Cours et exercices / Latin
La version : traduire un texte en prose
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Fiche de révision
- Repère 1 : au jury, la version vaut 50 % de l'écrit de latin et dure 90 minutes au plus ; ensuite, la copie est rendue et le dictionnaire rangé avant la partie auteurs
- Repère 2 : le dictionnaire latin-français et le Cahier de vocabulaire latin de G. Etienne ne sont permis que pour la version
- Repère 3 : font l'objet d'une explication dans l'énoncé : les notions historiques et institutionnelles particulières, les faits morphologiques ou syntaxiques rares
- Repère 4 : une traduction apprise par cœur, qui ne s'appuie pas sur la compréhension des faits de langue, n'est pas acceptée
- Repère 5 : le jury juge l'exactitude de la traduction, la correction de la langue française et la connaissance du vocabulaire
- Repère 1 : chercher un mot avec ses temps primitifs : traduire le sens et la forme (déponent, verbe irrégulier)
- Repère 2 : la graphie utilise i et v, et non j et u en semi-voyelles : iam, vir, vita
- Repère 3 : un mot rare ou un fait rare peut être expliqué dans l'énoncé : ne pas s'arrêter dessus
- Repère 4 : mémoriser les mots par familles : dico, dicere, dixi, dictum ; dictum, dictio, verbe dérivé
Traduire un texte non vu
La version est la compétence phare : comprendre un extrait d'auteur latin et le traduire en français contemporain correct. Le jury vérifie une connaissance raisonnée de la langue latine, celle qui permet de traduire et de lire les auteurs. Le texte peut être introduit par une explication appropriée.
À retenir
- Repère 1
au jury, la version vaut 50 % de l'écrit de latin et dure 90 minutes au plus ; ensuite, la copie est rendue et le dictionnaire rangé avant la partie auteurs
- Repère 2
le dictionnaire latin-français et le Cahier de vocabulaire latin de G. Etienne ne sont permis que pour la version
- Repère 3
font l'objet d'une explication dans l'énoncé : les notions historiques et institutionnelles particulières, les faits morphologiques ou syntaxiques rares
- Repère 4
une traduction apprise par cœur, qui ne s'appuie pas sur la compréhension des faits de langue, n'est pas acceptée
- Repère 5
le jury juge l'exactitude de la traduction, la correction de la langue française et la connaissance du vocabulaire
Méthode
- Lire tout le texte, situer le sujet, le lieu, l'époque et le ton avant de traduire.
- Trouver les verbes conjugués et les mots de liaison, puis rattacher chaque subordonnée.
- Rendre le sens dans une langue naturelle : la phrase française n'a pas l'ordre latin.
- Un récit au parfait peut se rendre au passé simple ou au passé composé, avec cohérence.
Exemple expliqué
Traduisez en français correct le texte suivant, extrait de NÉPOS, Miltiade, V, 1. En 490 avant J.-C., l'armée perse débarque près de Marathon et les Athéniens réclament de l'aide.
Explications : Plataeenses : les habitants de Platées, ville voisine d'Athènes ; auxilio fuit : double datif, il fut un secours pour.
Hoc in tempore nulla civitas Atheniensibus auxilio fuit praeter Plataeenses. Ea mille misit militum.
NÉPOS, Miltiade, V, 1
Traduction. À cette époque, aucune cité ne vint au secours des Athéniens, sauf les Platéens. Cette cité envoya mille soldats.
Points de grammaire. Auxilio fuit : double datif (auxilio, Atheniensibus), fut un secours pour les Athéniens, donc vint à leur secours. Praeter est une préposition à l'accusatif : sauf. Ea, féminin singulier, renvoie à civitas, sujet de misit. Mille est suivi du génitif pluriel militum : mille soldats.
À cette époque, aucune cité ne vint au secours des Athéniens, sauf les Platéens. Cette cité envoya mille soldats.
Vocabulaire de base et dictionnaire
Le programme demande un vocabulaire minimal pour traduire sans perdre de temps : il est construit à partir des textes et consigné dans un cahier progressif. Le vocabulaire latin de base publié par le CAF est considéré comme acquis au terme de la 1re année du 2e degré.
À retenir
- Repère 1
chercher un mot avec ses temps primitifs : traduire le sens et la forme (déponent, verbe irrégulier)
- Repère 2
la graphie utilise i et v, et non j et u en semi-voyelles : iam, vir, vita
- Repère 3
un mot rare ou un fait rare peut être expliqué dans l'énoncé : ne pas s'arrêter dessus
- Repère 4
mémoriser les mots par familles : dico, dicere, dixi, dictum ; dictum, dictio, verbe dérivé
Méthode
- Le dictionnaire donne présent, infinitif, parfait et supin.
- Un radical donne plusieurs mots latins et plusieurs mots français.
Exemple expliqué
Voici le début d'une lettre de PLINE LE JEUNE (VII, 27, 5) : il raconte à un ami une histoire de fantôme survenue à Athènes. Vous disposez d'un dictionnaire latin-français.
Explications : idolon, i (n.) : fantôme (mot grec) ; compes, edis (f.) : entrave qu'on met aux pieds ; squalor, oris (m.) : saleté.
1) Traduisez en français correct le texte suivant.
2) Le dictionnaire propose plusieurs sens pour les mots capax, reddebatur, confectus et quatiebat. Donnez celui que vous avez retenu ici et dites ce qui vous a guidé.
(5) Erat Athenis spatiosa et capax domus sed infamis et pestilens. Per silentium noctis sonus ferri, et si attenderes acrius, strepitus vinculorum longius primo, deinde e proximo reddebatur: mox apparebat idolon, senex macie et squalore confectus, promissa barba horrenti capillo; cruribus compedes, manibus catenas gerebat quatiebatque.
PLINE LE JEUNE, Lettres, VII, 27, 5
1) Traduction. À Athènes, il y avait une maison vaste et spacieuse, mais mal famée et funeste. Dans le silence de la nuit, on entendait un bruit de fer et, si l'on prêtait l'oreille plus attentivement, un bruit de chaînes, d'abord lointain, puis tout proche. Bientôt apparaissait un fantôme, un vieillard accablé de maigreur et de saleté, la barbe longue, les cheveux hérissés ; il portait aux jambes des entraves, aux mains des chaînes, et il les secouait.
2) Points de grammaire. Attenderes est un subjonctif imparfait de deuxième personne à valeur indéfinie : si l'on écoutait. Reddebatur s'accorde avec le sujet le plus proche, strepitus. Confectus est un participe parfait passif accordé à senex ; macie et squalore sont des ablatifs de cause. Promissa barba et horrenti capillo sont des ablatifs de description. Gerebat quatiebatque ont pour sujet idolon.
3) Le dictionnaire. Capax : spacieux (et non capable), à cause de spatiosa et domus. Reddebatur : se faisait entendre, car les sujets sont des bruits. Confectus : accablé, consumé, car il est complété par macie et squalore. Quatiebat : secouait, car les objets sont des chaînes.
Une maison vaste et mal famée ; bruits de fer puis de chaînes ; un fantôme de vieillard enchaîné qui secoue ses fers. capax : spacieux ; reddebatur : se faisait entendre ; confectus : accablé ; quatiebat : secouait.
Exercice 1
Traduisez en français correct le texte suivant, extrait de NÉPOS, Miltiade, V, 1. En 490 avant J.-C., l'armée perse débarque près de Marathon et les Athéniens réclament de l'aide.
Explications : Plataeenses : les habitants de Platées, ville voisine d'Athènes ; auxilio fuit : double datif, il fut un secours pour.
Hoc in tempore nulla civitas Atheniensibus auxilio fuit praeter Plataeenses. Ea mille misit militum.
NÉPOS, Miltiade, V, 1
Voir la correction
- Traduction
À cette époque, aucune cité ne vint au secours des Athéniens, sauf les Platéens. Cette cité envoya mille soldats.
- Points de grammaire
Auxilio fuit : double datif (auxilio, Atheniensibus), fut un secours pour les Athéniens, donc vint à leur secours. Praeter est une préposition à l'accusatif : sauf. Ea, féminin singulier, renvoie à civitas, sujet de misit. Mille est suivi du génitif pluriel militum : mille soldats.
À cette époque, aucune cité ne vint au secours des Athéniens, sauf les Platéens. Cette cité envoya mille soldats.
Barème de cet exercice
- Hoc in tempore : à cette époque (1 point)
- nulla civitas Atheniensibus auxilio fuit : aucune cité ne vint au secours des Athéniens (3 points)
- praeter Plataeenses : sauf les Platéens (1 point)
- Ea mille misit militum : cette cité envoya mille soldats (3 points)
- Français correct, ponctuation, orthographe (2 points)
Exercice 2
Traduisez en français correct le texte suivant, extrait de NÉPOS, Caton, III, 1. Caton l'Ancien (234-149 avant J.-C.) fut un homme d'État romain.
Explications : sollers, ertis : habile ; iuris consultus : jurisconsulte, spécialiste du droit ; probabilis, e : estimable.
(1) In omnibus rebus singulari fuit industria. Nam et agricola sollers et peritus iuris consultus et magnus imperator et probabilis orator et cupidissimus litterarum fuit.
NÉPOS, Caton, III, 1
Voir la correction
- Traduction
En toutes choses, il fit preuve d'une activité exceptionnelle. Il fut en effet cultivateur habile, jurisconsulte compétent, grand général, orateur estimable et très épris des lettres.
- Points de grammaire
Singulari industria est un ablatif de qualité (ou attribut) : d'une activité exceptionnelle. Les groupes agricola sollers, peritus iuris consultus, magnus imperator, probabilis orator et cupidissimus litterarum sont des attributs du sujet, coordonnés par et ... et. Cupidissimus est un superlatif suivi du génitif litterarum : très désireux des lettres.
Caton fut d'une activité exceptionnelle : cultivateur, jurisconsulte, général, orateur, passionné de lettres.
Barème de cet exercice
- In omnibus rebus singulari fuit industria : en toutes choses, une activité exceptionnelle (2 points)
- Nam et agricola sollers : car cultivateur habile (2 points)
- et peritus iuris consultus : et jurisconsulte compétent (2 points)
- et magnus imperator et probabilis orator : et grand général et orateur estimable (2 points)
- et cupidissimus litterarum fuit : et très épris des lettres (1 point)
- Français correct et vocabulaire exact (1 point)
Exercice 3
Traduisez en français correct le texte suivant, extrait de NÉPOS, Hannibal, III, 2. Hannibal, fils d'Hamilcar, dirige l'armée carthaginoise en Espagne.
Explications : V et XX : vingt-cinq ; foederatam : liée à Rome par un traité ; Saguntum, i : Sagonte, ville d'Espagne alliée de Rome.
Sic Hannibal, minor V et XX annis natus imperator factus, proximo triennio omnes gentes Hispaniae bello subegit; Saguntum, foederatam civitatem, vi expugnavit; tres exercitus maximos comparavit.
NÉPOS, Hannibal, III, 2
Voir la correction
- Traduction
C'est ainsi qu'Hannibal, devenu général à moins de vingt-cinq ans, soumit par les armes, en trois ans, tous les peuples de l'Hispanie ; il prit d'assaut Sagonte, cité alliée de Rome, et rassembla trois très grandes armées.
- Points de grammaire
Natus et factus sont des participes parfaits accordés à Hannibal. Minor est un comparatif suivi de l'ablatif de comparaison (V et XX annis) : plus jeune que vingt-cinq ans. Proximo triennio est un ablatif de temps (dans les trois ans qui suivirent). Foederatam civitatem est en apposition à Saguntum. Maximos est un superlatif : très grands.
C'est ainsi qu'Hannibal, devenu général à moins de vingt-cinq ans, soumit par les armes, en trois ans, tous les peuples de l'Hispanie ; il prit d'assaut Sagonte, cité alliée de Rome, et rassembla trois très grandes armées.
Barème de cet exercice
- Sic Hannibal ... imperator factus : c'est ainsi qu'Hannibal, devenu général (2 points)
- minor V et XX annis natus : à moins de vingt-cinq ans (2 points)
- proximo triennio omnes gentes Hispaniae bello subegit : en trois ans il soumit par les armes tous les peuples d'Hispanie (2 points)
- Saguntum, foederatam civitatem, vi expugnavit : il prit Sagonte, cité alliée, de force (2 points)
- tres exercitus maximos comparavit : il rassembla trois très grandes armées (1 point)
- Français correct et vocabulaire exact (1 point)
Exercice 4
Voici un extrait de NÉPOS, Alcibiade, II, 1. Alcibiade, brillant et turbulent Athénien du Ve siècle avant J.-C., a été élevé chez Périclès.
Vocabulaire : privignus, i : beau-fils ; educatus est : il fut élevé ; eruditus : instruit.
1) Trois traductions sont proposées pour cette phrase. Choisissez celle qui la rend le mieux.
2) Appuyez votre choix sur l'analyse des mots privignus, fuisse et dicitur.
Educatus est in domo Pericli (privignus enim eius fuisse dicitur), eruditus a Socrate (...)
NÉPOS, Alcibiade, II, 1
- 1.
Choisissez la traduction qui rend le mieux la phrase.
- Il fut élevé dans la maison de Périclès, dont on dit en effet qu'il avait été le beau-fils, et instruit par Socrate.
- Il fut élevé dans la maison de Périclès, dont on dit en effet qu'il est le beau-fils, et instruit par Socrate.
- Il fut élevé dans la maison de Périclès, dont il dira en effet qu'il fut le beau-fils, et instruit par Socrate.
- 2.
Analysez privignus, fuisse et dicitur pour justifier votre choix.
Voir la correction
- 1) La bonne traduction
La bonne traduction est : Il fut élevé dans la maison de Périclès, dont on dit en effet qu'il avait été le beau-fils, et instruit par Socrate.
- 2) L'analyse
Dicitur : indicatif présent passif de dico, 3e personne du singulier. Après un verbe de déclaration au passif, le latin construit la tournure personnelle : privignus est le sujet de dicitur, donc au nominatif, et fuisse est l'infinitif parfait qui exprime une action antérieure : avoir été. Cela exclut la deuxième traduction (présent : il est) et la troisième (futur et verbe dire à l'actif : il dira). Eius renvoie à Periclis.
On dit qu'il avait été le beau-fils de Périclès : dicitur, tournure personnelle ; privignus au nominatif ; fuisse, infinitif parfait.
Barème de cet exercice
- 1 : Traduction choisie : on dit qu'il avait été le beau-fils (2 points)
- 2 : dicitur : présent passif, tournure personnelle (1 point)
- 2 : privignus : nominatif, sujet de dicitur (1 point)
- 2 : fuisse : infinitif parfait, antériorité ; la traduction au présent et au futur est exclue (2 points)
Exercice 5
Voici le début d'une lettre de PLINE LE JEUNE (VII, 27, 5) : il raconte à un ami une histoire de fantôme survenue à Athènes. Vous disposez d'un dictionnaire latin-français.
Explications : idolon, i (n.) : fantôme (mot grec) ; compes, edis (f.) : entrave qu'on met aux pieds ; squalor, oris (m.) : saleté.
1) Traduisez en français correct le texte suivant.
2) Le dictionnaire propose plusieurs sens pour les mots capax, reddebatur, confectus et quatiebat. Donnez celui que vous avez retenu ici et dites ce qui vous a guidé.
(5) Erat Athenis spatiosa et capax domus sed infamis et pestilens. Per silentium noctis sonus ferri, et si attenderes acrius, strepitus vinculorum longius primo, deinde e proximo reddebatur: mox apparebat idolon, senex macie et squalore confectus, promissa barba horrenti capillo; cruribus compedes, manibus catenas gerebat quatiebatque.
PLINE LE JEUNE, Lettres, VII, 27, 5
- 1.
Traduisez le texte.
- 2.
Le choix des sens dans le dictionnaire.
Voir la correction
- 1) Traduction
À Athènes, il y avait une maison vaste et spacieuse, mais mal famée et funeste. Dans le silence de la nuit, on entendait un bruit de fer et, si l'on prêtait l'oreille plus attentivement, un bruit de chaînes, d'abord lointain, puis tout proche. Bientôt apparaissait un fantôme, un vieillard accablé de maigreur et de saleté, la barbe longue, les cheveux hérissés ; il portait aux jambes des entraves, aux mains des chaînes, et il les secouait.
- 2) Points de grammaire
Attenderes est un subjonctif imparfait de deuxième personne à valeur indéfinie : si l'on écoutait. Reddebatur s'accorde avec le sujet le plus proche, strepitus. Confectus est un participe parfait passif accordé à senex ; macie et squalore sont des ablatifs de cause. Promissa barba et horrenti capillo sont des ablatifs de description. Gerebat quatiebatque ont pour sujet idolon.
- 3) Le dictionnaire
Capax : spacieux (et non capable), à cause de spatiosa et domus. Reddebatur : se faisait entendre, car les sujets sont des bruits. Confectus : accablé, consumé, car il est complété par macie et squalore. Quatiebat : secouait, car les objets sont des chaînes.
Une maison vaste et mal famée ; bruits de fer puis de chaînes ; un fantôme de vieillard enchaîné qui secoue ses fers. capax : spacieux ; reddebatur : se faisait entendre ; confectus : accablé ; quatiebat : secouait.
Barème de cet exercice
- 1 : Erat Athenis spatiosa et capax domus sed infamis et pestilens : maison vaste, spacieuse, mal famée, funeste (2 points)
- 1 : Per silentium noctis sonus ferri : dans le silence de la nuit, un bruit de fer (1 point)
- 1 : et si attenderes acrius : et si l'on écoutait plus attentivement (1 point)
- 1 : strepitus vinculorum longius primo, deinde e proximo reddebatur : un bruit de chaînes, d'abord lointain, puis proche (2 points)
- 1 : mox apparebat idolon, senex macie et squalore confectus : un fantôme, un vieillard accablé de maigreur et de saleté (2 points)
- 1 : promissa barba horrenti capillo : barbe longue, cheveux hérissés (1 point)
- 1 : cruribus compedes, manibus catenas gerebat quatiebatque : entraves aux jambes, chaînes aux mains, qu'il secouait (2 points)
- 2 : capax et reddebatur : sens choisis et raison donnée (2 points)
- 2 : confectus et quatiebat : sens choisis et raison donnée (2 points)
Exercice 6
Traduisez en français correct le texte suivant, extrait de NÉPOS, Épaminondas, II, 4-5. Épaminondas, général thébain mort en 362 avant J.-C., est ici évoqué dans sa jeunesse.
Explications : ephebus, i : jeune homme de dix-huit ans, en formation militaire ; palaestra, ae : lieu où l'on s'exerce à la lutte ; complecti : saisir à bras-le-corps.
(4) Postquam ephebus est factus et palaestrae dare operam coepit, non tam magnitudini virium servivit quam velocitati. Illam enim ad athletarum usum, hanc ad belli existimabat utilitatem pertinere. (5) Itaque exercebatur plurimum currendo et luctando ad eum finem, quoad stans complecti posset atque contendere. In armis vero plurimum studii consumebat.
NÉPOS, Épaminondas, II, 4-5
Voir la correction
- Traduction
Quand il fut devenu éphèbe et qu'il eut commencé à fréquenter la palestre, il s'attacha moins à la grandeur de sa force qu'à sa vitesse. Il estimait en effet que la première servait aux athlètes, la seconde à l'utilité à la guerre. Aussi s'exerçait-il surtout à la course et à la lutte, jusqu'à pouvoir, resté debout, saisir son adversaire et lutter. Quant aux armes, il y consacrait le plus grand zèle.
- Points de grammaire
Postquam est suivi de l'indicatif parfait (est factus, coepit). Non tam ... quam : moins ... que. Illam ... hanc ... pertinere est une proposition infinitive complément de existimabat : illam renvoie à la force (magnitudini virium), hanc à la vitesse. Currendo et luctando sont des gérondifs à l'ablatif de moyen. Quoad posset : subordonnée au subjonctif imparfait, jusqu'à pouvoir ; stans est un participe présent qui se rapporte au sujet.
Devenu éphèbe, il s'attacha moins à la force qu'à la vitesse, jugée utile à la guerre, et s'exerça surtout à la course et à la lutte jusqu'à pouvoir lutter debout ; il mit aussi le plus grand zèle aux armes.
Barème de cet exercice
- postquam ephebus est factus et palaestrae dare operam coepit : quand il fut devenu éphèbe et eut commencé à fréquenter la palestre (2 points)
- non tam magnitudini virium servivit quam velocitati : il s'attacha moins à la force qu'à la vitesse (2 points)
- illam ad athletarum usum, hanc ad belli utilitatem pertinere : la première pour les athlètes, la seconde pour la guerre (3 points)
- itaque exercebatur plurimum currendo et luctando : il s'exerçait surtout à la course et à la lutte (2 points)
- ad eum finem, quoad stans complecti posset atque contendere : jusqu'à pouvoir, debout, saisir et lutter (2 points)
- in armis vero plurimum studii consumebat : il consacrait le plus grand zèle aux armes (1 point)
- Français correct et vocabulaire exact (2 points)
Exercice 7
Traduisez en français correct le texte suivant, extrait de CÉSAR, La Guerre des Gaules, IV, 27, 1-2. En 55 avant J.-C., les Bretons, battus sur la plage, demandent la paix à César.
Explications : Commius Atrebas : Commius, chef gaulois des Atrébates, que César avait envoyé en avant en Bretagne pour parler aux tribus ; polliciti sunt : ils promirent (verbe déponent) ; supra demonstraveram : César parle à la première personne et renvoie à un passage antérieur de son récit.
(27, 1) Hostes proelio superati, simul atque se ex fuga receperunt, statim ad Caesarem legatos de pace miserunt; obsides sese daturos quaeque imperasset facturos polliciti sunt.
(27, 2) Una cum his legatis Commius Atrebas venit, quem supra demonstraveram a Caesare in Britanniam praemissum.
CÉSAR, La Guerre des Gaules, IV, 27, 1-2
Voir la correction
- Traduction
Les ennemis, vaincus au combat, dès qu'ils se furent remis de leur fuite, envoyèrent aussitôt des députés à César pour demander la paix ; ils promirent de livrer des otages et de faire ce qu'il ordonnerait. En même temps que ces députés vint Commius l'Atrébate, dont j'ai dit plus haut que César l'avait envoyé en avant en Bretagne.
- Points de grammaire
Superati est un participe parfait passif. Simul atque est suivi de l'indicatif parfait (receperunt). Obsides sese daturos et facturos sont des propositions infinitives à l'infinitif futur (esse sous-entendu), complément de polliciti sunt (déponent, sens actif). Quae imperasset est une subordonnée au subjonctif plus-que-parfait, dans le discours rapporté. Quem ... praemissum est une infinitive dont le verbe est un infinitif parfait passif (esse sous-entendu) : César avait envoyé Commius.
Les vaincus envoient des députés demander la paix et promettent des otages et l'obéissance ; Commius revient avec eux.
Barème de cet exercice
- Hostes proelio superati : les ennemis, vaincus au combat (1 point)
- simul atque se ex fuga receperunt : dès qu'ils se furent remis de leur fuite (2 points)
- statim ad Caesarem legatos de pace miserunt : ils envoyèrent aussitôt des députés à César au sujet de la paix (2 points)
- obsides sese daturos : ils livreraient des otages (infinitif futur) (2 points)
- quaeque imperasset facturos : et feraient ce qu'il aurait ordonné (2 points)
- polliciti sunt : ils promirent (1 point)
- Una cum his legatis Commius Atrebas venit : Commius vint avec ces députés (1 point)
- quem supra demonstraveram a Caesare in Britanniam praemissum : dont j'ai dit plus haut qu'il avait été envoyé en Bretagne (3 points)
- Français correct et vocabulaire exact (1 point)
- Sens général cohérent (1 point)
Exercice 8
Traduisez en français correct le texte suivant, extrait de TITE-LIVE, Histoire romaine, III, 26. En 458 avant J.-C., une armée romaine est encerclée dans son camp par l'ennemi. Le Sénat envoie des députés chercher Lucius Quinctius Cincinnatus, ancien consul devenu paysan, pour le nommer dictateur.
Explications : dictateur : magistrat à pleins pouvoirs pour six mois au plus, nommé dans une situation de crise ; iugerum, i : arpent, mesure de surface ; pala, ae : bêche ; navalia, ium : chantiers navals ; tugurium, i : cabane ; togatus : en toge, en tenue officielle ; satin salve : tout va-t-il bien ?
Spes unica imperii populi Romani, L. Quinctius trans Tiberim, contra eum ipsum locum ubi nunc navalia sunt, quattuor iugerum colebat agrum, quae prata Quinctia vocantur. Ibi ab legatis (seu fossam fodiens palae innixus, seu cum araret, operi certe, id quod constat, agresti intentus) salute data in vicem redditaque rogatus ut, quod bene verteret ipsi reique publicae, togatus mandata senatus audiret, admiratus rogitansque « satin salve ? » togam propere e tugurio proferre uxorem Raciliam iubet.
TITE-LIVE, Histoire romaine, III, 26
Voir la correction
- Traduction
Cincinnatus, unique espoir de l'empire du peuple romain, cultivait au-delà du Tibre, juste en face de l'endroit où se trouvent aujourd'hui les chantiers navals, un champ de quatre arpents, qu'on appelle les prés Quinctiens. Là, les envoyés, qui le trouvèrent soit creusant un fossé, appuyé sur sa bêche, soit labourant, en tout cas, c'est un fait établi, occupé à un travail des champs, échangèrent avec lui des salutations, puis le prièrent de mettre sa toge pour écouter les instructions du Sénat, pour son bien et celui de l'État. Stupéfait, il demanda : "Tout va-t-il bien ?" et ordonna à sa femme Racilia d'apporter vite sa toge de la cabane.
- Points de grammaire
Spes unica est en apposition à Quinctius. Ubi nunc navalia sunt : relative à l'indicatif. Seu ... seu : soit que ... soit que ; araret est un subjonctif imparfait de supposition. Salute data in vicem redditaque : ablatif absolu, avec deux participes parfaits passifs. Rogatus, à traduire ici par une forme active (les envoyés le prièrent), est un participe parfait passif qui se rapporte à Quinctius, avec l'agent ab legatis ; ut ... audiret : complétive au subjonctif imparfait après rogatus, avec la relative quod bene verteret, à valeur de souhait. Admiratus est un participe parfait de déponent, à sens actif. Proferre : infinitif complément de iubet, dont uxorem est le sujet à l'accusatif.
Cincinnatus, cultivant son champ de quatre arpents, est salué par les envoyés du Sénat, prié de revêtir sa toge, et, stupéfait, en fait chercher une à sa cabane par sa femme.
Barème de cet exercice
- Spes unica imperii populi Romani, L. Quinctius trans Tiberim ... quattuor iugerum colebat agrum : Quinctius cultivait au-delà du Tibre un champ de quatre arpents (3 points)
- contra eum ipsum locum ubi nunc navalia sunt ; quae prata Quinctia vocantur : en face de l'endroit des chantiers navals ; les prés Quinctiens (2 points)
- seu fossam fodiens palae innixus, seu cum araret, operi agresti intentus : soit qu'il creusât, appuyé sur sa bêche, soit qu'il labourât, occupé aux champs (3 points)
- salute data in vicem redditaque : après un échange de salutations (ablatif absolu) (2 points)
- Ibi ab legatis rogatus ut ... togatus mandata senatus audiret : là, prié par les envoyés d'écouter en toge les instructions du Sénat (3 points)
- quod bene verteret ipsi reique publicae : pour que cela tourne à son bien et à celui de l'État (1 point)
- admiratus rogitansque "satin salve ?" : stupéfait, demandant si tout allait bien (2 points)
- togam propere e tugurio proferre uxorem Raciliam iubet : il ordonne à sa femme d'apporter vite sa toge de la cabane (2 points)
- Français correct et vocabulaire exact (2 points)
Exercice 9
Traduisez en français correct le texte suivant, extrait de NÉPOS, Épaminondas, IV, 2-3. Diomédon de Cyzique, envoyé par le roi de Perse Artaxerxès, est venu à Thèbes avec beaucoup d'or pour corrompre le général Épaminondas ; il a gagné à sa cause Micythos, jeune Thébain que le général aimait beaucoup, et celui-ci est venu avertir Épaminondas. Épaminondas répond en présence de Diomédon.
Explications : coram (avec le datif Diomedonti) : en présence de ; gratis : gratuitement ; orbis terrarum : le monde entier ; magistratus, us : magistrat.
(2) At ille Diomedonti coram « Nihil » inquit, « opus pecunia est. Nam si rex ea vult, quae Thebanis sunt utilia, gratis facere sum paratus; sin autem contraria, non habet auri atque argenti satis. Namque orbis terrarum divitias accipere nolo pro patriae caritate. (3) Tu quod me incognitum temptasti tuique similem, existimasti, non miror tibique ignosco; sed egredere propere, ne alios corrumpas, cum me non potueris. Et tu, Micythe, argentum huic redde, aut, nisi id confestim facis, ego te tradam magistratui. »
NÉPOS, Épaminondas, IV, 2-3
Voir la correction
- Traduction
Mais lui, devant Diomédon : "Je n'ai nul besoin d'argent, dit-il. Car si le roi veut ce qui est utile aux Thébains, je suis prêt à le faire gratuitement ; si c'est le contraire, il n'a pas assez d'or ni d'argent. Je ne veux pas, en effet, accepter les richesses du monde entier au prix de l'amour de ma patrie. Que tu m'aies mis à l'épreuve sans me connaître et m'aies cru semblable à toi, je ne m'en étonne pas et je te le pardonne ; mais sors sans tarder, pour ne pas en corrompre d'autres, puisque tu n'as pas pu me corrompre. Et toi, Micythos, rends-lui l'argent ou, si tu ne le fais pas sur-le-champ, je te livrerai au magistrat."
- Points de grammaire
Opus est se construit avec l'ablatif : nihil opus pecunia est. Si ... vult : condition à l'indicatif ; sin autem : sinon, si au contraire. Quod me incognitum temptasti tuique similem existimasti : quod est une conjonction (que), suivie de l'indicatif ; incognitum et similem s'accordent avec me. Ne alios corrumpas : défense ou but au subjonctif présent ; cum me non potueris : cum causal au subjonctif parfait. Egredere est l'impératif présent de egredior (déponent). Tradam est un indicatif futur de trado.
Épaminondas refuse l'or perse : il ne veut pas de richesses au prix de sa patrie, pardonne à Diomédon de l'avoir cru corruptible mais l'expulse, et menace Micythos de le livrer au magistrat s'il ne rend pas l'argent.
Barème de cet exercice
- At ille Diomedonti coram : mais lui, devant Diomédon (1 point)
- Nihil opus pecunia est : je n'ai besoin d'aucun argent (2 points)
- Nam si rex ea vult, quae Thebanis sunt utilia, gratis facere sum paratus : si le roi veut ce qui est utile aux Thébains, je suis prêt à le faire gratuitement (3 points)
- sin autem contraria, non habet auri atque argenti satis : sinon, il n'a pas assez d'or ni d'argent (2 points)
- Namque orbis terrarum divitias accipere nolo pro patriae caritate : je ne veux pas accepter les richesses du monde au prix de l'amour de ma patrie (3 points)
- Tu quod me incognitum temptasti tuique similem existimasti, non miror tibique ignosco : ce que tu as fait, je ne m'en étonne pas et te pardonne (3 points)
- sed egredere propere, ne alios corrumpas, cum me non potueris : mais pars vite, pour ne pas en corrompre d'autres, puisque tu n'as pas pu me corrompre (3 points)
- Et tu, Micythe, argentum huic redde, aut, nisi id confestim facis, ego te tradam magistratui : et toi, rends l'argent ou je te livre au magistrat (2 points)
- Français correct, vocabulaire exact (1 point)
Exercice 10
Traduisez en français correct le texte suivant, extrait de TITE-LIVE, Histoire romaine, II, 12. Mucius, jeune Romain, s'est glissé dans le camp du roi étrusque Porsenna qui assiège Rome ; il a tué par erreur le secrétaire du roi au lieu du roi lui-même. Arrêté, il est amené devant Porsenna.
Explications : minitabundus : menaçant ; expromere : révéler ; per ambages : par des détours ; foculus, i : brasier ; attonitus, a, um : frappé de stupeur ; altaria, ium : autel ; hostilia ausus : ayant osé des actes hostiles.
Cum rex simul ira infensus periculoque conterritus circumdari ignes minitabundus iuberet nisi expromeret propere quas insidiarum sibi minas per ambages iaceret, « en tibi » inquit, « ut sentias quam vile corpus sit iis qui magnam gloriam vident » ; dextramque accenso ad sacrificium foculo inicit. Quam cum velut alienato ab sensu torreret animo, prope attonitus miraculo rex cum ab sede sua prosiluisset amoverique ab altaribus iuvenem iussisset, « tu vero abi » inquit, « in te magis quam in me hostilia ausus. »
TITE-LIVE, Histoire romaine, II, 12
Voir la correction
- Traduction
Comme le roi, à la fois enflammé de colère et épouvanté du danger, ordonnait dans ses menaces qu'on l'entourât de flammes s'il n'exposait pas sans tarder quelles menaces de complot il lui jetait par ces détours, Mucius dit : "Tiens, voici pour que tu sentes combien le corps est peu de chose pour ceux qui ont en vue une grande gloire" ; et il jeta sa main droite dans le feu allumé pour le sacrifice. Il la laissait brûler, comme s'il avait perdu toute sensibilité, quand le roi, presque frappé de stupeur devant ce prodige, bondit de son siège et fit éloigner le jeune homme des autels : "Va-t'en, dit-il, toi qui as osé plus d'actes hostiles contre toi-même que contre moi."
- Points de grammaire
Cum rex ... iuberet : cum + subjonctif imparfait, circonstance ; circumdari ignes est une infinitive passive après iuberet ; nisi expromeret : conditionnelle au subjonctif imparfait ; quas ... minas ... iaceret : interrogative indirecte, subjonctif imparfait. Ut sentias : finale au subjonctif présent ; quam vile corpus sit : interrogative indirecte au subjonctif présent ; iis qui magnam gloriam vident : datif d'intérêt suivi d'une relative. Quam est un relatif de liaison (dextram) ; quam cum ... torreret : cum + subjonctif imparfait, sujet Mucius. Prosiluisset et iussisset sont des subjonctifs plus-que-parfaits (cum historique, antériorité par rapport à inquit) ; amoveri est un infinitif passif après iussisset.
Défié par le roi, Mucius plonge sa main droite dans le feu ; Porsenna, stupéfait, le fait éloigner de l'autel et lui dit qu'il a osé plus contre lui-même que contre son ennemi.
Barème de cet exercice
- Cum rex simul ira infensus periculoque conterritus : le roi, enflammé de colère et épouvanté du danger (2 points)
- circumdari ignes minitabundus iuberet nisi expromeret : il ordonnait, menaçant, qu'on l'entourât de flammes s'il ne révélait pas (2 points)
- quas insidiarum sibi minas per ambages iaceret : quelles menaces de complot il lui lançait par détours (2 points)
- en tibi inquit, ut sentias quam vile corpus sit iis qui magnam gloriam vident : tiens, pour que tu sentes combien le corps est peu de chose pour ceux qui voient une grande gloire (3 points)
- dextramque accenso ad sacrificium foculo inicit : il jeta sa main dans le brasier allumé pour le sacrifice (2 points)
- Quam cum velut alienato ab sensu torreret animo : la laissant brûler comme insensible (2 points)
- prope attonitus miraculo rex cum ab sede sua prosiluisset amoverique ab altaribus iuvenem iussisset : le roi, stupéfait, bondit et fit éloigner le jeune homme des autels (3 points)
- tu vero abi inquit, in te magis quam in me hostilia ausus : va-t'en, toi qui as osé plus contre toi que contre moi (2 points)
- Français correct, vocabulaire exact, cohérence de la scène (2 points)
Exercice 11
Traduisez en français correct le texte suivant, extrait de CICÉRON, Première Catilinaire, 3. En 63 avant J.-C., Cicéron, consul, reproche au Sénat de tolérer Catilina, qui prépare un coup d'État, et rappelle deux précédents.
Explications : Scipion (Nasica), grand pontife en 133 avant J.-C., tua sans mandat le tribun Tiberius Gracchus, accusé de menacer la République ; Servilius Ahala tua en 439 avant J.-C. Spurius Maelius, accusé de viser la tyrannie ; labefactare : ébranler ; novis rebus studere : viser un bouleversement politique ; perniciosus, a, um : dangereux ; nos consules : nous, les consuls (Cicéron et son collègue).
(3) An vero vir amplissumus, P. Scipio, pontifex maximus, Ti. Gracchum mediocriter labefactantem statum rei publicae privatus interfecit; Catilinam orbem terrae caede atque incendiis vastare cupientem nos consules perferemus? Nam illa nimis antiqua praetereo, quod C. Servilius Ahala Sp. Maelium novis rebus studentem manu sua occidit. Fuit, fuit ista quondam in hac re publica virtus, ut viri fortes acrioribus suppliciis civem perniciosum quam acerbissimum hostem coercerent.
CICÉRON, Catilinaires, I, 3
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- Traduction
Eh quoi ! Un homme de très grande valeur, Publius Scipion, grand pontife, simple particulier, a tué Tiberius Gracchus, qui ébranlait modérément l'État ; et Catilina, qui veut dévaster l'univers par le meurtre et l'incendie, nous, consuls, nous le supporterions ? Car je passe sur des exemples trop anciens : que Caius Servilius Ahala ait tué de sa propre main Spurius Maelius, qui aspirait à un bouleversement. Il y eut, oui, il y eut jadis dans cette république cette vertu : des hommes courageux réprimaient un citoyen dangereux par des châtiments plus sévères que l'ennemi le plus acharné.
- Points de grammaire
Labefactantem, cupientem et studentem sont des participes présents à l'accusatif singulier, épithètes de Gracchum, Catilinam et Maelium. Privatus est un attribut du sujet Scipio. Perferemus est un indicatif futur : le futur dans une question exprime la rhétorique. Quod C. Servilius Ahala ... occidit : subordonnée introduite par quod à l'indicatif, qui explicite illa nimis antiqua. Ut ... coercerent : subordonnée introduite par ut au subjonctif imparfait, qui explicite virtus. Acrioribus est un comparatif ; quam acerbissimum hostem : second terme de la comparaison, superlatif, à l'accusatif comme civem.
Cicéron rappelle que Scipion et Ahala ont tué, sans mandat, des citoyens qui menaçaient la République, et s'indigne que les consuls tolèrent Catilina.
Barème de cet exercice
- An vero vir amplissumus, P. Scipio, pontifex maximus : eh quoi ! un homme de très grande valeur, Scipion, grand pontife (2 points)
- Ti. Gracchum mediocriter labefactantem statum rei publicae privatus interfecit : il tua, simple particulier, Tiberius Gracchus qui ébranlait un peu l'État (3 points)
- Catilinam orbem terrae caede atque incendiis vastare cupientem : Catilina, qui veut ravager le monde par le meurtre et l'incendie (2 points)
- nos consules perferemus ? : nous, consuls, nous le supporterions ? (futur, interrogation rhétorique) (2 points)
- Nam illa nimis antiqua praetereo, quod ... occidit : je passe sur ces exemples trop anciens : Ahala a tué de sa main Maelius (3 points)
- Sp. Maelium novis rebus studentem : qui aspirait à un bouleversement (1 point)
- Fuit, fuit ista quondam in hac re publica virtus : il y eut jadis dans cette république cette vertu (2 points)
- ut viri fortes acrioribus suppliciis civem perniciosum quam acerbissimum hostem coercerent : des hommes courageux réprimaient par des supplices plus durs un citoyen dangereux que l'ennemi le plus acharné (3 points)
- Français correct, vocabulaire exact, cohérence du raisonnement (2 points)
Programme et consignes
Les consignes dépendent du cycle. Vérifie celles de ton inscription ; les exemples officiels ne couvrent pas tout le programme.