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Résumer un texte argumentatif

3 cours · 7 exercices corrigés disponibles

À revoir avant : Repérer la thèse, les arguments et la structure, Sélectionner l'essentiel, Cohésion : paragraphes, connecteurs et reprises.

Ressources par notion

Fiche de révision

  • Thèse : Position centrale défendue.
  • Argument : Raison avancée pour soutenir une position.
  • Exemple : Cas concret qui illustre une idée.
  • Idée essentielle : Information nécessaire pour comprendre la position ou son raisonnement.
  • Nuance : Condition, réserve ou degré de certitude qui limite une affirmation.
  • Terme générique : Mot qui regroupe plusieurs éléments : véhicules, équipements, activités.
  • Énonciation distanciée : Présentation du propos sans avis personnel ajouté.

Thèse, arguments et structure

La thèse est la position que l’auteur cherche à faire admettre. Un argument donne une raison de l’accepter ; un exemple rend cette raison concrète. Les trois n’ont pas la même place dans un résumé. Une phrase contenant un chiffre peut illustrer un argument sans constituer l’idée principale du paragraphe.

Lis d’abord le texte entier : une conclusion peut préciser ou limiter une position annoncée au début. Dans chaque paragraphe, distingue l’idée, la raison et l’illustration. Des marqueurs comme parce que, pourtant et donc signalent un rapport de cause, d’opposition ou de conséquence. Leur sens dépend des propositions qu’ils relient.

La hiérarchie évite de mettre tous les détails sur le même plan. Un argument de premier rang soutient directement la thèse ; un argument secondaire soutient un autre argument. Une objection peut être introduite pour être ensuite réfutée : elle n’est alors pas la position de l’auteur.

À retenir

Thèse

Position centrale défendue.

Argument

Raison avancée pour soutenir une position.

Exemple

Cas concret qui illustre une idée.

Méthode

  1. Repère la position dans l’ensemble du texte.
  2. Donne un rôle à chaque paragraphe.
  3. Relie les arguments principaux à la thèse.
  4. Vérifie les objections et la réponse que l’auteur leur apporte.

Exemple expliqué

Texte original : La bibliothèque devrait ouvrir le dimanche, car certains salariés ne peuvent venir en semaine. Ainsi, Nora finit chaque jour après la fermeture. Cela entraîne des frais, mais un essai mensuel permettrait de les mesurer. Identifiez thèse, argument, exemple et objection.

  1. La position est l’ouverture le dimanche.

  2. La disponibilité limitée de certains salariés est la raison principale ; Nora en est l’exemple.

  3. Les frais sont une objection reconnue, à laquelle répond la proposition d’un essai mensuel.

Thèse : ouvrir le dimanche ; argument : accès des salariés ; exemple : Nora ; objection : frais, limités par un essai.

Points à surveiller

  • Confondre une objection citée avec la thèse finale.
  • Traiter un cas individuel comme une preuve portant sur tous les salariés.

Sélectionner l’essentiel pour un résumé

Le résumé réduit un texte en conservant sa position et son raisonnement. Il doit permettre à quelqu’un qui ne l’a pas lu de comprendre l’essentiel. La sélection repose sur la fonction des informations, pas seulement sur leur longueur : une courte réserve peut changer tout le sens de la conclusion.

Garde la thèse, les arguments principaux et les liens qui les unissent. Les illustrations répétées, détails biographiques et digressions sont généralement retirés. Un exemple doit toutefois rester si l’argument ne se comprend pas sans lui ou si la consigne l’exige. Réduire un texte n’autorise pas à effacer ses conditions ou ses nuances.

Avant de rédiger, construis un plan réduit avec une idée par étape. Compare-le au texte : même ordre global, même point de vue, même degré de certitude. Si l’auteur dit peut améliorer, écrire améliore toujours déforme son propos. La sélection ne doit pas produire un texte plus catégorique que la source.

À retenir

Idée essentielle

Information nécessaire pour comprendre la position ou son raisonnement.

Nuance

Condition, réserve ou degré de certitude qui limite une affirmation.

Méthode

  1. Note une phrase résumant chaque paragraphe.
  2. Supprime les détails qui n’ajoutent pas une étape du raisonnement.
  3. Conserve les conditions et les oppositions importantes.
  4. Vérifie que le plan réduit restitue la conclusion.

Exemple expliqué

Texte original : Un bus du soir faciliterait le retour des étudiants. Ana termine son cours à 21 h et Sami à 21 h 30. Mais une ligne quotidienne coûte cher. La commune propose donc deux soirs par semaine, si la fréquentation le justifie. Sélectionnez l’essentiel.

  1. Ana et Sami illustrent le même problème : le retour tardif. Leurs horaires détaillés ne sont pas indispensables.

  2. Le coût explique la réduction du projet à deux soirs ; il doit rester.

  3. La condition de fréquentation limite la décision et doit être conservée.

Un bus du soir faciliterait le retour des étudiants, mais son coût conduit la commune à envisager deux soirs par semaine, sous condition de fréquentation.

Points à surveiller

  • Supprimer la réserve sous condition de fréquentation.
  • Conserver tous les prénoms en oubliant le coût.

Reformuler et condenser

Reformuler change les mots et la construction, tout en conservant le sens. Remplacer quelques mots par des synonymes sans comprendre la phrase ne suffit pas. Une reformulation réussie garde les acteurs, l’action, les liens logiques et la nuance. Elle n’ajoute pas de jugement personnel.

Pour condenser, regroupe des éléments de même nature sous un terme générique : bus, tram et métro deviennent transports publics. Une proposition peut être transformée en groupe nominal, mais la phrase doit rester claire. Conserve un connecteur quand il porte une relation indispensable : parce que indique la cause ; cependant, une opposition.

Le résumé adopte une distance énonciative. Le lecteur doit comprendre qu’il restitue la source, pas ton opinion. Si le texte est à la première personne, adapte les références sans changer le point de vue. Une longueur imposée exige de compter les mots selon la règle de la tâche, puis de retirer des détails plutôt que des étapes du raisonnement.

À retenir

Terme générique

Mot qui regroupe plusieurs éléments : véhicules, équipements, activités.

Énonciation distanciée

Présentation du propos sans avis personnel ajouté.

Méthode

  1. Explique l’idée de la phrase sans regarder ses mots.
  2. Rédige une nouvelle construction.
  3. Rapproche les informations répétées.
  4. Compare ta version à la source et contrôle les nuances.

Exemple expliqué

Texte original : Les habitants qui se rendent au travail en bus, en tram ou en métro économisent parfois sur les frais de stationnement, mais les correspondances peuvent allonger leur trajet. Proposez une version condensée.

  1. Bus, tram et métro peuvent être regroupés sous transports publics.

  2. Parfois et peuvent limitent les affirmations : ils ne doivent pas devenir toujours.

  3. Le lien d’opposition entre économie et durée du trajet reste nécessaire.

Les transports publics peuvent réduire les frais de stationnement, mais les correspondances risquent d’allonger le trajet.

Points à surveiller

  • Écrire les transports publics sont forcément moins chers et plus lents.
  • Accumuler des nominalisations qui rendent la phrase opaque.

Exercice 1

Résumez le texte ci-dessous en 35 à 45 mots. Vous respecterez les caractéristiques du résumé : les informations essentielles du texte, reformulées avec vos mots, sans opinion personnelle.

Indiquez le nombre de mots de votre résumé, puis la référence du texte (la référence ne compte pas dans les mots).

Des cours de cuisine pour tous
Sylvie Maes, Le Quotidien des familles, 14 mai 2026.

Dans notre pays, on apprend à calculer une dérivée, mais pas à cuire un œuf. Cette lacune est regrettable : il faut rendre les cours de cuisine obligatoires dans toutes les écoles secondaires.

D'abord, cuisiner rend autonome. Un jeune qui sait préparer trois repas simples n'a plus besoin de livraison à domicile, et il dépense moins. Ensuite, la cuisine protège la santé : celui qui choisit ses ingrédients mange moins de produits industriels. Enfin, on cuisine rarement seul. Éplucher, gouter, partager : les élèves apprennent à s'organiser ensemble.

On dira que la grille horaire est déjà pleine. Mais une heure de cuisine par semaine vaut bien une heure de plus d'une matière que l'on oublie.

Texte original écrit pour Capcess (l'auteur ou l'autrice et le média sont inventés).

Voir la correction
  1. Repérer l'essentiel

    La thèse est dans le premier paragraphe : les cours de cuisine doivent être obligatoires. Les trois arguments sont annoncés par « D'abord », « Ensuite », « Enfin » : autonomie, santé, organisation en groupe. L'objection (la grille horaire est pleine) reçoit une réponse : elle mérite une place brève.

  2. Ce qu'on laisse de côté

    L'exemple du calcul de la dérivée, celui de la cuisson de l'œuf et le détail des trois repas sont des illustrations : le résumé ne les garde pas.

  3. Copie modèle (37 mots, sans la référence)

    Selon Sylvie Maes, les cours de cuisine devraient être obligatoires dans le secondaire, parce qu'ils rendent autonome, protègent la santé et apprennent à s'organiser ensemble. Le manque de temps ne suffit pas à les refuser.

    S. Maes, « Des cours de cuisine pour tous », Le Quotidien des familles, 14 mai 2026.

  4. Ce que la correction attend (50 points)
    • Sélection : la thèse (cours de cuisine obligatoires) et les trois arguments (autonomie, santé, organisation en groupe).
    • Reformulation fidèle, sans avis personnel, sans copier-coller.
    • Longueur imposée respectée et nombre de mots correct.
    • Référence du texte résumé.
    • Progression dans l'ordre du texte, avec connecteurs et reprises.
    • Orthographe, syntaxe, ponctuation et lexique précis.

Selon Sylvie Maes, les cours de cuisine devraient être obligatoires : autonomie, santé, organisation en groupe.

Barème de cet exercice

  • Sélection de l'essentiel : les informations de premier plan, et rien que l'essentiel (8 points)
  • Reformulation fidèle : ni contresens, ni ajout, ni extrapolation (6 points)
  • Énonciation non ancrée : aucune marque de subjectivité, aucun avis (3 points)
  • Un résumé et non une réduction : pas de montage d'extraits recopiés (3 points)
  • Longueur imposée respectée, nombre de mots indiqué correctement (4 points)
  • Référence du texte résumé (2 points)
  • Progression : les idées dans l'ordre du texte, enchainées (4 points)
  • Connecteurs et reprises (anaphores) (4 points)
  • Orthographe, d'usage et grammaticale (6 points)
  • Syntaxe et ponctuation (6 points)
  • Lexique précis et concis (hyperonymes, nominalisations) (4 points)

Exercice 2

Résumez le texte ci-dessous en 55 à 65 mots. Vous respecterez les caractéristiques du résumé : les informations essentielles, reformulées avec vos mots, dans l'ordre du texte, sans opinion personnelle.

Indiquez le nombre de mots de votre résumé, puis la référence du texte (la référence ne compte pas dans les mots).

Récréation : les écrans au vestiaire
Thomas Lemaire, La Voix des parents, 2 octobre 2025.

Chaque jour, à la récréation, des dizaines d'élèves se rassemblent dans la cour pour regarder chacun son téléphone. Cette scène est devenue si banale que l'on n'y prête plus attention. Elle est pourtant le signe d'un appauvrissement : la récréation doit redevenir un temps sans écran.

Le premier argument tient à la conversation. Quand tout le monde regarde son téléphone, on ne se parle plus, ou l'on se parle en se montrant des images. Les dix minutes d'une récréation sont parfois le seul moment de la journée où l'on peut discuter avec d'autres sans être interrompu par une notification.

Le deuxième argument est corporel. Après deux heures assis, le corps a besoin de bouger. Un élève qui court, joue au ballon ou se chamaille pour rire revient en classe plus calme, et il écoute mieux.

Le troisième argument concerne la tranquillité. Sur un écran, on est souvent sollicité, comparé, jugé. La cour peut être un lieu où l'on souffle. Certaines écoles qui ont rangé les téléphones dans des casiers, à l'entrée, disent que les conflits liés aux réseaux sociaux ont diminué.

Il est vrai qu'un parent peut avoir besoin de joindre son enfant en urgence. Mais le secrétariat de l'école existe pour cela : il suffit d'un numéro à composer. Cette exception ne justifie pas de laisser chaque récréation se vider de sa vie.

Texte original écrit pour Capcess (l'auteur ou l'autrice et le média sont inventés).

Voir la correction
  1. Sélectionner les informations de premier plan

    Les informations de premier plan sont la thèse (la récréation doit redevenir un temps sans écran) et les trois arguments annoncés par « Le premier », « Le deuxième », « Le troisième » : conversation, mouvement, tranquillité. L'objection du parent qui veut joindre son enfant reçoit une réponse : elle mérite une courte mention.

  2. Écarter le reste

    La scène de la cour, les exemples (le ballon, les casiers à l'entrée) et le détail de chaque argument sont des illustrations : ils ne font pas partie de l'essentiel.

  3. Copie modèle (58 mots, sans la référence)

    Selon Thomas Lemaire, la récréation devrait redevenir un temps sans écran. D'abord, les élèves se parleraient au lieu de regarder chacun son téléphone. Ensuite, ils bougeraient, ce qui les rendrait plus calmes en classe. Enfin, ils souffleraient, à l'abri des sollicitations, et les conflits liés aux réseaux sociaux diminueraient. Les urgences peuvent passer par le secrétariat.

    T. Lemaire, « Récréation : les écrans au vestiaire », La Voix des parents, 2 octobre 2025.

  4. Ce que la correction attend (50 points)
    • Sélection : la thèse, les trois arguments (conversation, mouvement, tranquillité) et la réponse à l'objection.
    • Reformulation fidèle, sans avis personnel, sans copier-coller.
    • Longueur imposée respectée et nombre de mots correct.
    • Référence du texte résumé.
    • Progression dans l'ordre du texte, avec connecteurs et reprises.
    • Orthographe, syntaxe, ponctuation et lexique précis.

Selon Thomas Lemaire, la récréation doit redevenir un temps sans écran : pour parler, pour bouger, pour souffler.

Barème de cet exercice

  • Sélection de l'essentiel : les informations de premier plan, et rien que l'essentiel (8 points)
  • Reformulation fidèle : ni contresens, ni ajout, ni extrapolation (6 points)
  • Énonciation non ancrée : aucune marque de subjectivité, aucun avis (3 points)
  • Un résumé et non une réduction : pas de montage d'extraits recopiés (3 points)
  • Longueur imposée respectée, nombre de mots indiqué correctement (4 points)
  • Référence du texte résumé (2 points)
  • Progression : les idées dans l'ordre du texte, enchainées (4 points)
  • Connecteurs et reprises (anaphores) (4 points)
  • Orthographe, d'usage et grammaticale (6 points)
  • Syntaxe et ponctuation (6 points)
  • Lexique précis et concis (hyperonymes, nominalisations) (4 points)

Exercice 3

Lisez les deux documents. Établissez un tableau comparatif du bus scolaire et du vélo, comme moyens d'aller à l'école. Le tableau comporte trois critères de comparaison que vous choisissez : chaque critère doit apparaitre dans les deux documents. Pour chaque case, reformulez l'information avec vos mots, en quelques mots.

CritèreBus scolaireVélo

Document A. Le bus scolaire
Extrait d'une brochure de la commune de Vielsart (document fictif).

Le bus scolaire passe devant l'école à 7 h 45. Il permet à des enfants de six à dix-sept ans de voyager ensemble, quelle que soit la météo. Il coute aux familles un abonnement annuel, mais il évite d'accompagner soi-même les enfants en voiture. Le trajet le plus long dure quarante minutes, car le bus dessert tous les hameaux de la commune. Un accompagnateur est présent à bord pour la sécurité.

Document B. Le vélo
Extrait de la même brochure (document fictif).

Aller à l'école à vélo ne coute presque rien : un vélo, un casque et de l'entretien. Le trajet est plus court que celui du bus pour les enfants qui habitent à moins de quatre kilomètres, et il apporte une heure d'exercice par jour. Il est cependant réservé aux beaux jours et aux enfants assez âgés pour circuler seuls. La commune installe des pistes cyclables pour renforcer la sécurité, mais tous les chemins n'en ont pas encore.

Voir la correction
  1. Choisir les critères

    Un critère de comparaison doit se retrouver dans les deux documents. Trois critères remplissent cette condition : le cout, la durée du trajet, la sécurité. La météo et l'exercice physique, par exemple, ne sont pas traités dans les deux textes.

  2. Remplir les cases

    Pour chaque case, une information courte, reformulée : « un abonnement annuel », « presque rien », « jusqu'à quarante minutes »…

  3. Copie modèle
    CritèreBus scolaireVélo
    CoutUn abonnement annuel pour les famillesPresque rien : un vélo, un casque, de l'entretien
    Durée du trajetJusqu'à quarante minutes, car il dessert tous les hameauxPlus court pour les enfants qui habitent à moins de quatre kilomètres
    SécuritéUn accompagnateur est présent à bordPistes cyclables en cours d'installation, mais pas sur tous les chemins
  4. Ce que la correction attend (10 points)
    • Trois critères pertinents, présents dans les deux documents : 1 point chacun (3 points).
    • Six cases complétées avec une information exacte : 1 point chacune (6 points).
    • Reformulation brève, sans copier-coller : 1 point.

Trois critères communs aux deux documents : le cout, la durée du trajet, la sécurité.

Barème de cet exercice

  • Trois critères pertinents, présents dans les deux documents (3 points)
  • Six cases complétées avec une information exacte (6 points)
  • Reformulation brève, sans copier-coller (1 point)

Exercice 4

Résumez le texte ci-dessous en 80 à 100 mots. Le texte contient une anecdote personnelle et des questions posées au lecteur : réfléchissez à ce qui appartient à l'essentiel et à ce qui n'en fait pas partie.

Indiquez le nombre de mots de votre résumé, puis la référence du texte (la référence ne compte pas dans les mots).

Seconde main : et si c'était la norme ?
Camille Renard, Le Journal des rues, 21 mars 2026.

Il y a trois ans, j'ai acheté ma première veste d'occasion, par curiosité, dans une friperie de Liège. Elle m'a coûté quinze euros et je la porte encore. Depuis, mon armoire a changé de visage, et mon regard sur les vêtements aussi. Pourquoi tant de personnes continuent-elles à acheter neuf ?

Commençons par l'argument le plus évident : le prix. Un manteau de qualité, qui ne se déformera pas après deux hivers, coute souvent moins cher en seconde main qu'un modèle neuf de mauvaise fabrication. Qui n'a jamais regretté un pull vite bouloché ?

Le deuxième argument est écologique. Fabriquer un vêtement demande de l'eau, de l'énergie et des transports. Chaque vêtement qui vit deux fois plus longtemps évite d'en fabriquer un autre. Acheter d'occasion est donc un geste simple, à la portée de chacun, qui réduit le gaspillage sans rien exiger de spectaculaire.

Le troisième argument tient à l'originalité. Un vêtement de seconde main est unique : il n'existe qu'en un exemplaire. Celle ou celui qui le porte évite de ressembler à tout le monde, et cela n'a pas de prix.

On m'objectera que la qualité est inégale et que les vêtements d'occasion seraient moins propres. Rien de tout cela n'est vrai pour ceux que l'on choisit avec soin : un lavage suffit, et une friperie sérieuse trie ce qu'elle vend. Il faut seulement avoir l'œil.

Faisons donc de la seconde main un réflexe, non une exception. C'est bon pour le portefeuille, pour la planète et pour l'allure.

Texte original écrit pour Capcess (l'auteur ou l'autrice et le média sont inventés).

Voir la correction
  1. Distinguer l'essentiel de l'illustration

    L'anecdote de la veste (friperie de Liège, quinze euros) et les questions posées à la personne qui lit (« Pourquoi tant de personnes… ? », « Qui n'a jamais regretté… ? ») servent à accrocher : elles ne sont pas de l'information de premier plan. L'essentiel : la thèse (faire de la seconde main un réflexe), trois arguments (le prix, l'écologie, l'originalité) et la réponse à l'objection (qualité et propreté).

  2. Énonciation non ancrée

    Le texte est écrit à la première personne. Le résumé ne l'est pas : on écrit « Selon Camille Renard… » et non « j'ai acheté… ».

  3. Copie modèle (88 mots, sans la référence)

    Selon Camille Renard, la seconde main devrait devenir un réflexe, pour trois raisons. D'abord, elle est économique : un vêtement d'occasion de qualité coute souvent moins cher qu'un neuf mal fabriqué. Ensuite, elle est écologique, car un vêtement qui dure plus longtemps évite d'en produire un autre, ce qui réduit le gaspillage. Enfin, elle offre l'originalité d'un article unique, que personne d'autre ne porte. L'autrice réfute l'objection sur la qualité et la propreté : un lavage et un choix attentif suffisent.

    C. Renard, « Seconde main : et si c'était la norme ? », Le Journal des rues, 21 mars 2026.

  4. Ce que la correction attend (50 points)
    • Sélection : la thèse, les trois arguments et la réponse à l'objection ; ni l'anecdote ni les questions.
    • Reformulation fidèle, sans avis personnel, sans copier-coller.
    • Longueur imposée respectée et nombre de mots correct.
    • Référence du texte résumé.
    • Progression dans l'ordre du texte, avec connecteurs et reprises.
    • Orthographe, syntaxe, ponctuation et lexique précis.

Selon Camille Renard, la seconde main devrait être un réflexe : économique, écologique, originale ; l'objection sur la qualité est réfutée.

Barème de cet exercice

  • Sélection de l'essentiel : les informations de premier plan, et rien que l'essentiel (8 points)
  • Reformulation fidèle : ni contresens, ni ajout, ni extrapolation (6 points)
  • Énonciation non ancrée : aucune marque de subjectivité, aucun avis (3 points)
  • Un résumé et non une réduction : pas de montage d'extraits recopiés (3 points)
  • Longueur imposée respectée, nombre de mots indiqué correctement (4 points)
  • Référence du texte résumé (2 points)
  • Progression : les idées dans l'ordre du texte, enchainées (4 points)
  • Connecteurs et reprises (anaphores) (4 points)
  • Orthographe, d'usage et grammaticale (6 points)
  • Syntaxe et ponctuation (6 points)
  • Lexique précis et concis (hyperonymes, nominalisations) (4 points)

Exercice 5

Lisez les deux documents. Établissez un tableau comparatif de l'habitat en ville et à la campagne, en retenant quatre critères de comparaison présents dans les deux documents. Chaque case contient une information reformulée, en quelques mots.

Terminez par une seule phrase de conclusion (20 à 35 mots) qui résume la comparaison sans donner votre avis.

CritèreHabiter en villeHabiter à la campagne

Document A. Habiter en ville
Extrait d'une revue de l'urbanisme (document fictif).

Le principal atout de la ville est la proximité : magasins, écoles, médecins, transports en commun se trouvent souvent à quelques minutes à pied. On y trouve aussi une vie culturelle riche, avec des cinémas, des théâtres et des bibliothèques ouverts tard. En revanche, le logement y est cher et généralement petit, et le bruit y est constant. Beaucoup d'habitants regrettent l'absence de jardin. La qualité de l'air, enfin, est plus faible que dans les campagnes, surtout près des grands axes.

Document B. Habiter à la campagne
Extrait de la même revue (document fictif).

À la campagne, le logement est plus grand et moins cher, et l'on dispose souvent d'un jardin. Le calme y est presque total, et l'air est de meilleure qualité. Mais la voiture est indispensable pour la plupart des déplacements : les commerces, les écoles et les médecins sont éloignés et les transports en commun rares. L'offre culturelle est limitée et le voisinage, plus rare, peut donner un sentiment d'isolement, notamment aux personnes âgées.

Voir la correction
  1. Choisir quatre critères communs

    Les deux documents parlent des services et des déplacements, du logement, du cadre de vie (bruit, air) et de la vie culturelle et sociale. Ce sont quatre critères comparables, chacun présent des deux côtés.

  2. Reformuler

    Chaque case reprend l'information du document en quelques mots, avec vos mots : « logement cher et petit », « voiture indispensable »…

  3. Conclure sans opinion

    La conclusion compare : elle dit ce que chaque lieu offre, sans écrire « je préfère » ni « il vaut mieux ».

  4. Copie modèle
    CritèreHabiter en villeHabiter à la campagne
    Services et déplacementsCommerces, écoles, médecins et transports en commun à quelques minutes à piedVoiture indispensable : services éloignés et transports en commun rares
    LogementCher et généralement petit, sans jardin le plus souventPlus grand et moins cher, souvent avec un jardin
    Cadre de vieBruit constant et air de moindre qualitéCalme presque total et air de meilleure qualité
    Vie culturelle et socialeOffre culturelle richeOffre culturelle limitée, risque d'isolement

    Conclusion : la ville offre la proximité des services et de la culture, la campagne plus d'espace et de calme ; le choix dépend de ce que l'on veut privilégier.

  5. Ce que la correction attend (14 points)
    • Quatre critères pertinents, présents dans les deux documents : 1 point chacun (4 points).
    • Huit cases avec une information exacte : 1 point chacune (8 points).
    • Phrase de conclusion qui résume la comparaison, sans avis, de 20 à 35 mots : 2 points.

Quatre critères communs (services, logement, cadre de vie, vie culturelle et sociale), huit cases, une phrase de conclusion sans avis.

Barème de cet exercice

  • Quatre critères pertinents, présents dans les deux documents (4 points)
  • Huit cases avec une information exacte et reformulée (8 points)
  • Phrase de conclusion (20 à 35 mots) qui résume sans donner d'avis (2 points)

Exercice 6

Résumez le texte ci-dessous en 100 à 120 mots, pour informer une personne qui ne l'a pas lu. Vous respecterez les caractéristiques du résumé : sélection de l'essentiel et de rien que l'essentiel, reformulation, énonciation non ancrée (aucune marque de votre opinion), longueur imposée.

Indiquez le nombre de mots de votre résumé, puis la référence complète du texte (la référence ne compte pas dans les mots).

Publicité et enfants : il est temps de choisir
Nadia Verstraete, La Libre Tribune, 9 novembre 2025.

Chaque soir, entre deux dessins animés, des dizaines de publicités s'adressent directement aux enfants : jouets, céréales, boissons sucrées, jeux en ligne. Nous avons fini par trouver cela normal. Il faudrait pourtant l'interdire, au moins pour les enfants de moins de douze ans.

Le premier argument est la vulnérabilité. Un adulte sait qu'une publicité cherche à vendre. Un enfant de six ans, lui, croit souvent ce qu'on lui montre : le personnage qui sourit devant la boite de céréales devient un ami. On ne peut pas parler de choix libre quand l'une des deux parties ne comprend pas le jeu.

Le deuxième argument concerne les familles. Chaque publicité ciblée fait naitre chez l'enfant un désir que ses parents doivent gérer. Refuser, c'est risquer la crise dans le magasin ; céder, c'est dépenser. Les familles les moins aisées sont les plus touchées, puisque le refus leur est imposé par leur budget et vécu comme une injustice par l'enfant.

Le troisième argument est sanitaire. La plupart des produits vantés aux enfants sont sucrés ou gras. En multipliant les occasions de les désirer, la publicité contribue à des habitudes alimentaires que l'on regrettera plus tard.

Certains répondent que l'interdiction porterait atteinte à la liberté d'expression des annonceurs et qu'il revient aux parents d'éduquer. Mais la liberté d'expression ne va pas jusqu'à viser un public qui ne peut pas se défendre, et l'éducation des parents ne peut pas lutter à armes égales contre des budgets publicitaires considérables. On interdit déjà la vente de tabac aux mineurs : personne n'y voit une atteinte à la liberté.

Une société se juge à la manière dont elle protège ceux qui ne peuvent pas se protéger seuls. Interdire la publicité destinée aux jeunes enfants n'est pas une mesure autoritaire : c'est une mesure de bon sens.

Texte original écrit pour Capcess (l'auteur ou l'autrice et le média sont inventés).

Voir la correction
  1. Planifier avant d'écrire

    Écrit intermédiaire : Thèse : interdire la publicité destinée aux moins de douze ans. Arguments : 1. la vulnérabilité des enfants ; 2. les désirs à gérer pour les familles, surtout modestes ; 3. la santé (produits sucrés ou gras). Objections réfutées : la liberté d'expression ; l'éducation par les parents. À écarter : la scène d'ouverture, les exemples (le personnage des céréales, le magasin, le tabac), la formule finale.

  2. Contrôler la longueur

    Entre 100 et 120 mots : si la première version est plus longue, on regroupe les informations avec des termes génériques (par exemple « des produits sucrés ou gras » pour la liste des produits) et on supprime les exemples.

  3. Copie modèle (105 mots, sans la référence)

    Selon Nadia Verstraete, la publicité destinée aux moins de douze ans devrait être interdite, pour trois raisons. D'abord, les enfants sont vulnérables : ils ne comprennent pas qu'elle cherche à vendre et croient ce qu'on leur montre. Ensuite, elle fait naitre des désirs que les familles doivent gérer, et pénalise surtout les plus modestes. Enfin, elle encourage des habitudes alimentaires malsaines, car les produits vantés sont sucrés ou gras. L'autrice rejette les objections de la liberté d'expression et de l'éducation parentale : on ne peut pas viser un public sans défense, et les parents ne rivalisent pas avec les budgets publicitaires.

    N. Verstraete, « Publicité et enfants : il est temps de choisir », La Libre Tribune, 9 novembre 2025.

  4. Ce que la correction attend (50 points)
    • Sélection : la thèse, les trois arguments, la réfutation des deux objections ; aucun exemple.
    • Reformulation fidèle, sans avis personnel, sans copier-coller.
    • Longueur imposée respectée et nombre de mots correct.
    • Référence du texte résumé.
    • Progression dans l'ordre du texte, avec connecteurs et reprises.
    • Orthographe, syntaxe, ponctuation et lexique précis.

Selon Nadia Verstraete, la publicité destinée aux moins de douze ans devrait être interdite : vulnérabilité, familles, santé ; les objections sont réfutées.

Barème de cet exercice

  • Sélection de l'essentiel : les informations de premier plan, et rien que l'essentiel (8 points)
  • Reformulation fidèle : ni contresens, ni ajout, ni extrapolation (6 points)
  • Énonciation non ancrée : aucune marque de subjectivité, aucun avis (3 points)
  • Un résumé et non une réduction : pas de montage d'extraits recopiés (3 points)
  • Longueur imposée respectée, nombre de mots indiqué correctement (4 points)
  • Référence du texte résumé (2 points)
  • Progression : les idées dans l'ordre du texte, enchainées (4 points)
  • Connecteurs et reprises (anaphores) (4 points)
  • Orthographe, d'usage et grammaticale (6 points)
  • Syntaxe et ponctuation (6 points)
  • Lexique précis et concis (hyperonymes, nominalisations) (4 points)

Exercice 7

Résumez le texte ci-dessous en 90 à 110 mots. Attention : la thèse de l'autrice n'est pas celle que l'on entend au début du texte. Vous respecterez les caractéristiques du résumé (essentiel, reformulation, énonciation non ancrée, longueur imposée).

Indiquez le nombre de mots de votre résumé, puis la référence complète du texte (la référence ne compte pas dans les mots).

Les jeunes ne lisent plus ? Voire.
Léa Goossens, Le Soir du samedi, 7 février 2026.

On entend partout que les jeunes ne lisent plus. Les enseignants s'en plaignent, les parents s'en inquiètent, et chaque enquête semble confirmer le déclin des romans sur les tables de nuit. Cette idée est si répandue qu'elle passe pour une évidence. Elle repose pourtant sur une confusion.

Que mesure-t-on, en effet, quand on compte les livres lus ? On compte des livres imprimés, parce que c'est ce qui se compte le plus facilement. Or une adolescente qui passe la soirée à lire les épisodes d'une longue histoire publiée en ligne, ou à commenter avec d'autres lecteurs le dernier chapitre d'un roman, lit beaucoup. Elle ne rentre dans aucune statistique de bibliothèque.

Il y a, certes, une part de vérité dans l'inquiétude. Les jeunes lisent moins de romans dits classiques, et le temps consacré à un seul livre s'est raccourci. Mais on aurait tort d'en conclure qu'ils se détournent de l'écrit : ils écrivent, ils échangent, ils recommandent, et souvent avec une énergie que les générations précédentes leur envieraient.

Le vrai défi n'est donc pas de ramener les jeunes vers la lecture, puisqu'ils y sont déjà. Il consiste à jeter des ponts entre ce qu'ils lisent et ce qui leur est proposé à l'école : partir de leurs lectures, plutôt que les condamner, pour les conduire vers des œuvres plus exigeantes. C'est à ce prix seulement que la lecture, sous toutes ses formes, cessera d'être un motif de reproche entre les générations.

Texte original écrit pour Capcess (l'auteur ou l'autrice et le média sont inventés).

Voir la correction
  1. Repérer la thèse de l'autrice

    Le début du texte présente une opinion répandue (« les jeunes ne lisent plus ») que l'autrice va discuter : ce n'est pas sa thèse. La thèse apparait avec « Elle repose pourtant sur une confusion » puis se précise à la fin : les jeunes lisent, autrement ; il faut partir de leurs lectures. Résumer l'idée reçue comme si c'était l'opinion de l'autrice serait un contresens.

  2. Hiérarchiser

    À garder : la confusion (on ne compte que les livres imprimés), la lecture en ligne, la concession (moins de classiques, un livre lu moins longtemps), la conclusion (jeter des ponts). À écarter : les enseignants et les parents qui s'inquiètent, l'exemple de l'adolescente, les formules de la dernière phrase.

  3. Copie modèle (93 mots, sans la référence)

    Selon Léa Goossens, l'idée que les jeunes ne lisent plus repose sur une confusion : les enquêtes ne comptent que les livres imprimés, alors que beaucoup d'adolescents lisent et commentent des histoires en ligne. L'autrice admet qu'ils lisent moins de romans classiques et moins longtemps un même livre, mais elle refuse d'y voir un rejet de l'écrit, puisqu'ils écrivent et échangent beaucoup. Selon elle, il faut donc, à l'école, partir de leurs lectures plutôt que de les condamner, pour les mener vers des œuvres plus exigeantes.

    L. Goossens, « Les jeunes ne lisent plus ? Voire. », Le Soir du samedi, 7 février 2026.

  4. Ce que la correction attend (50 points)
    • Sélection : la thèse réelle de l'autrice (et non l'idée reçue), la confusion dénoncée, la concession et la conclusion ; aucun exemple.
    • Reformulation fidèle, sans avis personnel, sans copier-coller.
    • Longueur imposée respectée et nombre de mots correct.
    • Référence du texte résumé.
    • Progression dans l'ordre du texte, avec connecteurs et reprises.
    • Orthographe, syntaxe, ponctuation et lexique précis.

Selon Léa Goossens, les jeunes lisent autrement : la confusion vient des enquêtes ; il faut partir de leurs lectures.

Barème de cet exercice

  • Sélection de l'essentiel : les informations de premier plan, et rien que l'essentiel (8 points)
  • Reformulation fidèle : ni contresens, ni ajout, ni extrapolation (6 points)
  • Énonciation non ancrée : aucune marque de subjectivité, aucun avis (3 points)
  • Un résumé et non une réduction : pas de montage d'extraits recopiés (3 points)
  • Longueur imposée respectée, nombre de mots indiqué correctement (4 points)
  • Référence du texte résumé (2 points)
  • Progression : les idées dans l'ordre du texte, enchainées (4 points)
  • Connecteurs et reprises (anaphores) (4 points)
  • Orthographe, d'usage et grammaticale (6 points)
  • Syntaxe et ponctuation (6 points)
  • Lexique précis et concis (hyperonymes, nominalisations) (4 points)

Programme et consignes

Les consignes dépendent du cycle. Vérifie celles de ton inscription ; les exemples officiels ne couvrent pas tout le programme.