattachée à son document et à un repère de temps, dans un texte bien construit.
- Conclusion : elle répond à la problématique et reste cohérente avec le développement.
- Langue : écriture soignée, lisible, phrases correctes.

Total : 30 points.

Document 1 – Traité de Londres (1839), article 7

« Article 7. La Belgique, dans les limites indiquées aux articles 1, 2 et 4, formera un État indépendant et perpétuellement neutre. Elle sera tenue d'observer cette même neutralité envers tous les autres États. »

Source : Traité de paix entre la Belgique et les Pays-Bas, signé à Londres le 19 avril 1839, article 7, texte publié sur le site unionisme.be, consulté le 29 septembre 2026.

Traité de Londres : accord signé à Londres le 19 avril 1839 entre la Belgique et les Pays-Bas, et confirmé par cinq puissances européennes (Autriche, France, Royaume-Uni, Prusse, Russie), qui garantissent l'indépendance de la Belgique, proclamée en 1830.


Document 2 – Réponse du gouvernement belge à l'ultimatum allemand

« Les traités de 1839 confirmés par les traités de 1870 consacrent l'indépendance et la neutralité de la Belgique sous la garantie des Puissances […] Le Gouvernement belge, en acceptant les propositions qui lui sont notifiées, sacrifierait l'honneur de la nation en même temps qu'il trahirait ses devoirs vis-à-vis de l'Europe. »

Source : Note du gouvernement belge remise à la légation d'Allemagne à Bruxelles, le 3 août 1914 à sept heures du matin, texte publié par la Fédération Wallonie-Bruxelles sur le site commemorer14-18.be, consulté le 29 septembre 2026.

Ultimatum allemand : note remise au gouvernement belge le 2 août 1914 à 19 h 30, qui exige le libre passage des troupes allemandes en Belgique et laisse douze heures pour répondre.


Document 3 – Discours du roi Albert Ier devant les Chambres réunies (extrait)

« Si l’étranger, au mépris de la neutralité dont nous avons toujours scrupuleusement observé les exigences, viole le territoire, il trouvera tous les Belges groupés autour du Souverain qui ne trahira pas... […] J’ai foi dans nos destinées. Un pays qui se défend s’impose au respect de tous : ce pays ne périt pas. »

Source : Discours du roi Albert Ier, Palais de la Nation, Bruxelles, 4 août 1914, tel que le rapporte Louis de Lichtervelde, « Heures d'histoire. Le 4 août 1914 au Parlement belge », Revue des Deux Mondes, 6e période, tome 44, 1918, p. 182-201, texte sur fr.wikisource.org, consulté le 29 septembre 2026.

Albert Ier (1875-1934) : roi des Belges de 1909 à 1934. Le 4 août 1914, jour où les troupes allemandes entrent en Belgique, il s'adresse au Parlement.


Document 4 – Caricature : « Bravo, Belgium ! »

Description du dessin (les images ne sont pas reproduites ; la description ci-dessous a été rédigée par Capcess). Sur un chemin de campagne, un garçon en blouse, coiffé d'une casquette marquée « BELGIUM », se tient debout devant une barrière en bois sur laquelle est écrit « NO THOROUGHFARE » (« passage interdit »). Il tient un bâton mince et regarde son adversaire d'un air décidé. En face de lui, un homme beaucoup plus grand et plus large, barbu, pipe à la bouche, coiffé d'une casquette marquée « GERMANY », lève un énorme gourdin. Des saucisses pendent de sa poche. Légende : « Bravo, Belgium ! »

Source : F. H. Townsend, dessin publié dans Punch, or the London Charivari, 12 août 1914, p. 143, image de la British Library sur commons.wikimedia.org, consulté le 29 septembre 2026.

Punch : hebdomadaire humoristique britannique, célèbre pour ses caricatures politiques. Frederick Henry Townsend (1868-1920) : dessinateur britannique, il travaille pour Punch. Le Royaume-Uni déclare la guerre à l'Allemagne le 4 août 1914, en réponse à l'invasion de la Belgique.

Correction

  1. Titre et plan

    Titre : Le refus belge de l'ultimatum allemand, Belgique, août 1914 (thème, lieu, époque). Plan : 1) les raisons juridiques ; 2) l'honneur et la volonté de résister.

  2. Introduction

    Elle commence par une phrase d'amorce, donne au moins trois éléments de contexte (guerre déclarée par l'Allemagne à la Russie puis à la France, plan d'attaque par la Belgique, neutralité belge garantie en 1839), rappelle la question et annonce le plan.

  3. Développement

    Chaque paragraphe a une idée : le droit, puis l'honneur et la résistance. Au moins cinq éléments viennent des documents, chacun suivi de son numéro : neutralité perpétuelle (doc. 1), garantie des puissances (doc. 2), violation du droit des gens (doc. 2), contradiction avec les assurances françaises du 1er août (doc. 2), honneur de la nation (doc. 2), discours d'Albert Ier (doc. 3), caricature britannique (doc. 4). Chaque élément est daté (1839, 3 août, 4 août, 12 août 1914). Aucune phrase n'est recopiée.

  4. Conclusion

    Elle répond à la question (trois raisons), reste cohérente avec le développement et s'ouvre sur un prolongement (l'occupation jusqu'en 1918).

  5. Copie modèle

    Le refus belge de l'ultimatum allemand, Belgique, août 1914.

    Introduction. Début août 1914, l'Europe bascule dans la guerre : l'Allemagne a déclaré la guerre à la Russie puis à la France et prévoit d'attaquer la France en traversant la Belgique. Or la Belgique est neutre depuis le traité de Londres de 1839, garanti par les grandes puissances. Le 2 août 1914, l'Allemagne lui adresse un ultimatum. Pourquoi la Belgique l'a-t-elle refusé et comment a-t-elle justifié son refus ? Nous verrons d'abord ses raisons juridiques, puis sa détermination.

    Développement. Le refus repose d'abord sur le droit. Le traité de 1839 fait de la Belgique un État « indépendant et perpétuellement neutre » (document 1). Le 3 août 1914, le gouvernement rappelle que cette neutralité est placée sous la garantie des puissances, dont la Prusse, et qu'une atteinte serait une « flagrante violation du droit des gens » ; il note aussi que les intentions prêtées à la France contredisent les assurances reçues le 1er août (document 2).
    Le refus repose ensuite sur l'honneur et la volonté de résister. Accepter, dit le gouvernement, « sacrifierait l'honneur de la nation » (document 2). Le 4 août, quand les troupes allemandes entrent en Belgique, le roi Albert Ier affirme devant les Chambres qu'« un pays qui se défend s'impose au respect de tous » (document 3). Cette attitude est saluée au Royaume-Uni : le 12 août, une caricature montre un garçon qui barre le passage à un agresseur allemand bien plus grand (document 4), mais elle traduit le point de vue d'un pays qui est entré en guerre le 4 août.

    Conclusion. La Belgique a donc refusé l'ultimatum pour trois raisons : respecter un traité qui garantit sa neutralité, défendre son honneur et son indépendance, et affirmer qu'un pays qui se défend force le respect. Ce refus provoque l'invasion du 4 août et l'entrée en guerre du Royaume-Uni. Cependant, la neutralité n'a pas protégé le pays, presque entièrement occupé jusqu'en 1918.

Refus fondé sur le traité de 1839, l'honneur de la nation et la volonté de résister, malgré l'invasion du 4 août 1914.

Barème de cet exercice

  • Introduction : la problématique est rappelée (2 points)
  • Introduction : au moins trois éléments de savoirs contextuels ou conceptuels exacts et pertinents (3 points)
  • Introduction : phrase d'amorce et annonce du plan (1 point)
  • Développement : au moins cinq éléments de réponse exacts tirés des documents (2 points chacun) (10 points)
  • Développement : le ou les documents d'où vient chaque élément sont cités entre parenthèses (3 points)
  • Développement : les éléments sont situés dans le temps (repères de temps exacts) (2 points)
  • Développement : au moins deux paragraphes, une idée principale par paragraphe, sans résumé des documents ni passage recopié (3 points)
  • Conclusion : elle répond à la problématique avec les éléments essentiels du développement (3 points)
  • Conclusion : elle est cohérente avec le développement (rien de nouveau) et peut ouvrir sur un prolongement (1.5 points)
  • Langue : soin, lisibilité, syntaxe (1.5 points)

Exercice 9

Critique des documents : recoupements. La justification de la colonisation.

Problématique : Comment les partisans de la colonisation l'ont-ils justifiée à la fin du XIXe siècle ?

Le document 1 est un discours de Jules Ferry. En comparant ce qu'il dit avec le contenu des documents 2 et 3, donnez deux raisons supplémentaires de lui faire confiance ou de vous en méfier, chacune justifiée par des éléments précis des documents comparés.

La comparaison porte sur le contenu des documents, pas sur leurs références.

Document 1 – Jules Ferry, « Les fondements de la politique coloniale » : la mission civilisatrice (extrait)

« Messieurs, il faut parler plus haut et plus vrai ! il faut dire ouvertement qu'en effet les races supérieures ont un droit vis-à-vis des races inférieures... […] Je répète qu'il y a pour les races supérieures un droit, parce qu'il y a un devoir pour elles. Elles ont le devoir de civiliser les races inférieures... »

Source : Jules Ferry, discours à la Chambre des députés, 28 juillet 1885, publié au Journal officiel de la République française, texte reproduit par l'Assemblée nationale (rubrique Grands discours parlementaires), consulté le 29 septembre 2026.

Jules Ferry (1832-1893) : homme politique français, président du Conseil en 1880-1881 et en 1883-1885. Partisan de l'expansion coloniale. Ce passage est interrompu par des députés dans la salle ; les interruptions ont été supprimées ici.


Document 2 – Acte général de la conférence de Berlin (1885), article 6 (extrait)

« Toutes les Puissances exerçant des droits de souveraineté ou une influence dans lesdits territoires s’engagent à veiller à la conservation des populations indigènes et à l’amélioration de leurs conditions morales et matérielles d’existence et à concourir à la suppression de l’esclavage et surtout de la traite des noirs ; elles protégeront et favoriseront, sans distinction de nationalités ni de cultes, toutes les institutions, et entreprises religieuses, scientifiques ou charitables créées et organisées à ces fins ou tendant à instruire les indigènes et à leur faire comprendre et apprécier les avantages de la civilisation. »

Source : Acte général de la conférence africaine signé à Berlin le 26 février 1885, chapitre I, article 6, dans Afrique. Arrangements, actes et conventions concernant le nord, l'ouest et le centre de l'Afrique (1881-1898), texte sur fr.wikisource.org, consulté le 29 septembre 2026.

Conférence de Berlin (15 novembre 1884 - 26 février 1885) : réunion de quatorze États d'Europe et d'Amérique du Nord, organisée par l'Allemagne et la France, qui fixe des règles pour le commerce et l'occupation de l'Afrique centrale. Le texte cité concerne le bassin du Congo et ses environs.


Document 3 – Georges Clemenceau, réponse à Jules Ferry (extrait)

« Races supérieures ? races inférieures, c'est bientôt dit ! Pour ma part, j'en rabats singulièrement depuis que j'ai vu des savants allemands démontrer scientifiquement que la France devait être vaincue dans la guerre franco-allemande parce que le Français est d'une race inférieure à l'Allemand. Depuis ce temps, je l'avoue, j'y regarde à deux fois avant de me retourner vers un homme et vers une civilisation, et de prononcer : homme ou civilisation inférieurs. […] Je ne veux pas juger au fond la thèse qui a été apportée ici et qui n'est pas autre chose que la proclamation de la primauté de la force sur le droit »

Source : Georges Clemenceau, discours à la Chambre des députés, juillet 1885 (l'Assemblée nationale le date du 31 juillet 1885), texte reproduit par l'Assemblée nationale (rubrique Grands discours parlementaires), consulté le 29 septembre 2026.

Georges Clemenceau (1841-1929) : médecin puis homme politique français, chef des radicaux (gauche républicaine), surnommé « le tombeur de ministères » : en 1885, son intervention contre l'expédition du Tonkin provoque la chute du gouvernement de Jules Ferry.

  1. 1.

    Comparez le document 1 et le document 2 : quelle raison de faire confiance au document 1 cette comparaison fournit-elle ? Justifiez.

  2. 2.

    Comparez le document 1 et le document 3 : quelle raison de vous méfier du document 1 cette comparaison fournit-elle ? Justifiez.

Correction

  1. Recoupement avec le document 2 (raison de se fier)

    Ferry dit que les nations européennes ont le « devoir de civiliser » les peuples qu'elles conquièrent. L'acte de Berlin (document 2), signé quelques mois plus tôt par quatorze États, contient une idée voisine : les puissances s'engagent à « améliorer les conditions morales et matérielles d'existence » des populations et à leur faire « apprécier les avantages de la civilisation ». Les deux documents concordent sur le discours de mission civilisatrice : Ferry exprime bien un argument admis à l'époque par les puissances.

  2. Recoupement avec le document 3 (raison de se méfier)

    Ferry présente la conquête comme un devoir. Mais Clemenceau (document 3) répond que la France va « guerroyer » contre des peuples pour les « convertir de force » et que cette thèse proclame « la primauté de la force sur le droit ». Ces deux documents se contredisent sur le sens de l'action : le discours de Ferry cache la force derrière un devoir de civilisation. Il faut donc se méfier de ce qu'il dit de la « mission civilisatrice ».

Ferry est confirmé sur l'idée de mission par l'acte de Berlin, mais contredit par Clemenceau sur la réalité de la conquête.

Barème de cet exercice

  • 1 : Raison de se fier fondée sur un recoupement précis document 1 / document 2 (1.5 points)
  • 1 : La raison est justifiée avec des éléments précis tirés des deux documents (1.5 points)
  • 2 : Raison de se méfier fondée sur un recoupement précis document 1 / document 3 (1.5 points)
  • 2 : La raison est justifiée avec des éléments précis tirés des deux documents (1.5 points)

Exercice 10

Critique des documents. La colonisation à la fin du XIXe siècle.

Problématique : Quels arguments ont été avancés en faveur de la colonisation à la fin du XIXe siècle et comment ont-ils été contestés ?

Question 1. Pour chacun des documents 1, 2, 3 et 4, dites s'il est pertinent pour répondre à la problématique (oui ou non) et justifiez ; s'il ne l'est pas, expliquez pourquoi. (10 points)
Question 2. Pour chacun des documents 5 et 6, donnez deux raisons de lui faire confiance et deux raisons de vous en méfier. (8 points)

Ce que le correcteur regarde.
- Pertinence : un verdict clair pour chaque document, puis une justification qui confronte le contenu du document au thème, au lieu et à l'époque de la problématique. Un titre d'ouvrage ne tient pas lieu de thème, et la date où un document est produit n'est pas toujours celle des faits dont il parle.
- Fiabilité : pour chaque document demandé, des raisons correctes et justifiées avec des éléments du dossier.

Document 1 – Acte général de la conférence de Berlin (1885), article 6 (extrait)

« Toutes les Puissances exerçant des droits de souveraineté ou une influence dans lesdits territoires s’engagent à veiller à la conservation des populations indigènes et à l’amélioration de leurs conditions morales et matérielles d’existence et à concourir à la suppression de l’esclavage et surtout de la traite des noirs ; elles protégeront et favoriseront, sans distinction de nationalités ni de cultes, toutes les institutions, et entreprises religieuses, scientifiques ou charitables créées et organisées à ces fins ou tendant à instruire les indigènes et à leur faire comprendre et apprécier les avantages de la civilisation. »

Source : Acte général de la conférence africaine signé à Berlin le 26 février 1885, chapitre I, article 6, dans Afrique. Arrangements, actes et conventions concernant le nord, l'ouest et le centre de l'Afrique (1881-1898), texte sur fr.wikisource.org, consulté le 29 septembre 2026.

Conférence de Berlin (15 novembre 1884 - 26 février 1885) : réunion de quatorze États d'Europe et d'Amérique du Nord, organisée par l'Allemagne et la France, qui fixe des règles pour le commerce et l'occupation de l'Afrique centrale. Le texte cité concerne le bassin du Congo et ses environs.


Document 2 – Jules Ferry, « Les fondements de la politique coloniale » : l'argument économique (extrait)

« Sur le terrain économique, je me suis permis de placer devant vous, en les appuyant de quelques chiffres, les considérations qui justifient la politique d'expansion coloniale au point de vue de ce besoin de plus en plus impérieusement senti par les populations industrielles de l'Europe et particulièrement de notre riche et laborieux pays de France, le besoin de débouchés. […] Oui, ce qui manque à notre grande industrie, que les traités de 1860 ont irrévocablement dirigé dans la voie de l'exportation, ce qui lui manque de plus en plus ce sont les débouchés. »

Source : Jules Ferry, discours à la Chambre des députés, 28 juillet 1885, publié au Journal officiel de la République française, texte reproduit par l'Assemblée nationale (rubrique Grands discours parlementaires), consulté le 29 septembre 2026.

Jules Ferry (1832-1893) : homme politique français, président du Conseil en 1880-1881 et en 1883-1885. Partisan de l'expansion coloniale, il fait de la France une puissance coloniale (Tunisie, Tonkin, Madagascar). Il s'exprime ici en tant que député devant l'Assemblée.


Document 3 – Déclaration sur l'octroi de l'indépendance aux pays et peuples coloniaux (extrait)

« 1. La sujétion des peuples à une subjugation, à une domination et à une exploitation étrangères constitue un déni des droits fondamentaux de l’homme, est contraire à la Charte des Nations Unies et compromet la cause de la paix et de la coopération mondiales. […] 2. Tous les peuples ont le droit à la libre détermination ; en vertu de ce droit, ils déterminent librement leur statut politique et poursuivent librement leur développement économique, social et culturel. […] 3. Le manque de préparation dans les domaines politique, économique ou social ou dans celui de l’enseignement ne doit jamais être pris comme prétexte pour retarder l’indépendance. »

Source : Assemblée générale des Nations unies, résolution 1514 (XV), 14 décembre 1960, § 1 à 3, texte sur fr.wikisource.org, consulté le 29 septembre 2026.

Assemblée générale des Nations unies : organe de l'ONU où siègent tous les États membres ; la résolution 1514 est adoptée par 89 voix, sans opposition, avec 9 abstentions.


Document 4 – Rudyard Kipling, « Le fardeau de l'homme blanc » (première strophe)

« Prenez le fardeau de l'homme blanc, / Envoyez les meilleurs de votre race, / Liez vos fils à l'exil / Pour servir les besoins de vos captifs ; / Pour attendre, sous un lourd harnais, / Des peuples agités et sauvages, / Vos peuples nouvellement conquis, maussades, / Moitié diables et moitié enfants. »

Source : Rudyard Kipling, The White Man's Burden. The United States and the Philippine Islands, poème publié dans le McClure's Magazine, février 1899, texte anglais sur en.wikisource.org, consulté le 29 septembre 2026. Traduit de l'anglais par Capcess.

Rudyard Kipling (1865-1936) : écrivain et poète britannique, né à Bombay, prix Nobel de littérature en 1907. Il écrit ce poème à l'adresse des États-Unis, qui viennent de prendre le contrôle des Philippines après leur victoire sur l'Espagne (1898).


Document 5 – Georges Clemenceau, réponse à Jules Ferry (extrait)

« Races supérieures ? races inférieures, c'est bientôt dit ! Pour ma part, j'en rabats singulièrement depuis que j'ai vu des savants allemands démontrer scientifiquement que la France devait être vaincue dans la guerre franco-allemande parce que le Français est d'une race inférieure à l'Allemand. Depuis ce temps, je l'avoue, j'y regarde à deux fois avant de me retourner vers un homme et vers une civilisation, et de prononcer : homme ou civilisation inférieurs. […] Je ne veux pas juger au fond la thèse qui a été apportée ici et qui n'est pas autre chose que la proclamation de la primauté de la force sur le droit »

Source : Georges Clemenceau, discours à la Chambre des députés, juillet 1885 (l'Assemblée nationale le date du 31 juillet 1885), texte reproduit par l'Assemblée nationale (rubrique Grands discours parlementaires), consulté le 29 septembre 2026.

Georges Clemenceau (1841-1929) : médecin puis homme politique français, chef des radicaux (gauche républicaine), surnommé « le tombeur de ministères » : en 1885, son intervention contre l'expédition du Tonkin provoque la chute du gouvernement de Jules Ferry.


Document 6 – Caricature : « The Rhodes Colossus »

Description du dessin (les images ne sont pas reproduites ; la description ci-dessous a été rédigée par Capcess). Un homme immense, moustachu, en tenue de colon (chemise, ceinturon, bandoulière, fusil sur l'épaule), enjambe l'Afrique : un pied posé à l'extrémité sud du continent, l'autre au nord. De chaque main, il tient l'extrémité d'un fil télégraphique tendu au-dessus du continent. Sous ses pieds, l'Afrique apparaît comme une petite carte. Légende : « The Rhodes Colossus. Striding from Cape Town to Cairo. » (« Le colosse Rhodes, allant du Cap au Caire »).

Source : Edward Linley Sambourne, dessin publié dans Punch, or the London Charivari, 10 décembre 1892, p. 266, image sur commons.wikimedia.org, consulté le 29 septembre 2026.

Cecil Rhodes (1853-1902) : homme d'affaires et homme politique britannique, Premier ministre de la colonie du Cap de 1890 à 1896, il rêve de relier le Cap au Caire par une ligne de chemin de fer et de télégraphe sous contrôle britannique. Edward Linley Sambourne (1844-1910) : dessinateur britannique, caricaturiste de Punch.

  1. Question 1. Pertinence des documents 1, 2, 3 et 4. (10 points)

    1.a.

    Le document 1 est-il pertinent ? Si non, pourquoi ?

  2. 1.b.

    Le document 2 est-il pertinent ? Si non, pourquoi ?

  3. 1.c.

    Le document 3 est-il pertinent ? Si non, pourquoi ?

  4. 1.d.

    Le document 4 est-il pertinent ? Si non, pourquoi ?

  5. Question 2. Fiabilité des documents 5 et 6. (8 points)

    2.a.

    Document 5 : deux raisons de faire confiance.

  6. 2.b.

    Document 5 : deux raisons de vous méfier.

  7. 2.c.

    Document 6 : deux raisons de faire confiance.

  8. 2.d.

    Document 6 : deux raisons de vous méfier.

Correction

  1. Objet de la recherche

    Thème : les arguments pour et contre la colonisation. Lieu : l'Europe et ses colonies (France, Royaume-Uni, Afrique, Asie). Époque : fin du XIXe siècle (années 1880 et 1890).

  2. 1.a Document 1 : pertinent

    Oui. L'acte de Berlin (1885) est un texte officiel de la fin du XIXe siècle sur l'Afrique : il expose ce que les puissances disent vouloir faire (améliorer les conditions d'existence, supprimer l'esclavage, faire apprécier la civilisation), c'est-à-dire un argument de justification.

  3. 1.b Document 2 : pertinent

    Oui. Le discours de Ferry (28 juillet 1885) est prononcé en France à l'époque étudiée et avance un argument en faveur de la colonisation : le besoin de débouchés pour l'industrie.

  4. 1.c Document 3 : non pertinent

    Non. La résolution date de 1960 et proclame la fin du colonialisme : la date (1960, pas la fin du XIXe siècle) et le thème (l'indépendance des peuples colonisés) ne correspondent pas à la recherche.

  5. 1.d Document 4 : pertinent

    Oui. Le poème de Kipling date de 1899, donc de l'époque étudiée ; son thème est la justification de la domination coloniale (le fardeau de l'homme blanc). Il parle des Philippines, mais la problématique ne se limite pas à l'Afrique.

  6. 2. Document 5 (Clemenceau)

    Raisons de se fier : 1) Clemenceau est député en 1885 et parle devant la Chambre au moment du débat : il est contemporain et témoin direct ; 2) son discours est reproduit par l'Assemblée nationale, institution officielle, à partir du Journal officiel. Raisons de se méfier : 1) c'est un opposant à Ferry, dont il vient de faire tomber le gouvernement (mars 1885) : son discours est aussi politique ; 2) il veut convaincre ses collègues, et l'extrait est court, choisi par l'Assemblée.

  7. 2. Document 6 (caricature)

    Raisons de se fier : 1) le dessin paraît dans Punch, magazine connu, en 1892, à l'époque du projet du Cap au Caire qu'il représente ; 2) il correspond à un fait réel, le projet de Rhodes de relier l'Afrique du Sud à l'Égypte par télégraphe et par chemin de fer. Raisons de se méfier : 1) une caricature exagère les traits (Rhodes est un géant) et ne décrit pas la réalité ; 2) c'est le regard d'un dessinateur britannique, sans les Africains, et son opinion (admiration ou moquerie) n'est pas claire.

1) pertinents : 1, 2, 4 ; non pertinent : 3 (1960). 2) documents 5 et 6 : deux raisons de se fier et deux de se méfier chacun.

Barème de cet exercice

  • 1.a : Document 1 : identifié comme pertinent ou non pertinent, sans erreur (1 point)
  • 1.a : Document 1 : justification correcte et complète par le thème, le lieu et la date, en citant le contenu (1.5 points)
  • 1.b : Document 2 : identifié comme pertinent ou non pertinent, sans erreur (1 point)
  • 1.b : Document 2 : justification correcte et complète par le thème, le lieu et la date, en citant le contenu (1.5 points)
  • 1.c : Document 3 : identifié comme pertinent ou non pertinent, sans erreur (1 point)
  • 1.c : Document 3 : justification correcte et complète par le thème, le lieu et la date, en citant le contenu (1.5 points)
  • 1.d : Document 4 : identifié comme pertinent ou non pertinent, sans erreur (1 point)
  • 1.d : Document 4 : justification correcte et complète par le thème, le lieu et la date, en citant le contenu (1.5 points)
  • 2.a : Document 5 : deux raisons de se fier correctes, chacune justifiée par un élément du dossier (2 points)
  • 2.b : Document 5 : deux raisons de se méfier correctes, chacune justifiée par un élément du dossier (2 points)
  • 2.c : Document 6 : deux raisons de se fier correctes, chacune justifiée par un élément du dossier (2 points)
  • 2.d : Document 6 : deux raisons de se méfier correctes, chacune justifiée par un élément du dossier (2 points)

Exercice 11

Synthèse. La colonisation à la fin du XIXe siècle.

Problématique : Quels arguments ont été avancés en faveur de la colonisation à la fin du XIXe siècle et comment ont-ils été contestés ?

Consigne : rédigez la synthèse qui répond à cette problématique à partir des documents 1 à 7 et de vos connaissances. Votre copie comprend trois parties.
- Une introduction (10 lignes au plus) : elle reprend la problématique et la replace dans son contexte historique grâce à vos connaissances.
- Un développement (15 lignes au plus) d'au moins deux paragraphes : il présente de façon organisée les éléments de réponse que fournissent les documents, chacun situé dans le temps et suivi, entre parenthèses, du numéro du ou des documents dont il provient.
- Une conclusion (10 lignes au plus) : elle répond à la problématique.

Ce que le correcteur regarde.
- Introduction : la problématique est reprise et au moins trois savoirs (événements, notions) l'éclairent.
- Développement : au moins cinq informations exactes venant des documents, chacune rattachée à son document et à un repère de temps, dans un texte bien construit.
- Conclusion : elle répond à la problématique et reste cohérente avec le développement.
- Langue : écriture soignée, lisible, phrases correctes.

Total : 30 points.

Document 1 – Acte général de la conférence de Berlin (1885), article 6 (extrait)

« Toutes les Puissances exerçant des droits de souveraineté ou une influence dans lesdits territoires s’engagent à veiller à la conservation des populations indigènes et à l’amélioration de leurs conditions morales et matérielles d’existence et à concourir à la suppression de l’esclavage et surtout de la traite des noirs ; elles protégeront et favoriseront, sans distinction de nationalités ni de cultes, toutes les institutions, et entreprises religieuses, scientifiques ou charitables créées et organisées à ces fins ou tendant à instruire les indigènes et à leur faire comprendre et apprécier les avantages de la civilisation. »

Source : Acte général de la conférence africaine signé à Berlin le 26 février 1885, chapitre I, article 6, dans Afrique. Arrangements, actes et conventions concernant le nord, l'ouest et le centre de l'Afrique (1881-1898), texte sur fr.wikisource.org, consulté le 29 septembre 2026.

Conférence de Berlin (15 novembre 1884 - 26 février 1885) : réunion de quatorze États d'Europe et d'Amérique du Nord, organisée par l'Allemagne et la France, qui fixe des règles pour le commerce et l'occupation de l'Afrique centrale. Le texte cité concerne le bassin du Congo et ses environs.


Document 2 – Jules Ferry, « Les fondements de la politique coloniale » : l'argument économique (extrait)

« Sur le terrain économique, je me suis permis de placer devant vous, en les appuyant de quelques chiffres, les considérations qui justifient la politique d'expansion coloniale au point de vue de ce besoin de plus en plus impérieusement senti par les populations industrielles de l'Europe et particulièrement de notre riche et laborieux pays de France, le besoin de débouchés. […] Oui, ce qui manque à notre grande industrie, que les traités de 1860 ont irrévocablement dirigé dans la voie de l'exportation, ce qui lui manque de plus en plus ce sont les débouchés. »

Source : Jules Ferry, discours à la Chambre des députés, 28 juillet 1885, publié au Journal officiel de la République française, texte reproduit par l'Assemblée nationale (rubrique Grands discours parlementaires), consulté le 29 septembre 2026.

Jules Ferry (1832-1893) : homme politique français, président du Conseil en 1880-1881 et en 1883-1885. Partisan de l'expansion coloniale, il fait de la France une puissance coloniale (Tunisie, Tonkin, Madagascar). Il s'exprime ici en tant que député devant l'Assemblée.


Document 3 – Jules Ferry, « Les fondements de la politique coloniale » : la mission civilisatrice (extrait)

« Messieurs, il faut parler plus haut et plus vrai ! il faut dire ouvertement qu'en effet les races supérieures ont un droit vis-à-vis des races inférieures... […] Je répète qu'il y a pour les races supérieures un droit, parce qu'il y a un devoir pour elles. Elles ont le devoir de civiliser les races inférieures... »

Source : Jules Ferry, discours à la Chambre des députés, 28 juillet 1885, publié au Journal officiel de la République française, texte reproduit par l'Assemblée nationale (rubrique Grands discours parlementaires), consulté le 29 septembre 2026.

Jules Ferry (1832-1893) : homme politique français, président du Conseil en 1880-1881 et en 1883-1885. Partisan de l'expansion coloniale. Ce passage est interrompu par des députés dans la salle ; les interruptions ont été supprimées ici.


Document 4 – Georges Clemenceau, réponse à Jules Ferry (extrait)

« Races supérieures ? races inférieures, c'est bientôt dit ! Pour ma part, j'en rabats singulièrement depuis que j'ai vu des savants allemands démontrer scientifiquement que la France devait être vaincue dans la guerre franco-allemande parce que le Français est d'une race inférieure à l'Allemand. Depuis ce temps, je l'avoue, j'y regarde à deux fois avant de me retourner vers un homme et vers une civilisation, et de prononcer : homme ou civilisation inférieurs. […] Je ne veux pas juger au fond la thèse qui a été apportée ici et qui n'est pas autre chose que la proclamation de la primauté de la force sur le droit »

Source : Georges Clemenceau, discours à la Chambre des députés, juillet 1885 (l'Assemblée nationale le date du 31 juillet 1885), texte reproduit par l'Assemblée nationale (rubrique Grands discours parlementaires), consulté le 29 septembre 2026.

Georges Clemenceau (1841-1929) : médecin puis homme politique français, chef des radicaux (gauche républicaine), surnommé « le tombeur de ministères » : en 1885, son intervention contre l'expédition du Tonkin provoque la chute du gouvernement de Jules Ferry.


Document 5 – Rudyard Kipling, « Le fardeau de l'homme blanc » (première strophe)

« Prenez le fardeau de l'homme blanc, / Envoyez les meilleurs de votre race, / Liez vos fils à l'exil / Pour servir les besoins de vos captifs ; / Pour attendre, sous un lourd harnais, / Des peuples agités et sauvages, / Vos peuples nouvellement conquis, maussades, / Moitié diables et moitié enfants. »

Source : Rudyard Kipling, The White Man's Burden. The United States and the Philippine Islands, poème publié dans le McClure's Magazine, février 1899, texte anglais sur en.wikisource.org, consulté le 29 septembre 2026. Traduit de l'anglais par Capcess.

Rudyard Kipling (1865-1936) : écrivain et poète britannique, né à Bombay, prix Nobel de littérature en 1907. Il écrit ce poème à l'adresse des États-Unis, qui viennent de prendre le contrôle des Philippines après leur victoire sur l'Espagne (1898).


Document 6 – Caricature : « The Rhodes Colossus »

Description du dessin (les images ne sont pas reproduites ; la description ci-dessous a été rédigée par Capcess). Un homme immense, moustachu, en tenue de colon (chemise, ceinturon, bandoulière, fusil sur l'épaule), enjambe l'Afrique : un pied posé à l'extrémité sud du continent, l'autre au nord. De chaque main, il tient l'extrémité d'un fil télégraphique tendu au-dessus du continent. Sous ses pieds, l'Afrique apparaît comme une petite carte. Légende : « The Rhodes Colossus. Striding from Cape Town to Cairo. » (« Le colosse Rhodes, allant du Cap au Caire »).

Source : Edward Linley Sambourne, dessin publié dans Punch, or the London Charivari, 10 décembre 1892, p. 266, image sur commons.wikimedia.org, consulté le 29 septembre 2026.

Cecil Rhodes (1853-1902) : homme d'affaires et homme politique britannique, Premier ministre de la colonie du Cap de 1890 à 1896, il rêve de relier le Cap au Caire par une ligne de chemin de fer et de télégraphe sous contrôle britannique. Edward Linley Sambourne (1844-1910) : dessinateur britannique, caricaturiste de Punch.


Document 7 – Déclaration sur l'octroi de l'indépendance aux pays et peuples coloniaux (extrait)

« 1. La sujétion des peuples à une subjugation, à une domination et à une exploitation étrangères constitue un déni des droits fondamentaux de l’homme, est contraire à la Charte des Nations Unies et compromet la cause de la paix et de la coopération mondiales. […] 2. Tous les peuples ont le droit à la libre détermination ; en vertu de ce droit, ils déterminent librement leur statut politique et poursuivent librement leur développement économique, social et culturel. […] 3. Le manque de préparation dans les domaines politique, économique ou social ou dans celui de l’enseignement ne doit jamais être pris comme prétexte pour retarder l’indépendance. »

Source : Assemblée générale des Nations unies, résolution 1514 (XV), 14 décembre 1960, § 1 à 3, texte sur fr.wikisource.org, consulté le 29 septembre 2026.

Assemblée générale des Nations unies : organe de l'ONU où siègent tous les États membres ; la résolution 1514 est adoptée par 89 voix, sans opposition, avec 9 abstentions.

Correction

  1. Trier les documents

    Le document 7 (résolution de l'ONU de 1960) n'est pas pertinent : il date de 1960 et parle de la fin du colonialisme. Il ne doit pas servir dans la synthèse. Les documents 1 à 6 sont datés de 1885 à 1899.

  2. Plan

    1) les arguments des partisans : économiques (doc. 2), civilisateurs (doc. 1, 3, 5), puissance (doc. 6) ; 2) la contestation (doc. 3, 4) et ses limites.

  3. Copie modèle

    Justifier et contester la colonisation, France et empire britannique, 1885-1899.

    Introduction. Dans la seconde moitié du XIXe siècle, l'industrialisation pousse les puissances européennes à chercher des débouchés et elles se partagent l'Afrique : la conférence de Berlin (1884-1885) fixe les règles de cette course. Quels arguments avancent les partisans de la colonisation à la fin du XIXe siècle et comment sont-ils contestés ? Nous verrons d'abord les arguments économiques et civilisateurs, puis leur contestation.

    Développement. Les partisans avancent d'abord des raisons économiques : en juillet 1885, Jules Ferry affirme que l'industrie manque de débouchés parce que l'Allemagne et les États-Unis ferment leurs marchés (document 2). Ils invoquent aussi la mission civilisatrice : Ferry parle d'un devoir des « races supérieures » (document 3), l'acte de Berlin promet d'améliorer les conditions d'existence des populations (document 1) et Kipling appelle en 1899 à porter « le fardeau de l'homme blanc » (document 5). En 1892, Rhodes veut relier le Cap au Caire (document 6).
    Ces arguments sont contestés dès 1885. Des députés interrompent Ferry (document 3) et Clemenceau répond qu'il n'existe pas de race inférieure et que cette thèse proclame « la primauté de la force sur le droit » (document 4). Cependant, cette opposition n'arrête pas l'expansion, et les promesses de Berlin sont ignorées, comme au Congo de Léopold II.

    Conclusion. Les partisans de la colonisation la justifient donc par les débouchés économiques, la mission civilisatrice et la volonté de puissance. Ces arguments sont contestés au nom de l'égalité et du droit, mais l'expansion continue jusqu'en 1914. Ce débat annonce les critiques qui conduiront à la décolonisation après 1945.

  4. Barème

    Introduction : contexte (industrialisation, partage de l'Afrique, conférence de Berlin), question rappelée, plan. Développement : au moins cinq éléments tirés des documents, chacun avec son numéro et sa date. Conclusion : réponse à la question, avec une ouverture sur la décolonisation. Barème : le jury central publie les critères de sa synthèse (introduction, développement, conclusion, langue) mais pas leur répartition ; les points ci-dessous sont ceux de Capcess, calqués sur la grille de l'épreuve externe du CESS d'histoire 2022 (20, 60, 15 et 5 points sur 100) ramenée à 30.

Arguments : débouchés, mission civilisatrice, puissance. Contestation : égalité et droit contre la force (Clemenceau), sans arrêter l'expansion.

Barème de cet exercice

  • Introduction : la problématique est rappelée (2 points)
  • Introduction : au moins trois éléments de savoirs contextuels ou conceptuels exacts et pertinents (3 points)
  • Introduction : phrase d'amorce et annonce du plan (1 point)
  • Développement : au moins cinq éléments de réponse exacts tirés des documents (2 points chacun) (10 points)
  • Développement : le ou les documents d'où vient chaque élément sont cités entre parenthèses (3 points)
  • Développement : les éléments sont situés dans le temps (repères de temps exacts) (2 points)
  • Développement : au moins deux paragraphes, une idée principale par paragraphe, sans résumé des documents ni passage recopié (3 points)
  • Conclusion : elle répond à la problématique avec les éléments essentiels du développement (3 points)
  • Conclusion : elle est cohérente avec le développement (rien de nouveau) et peut ouvrir sur un prolongement (1.5 points)
  • Langue : soin, lisibilité, syntaxe (1.5 points)

Programme et consignes

Les consignes dépendent du cycle. Vérifie celles de ton inscription ; les exemples officiels ne couvrent pas tout le programme.