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Bases économiques, sociales et idéologiques du monde contemporain

4 cours · 8 exercices corrigés disponibles

À revoir avant : Les outils conceptuels, La révolution belge et la Constitution de 1831, Classes sociales et luttes sociales.

Ressources par notion

Fiche de révision

  • Repère 1 : taux de natalité (‰) = naissances de l'année / population totale × 1000 ; taux de mortalité (‰) = décès de l'année / population totale × 1000
  • Repère 2 : accroissement naturel (‰) = taux de natalité - taux de mortalité
  • Repère 3 : transition démographique : baisse de la mortalité, puis de la natalité ; entre les deux, forte croissance de la population
  • Repère 4 : exode rural : départ des habitants des campagnes vers les villes
  • Capital : Ressources investies dans une activité productive.
  • Salariat : Travail effectué contre une rémunération.
  • Mécanisation : Utilisation de machines pour accomplir des opérations de production.
  • Syndicat : Organisation qui défend les intérêts des travailleurs.
  • Grève : Arrêt collectif du travail utilisé comme moyen de pression.
  • Protection sociale : Dispositifs de soutien face à des risques sociaux.
  • Idéologie : Ensemble d’idées qui interprète la société et oriente l’action.
  • Réformisme : Recherche de transformations progressives par les institutions.
  • Révolution : Rupture profonde dans l’organisation du pouvoir ou de la société.

Évolution démographique et migrations

Au XIXe siècle, la population européenne augmente fortement : la mortalité recule (hygiène, alimentation, médecine) avant la natalité, c'est la transition démographique. Les campagnes se vident au profit des villes industrielles (exode rural) et des dizaines de millions d'Européens émigrent, surtout vers les Amériques, poussés par la misère et attirés par le travail et la terre.

À retenir

Repère 1

taux de natalité (‰) = naissances de l'année / population totale × 1000 ; taux de mortalité (‰) = décès de l'année / population totale × 1000

Repère 2

accroissement naturel (‰) = taux de natalité - taux de mortalité

Repère 3

transition démographique : baisse de la mortalité, puis de la natalité ; entre les deux, forte croissance de la population

Repère 4

exode rural : départ des habitants des campagnes vers les villes

Méthode

  1. Naissances ou décès rapportés à la population, pour mille ; accroissement naturel par différence.
  2. La mortalité baisse d'abord, la natalité ensuite : l'écart fait croître la population.
  3. Lieu de départ, lieu d'arrivée, causes répulsives et attractives, conséquences pour les deux espaces.

Exemple expliqué

Ressources : questions de connaissances.

Consigne : répondez aux questions ci-dessous en vous aidant du document et de vos connaissances.

1 - L'évolution démographique.

Document 1 – La population de la Belgique aux recensements, 1846-1920

AnnéePopulation de la Belgique
18464 337 196
18564 529 460
18664 827 833
18805 520 009
19006 693 548
19107 423 784
19207 465 782

Source : Tableau réalisé par Capcess d'après les chiffres de Statbel (Statistics Belgium) repris par Wikipédia, « Demographics of Belgium », consulté le 29 septembre 2026.

Statbel : l'office belge de statistique. Un recensement est un comptage de toute la population, organisé à intervalles réguliers.

  1. Question 1. Le tableau donne 6 693 548 habitants en 1900.

  2. Question 2. 7 423 784 - 4 337 196 = 3 086 588 : la population augmente d'environ 3,1 millions d'habitants entre 1846 et 1910.

  3. Question 3. Le processus est la transition démographique : la mortalité recule avant la natalité, ce qui fait croître la population.

  4. Question 4. Deux causes parmi : les progrès de l'hygiène (eau potable, égouts), une meilleure alimentation, les progrès de la médecine (vaccination).

  5. Question 5. De 1910 à 1920, la population n'augmente presque pas (+ 42 000 habitants) à cause de la Première Guerre mondiale : morts, naissances retardées et départs.

1. 6 693 548 ; 2. 3 086 588 ; 3. la transition démographique ; 4. hygiène, alimentation, médecine ; 5. la Première Guerre mondiale.

Industrialisation et capitalisme

L’industrialisation transforme la production par le recours croissant aux machines, aux sources d’énergie et aux usines. En Grande-Bretagne, à partir de la fin du XVIIIe siècle, le textile, le charbon et la métallurgie jouent un rôle majeur. Le processus se diffuse de manière inégale ; les activités agricoles et artisanales ne disparaissent pas immédiatement.

Le capitalisme repose notamment sur la propriété privée des moyens de production, l’investissement et la recherche de profit. Le capital permet d’acheter machines et bâtiments ; le salariat rémunère le travail. Des banques et des sociétés rassemblent des ressources pour financer de grandes installations. Capitalisme et industrialisation sont liés, mais le capitalisme ne se limite pas à l’usine.

Le charbon, les transports et les marchés forment un système. Un chemin de fer facilite l’approvisionnement et la vente ; sa construction accroît aussi la demande de fer et de charbon. En Belgique, les bassins industriels constituent un cadre important de cette transformation. Explique ces relations plutôt que de chercher une cause unique.

À retenir

Capital

Ressources investies dans une activité productive.

Salariat

Travail effectué contre une rémunération.

Mécanisation

Utilisation de machines pour accomplir des opérations de production.

Méthode

  1. Identifie les changements de technique et d’énergie.
  2. Repère les acteurs qui investissent et travaillent.
  3. Relie production, transports et marchés.
  4. Distingue effets économiques et conséquences sociales.

Exemple expliqué

Situation fictive : une filature achète des machines financées par des investisseurs ; elle embauche des ouvriers et expédie ses tissus par rail. Quels éléments montrent industrialisation et capitalisme ?

  1. Machines et production en usine indiquent la transformation industrielle.

  2. Investissement privé et vente des tissus visent un revenu et un profit.

  3. Les ouvriers salariés travaillent avec les équipements de l’entreprise.

Industrialisation : machines, usine et transport ferroviaire. Capitalisme : capitaux privés, recherche de profit et travail salarié.

Points à surveiller

  • Réduire l’industrialisation à l’invention d’une seule machine.
  • Présenter toutes les régions comme transformées au même rythme.

Classes sociales et luttes sociales

Une classe sociale regroupe des personnes selon leur position dans les rapports économiques et sociaux. Dans la société industrielle, la possession du capital distingue une partie de la bourgeoisie du monde ouvrier salarié. Ces groupes restent divers : métier, qualification, revenu, genre et situation familiale modifient les conditions de vie.

La question sociale concerne les difficultés liées au travail et à la vie des travailleurs : durée du travail, accidents, salaires, logement et protection en cas de maladie ou de chômage. Les ouvriers peuvent organiser des secours mutuels, des syndicats, des grèves et une action politique. Ces formes d’action n’ont ni les mêmes objectifs ni les mêmes moyens.

Les luttes sociales contribuent, avec d’autres facteurs politiques et économiques, à faire évoluer les lois et la représentation. En Belgique, les troubles de 1886 marquent l’histoire de la question sociale. Les conquêtes sont progressives et incomplètes : une loi ne prouve pas que son application est immédiate ou égale partout.

Le droit de vote transforme aussi le rapport de forces. Le suffrage censitaire réserve la participation à ceux qui remplissent une condition fiscale ; le suffrage universel élargit la participation, mais doit toujours être décrit avec ses exclusions et ses règles. Un film de fiction sur les ouvriers peut rendre un contexte sensible : identifie toutefois sa date de réalisation et confronte scènes, personnages et dialogues aux sources historiques avant de les utiliser comme témoignages du XIXe siècle.

À retenir

Syndicat

Organisation qui défend les intérêts des travailleurs.

Grève

Arrêt collectif du travail utilisé comme moyen de pression.

Protection sociale

Dispositifs de soutien face à des risques sociaux.

Méthode

  1. Décris les conditions de travail à partir d’indices.
  2. Identifie les revendications et les acteurs.
  3. Explique les moyens d’action.
  4. Distingue revendication, décision légale et application.

Exemple expliqué

Dossier fictif : les ouvriers demandent une réduction du temps de travail ; la direction invoque les coûts ; une association collecte de quoi soutenir les grévistes. Explique le conflit.

  1. La revendication porte sur la durée du travail et les conditions de vie.

  2. La direction défend l’organisation et les coûts de production.

  3. La caisse de soutien permet de prolonger une action qui prive les grévistes de salaire.

Un conflit social oppose des intérêts sur le travail ; l’organisation collective renforce le rapport de force mais ne garantit pas l’issue.

Points à surveiller

  • Attribuer la même situation à tous les ouvriers.
  • Confondre un syndicat avec un parti politique.

Libéralisme, socialismes et catholicisme social

Une idéologie propose une lecture de la société et des principes d’action. Le libéralisme affirme notamment les libertés individuelles et la propriété privée ; ses courants ne défendent pas tous le même rôle de l’État. Le libéralisme politique et le libéralisme économique désignent des dimensions différentes.

Les socialismes critiquent les inégalités et les rapports de domination de la société capitaliste. Certains courants privilégient la réforme et l’action électorale ; d’autres une rupture révolutionnaire et la transformation de la propriété des moyens de production. Employer le pluriel évite de confondre toutes ces positions avec un seul régime historique.

Le catholicisme social cherche une réponse chrétienne à la question sociale. L’encyclique Rerum novarum de Léon XIII, publiée en 1891, défend la propriété privée tout en reconnaissant les obligations envers les travailleurs et la justice du salaire. Les désaccords portent donc sur la propriété, l’État, les moyens d’action et les relations entre groupes sociaux.

À retenir

Idéologie

Ensemble d’idées qui interprète la société et oriente l’action.

Réformisme

Recherche de transformations progressives par les institutions.

Révolution

Rupture profonde dans l’organisation du pouvoir ou de la société.

Méthode

  1. Repère le problème dénoncé dans le texte.
  2. Relève la solution proposée.
  3. Examine propriété, État et moyens d’action.
  4. Justifie le rapprochement avec un courant en citant ses indices.

Exemple expliqué

Textes fictifs : A réclame la liberté d’entreprendre et protège la propriété ; B veut collectiviser les usines ; C demande un salaire juste en conservant la propriété privée et la coopération sociale. Associe les orientations.

  1. A met en avant propriété et initiative privée.

  2. B transforme la possession des moyens de production.

  3. C cherche une réponse sociale sans supprimer la propriété privée.

A : orientation libérale économique ; B : orientation socialiste collectiviste ; C : orientation compatible avec le catholicisme social. Les indices doivent être confirmés par le contexte.

Points à surveiller

  • Confondre toute intervention de l’État avec le socialisme.
  • Assimiler tous les socialismes au stalinisme.

Exercice 1

Ressources : questions de connaissances.

Consigne : répondez aux questions ci-dessous en vous aidant du document et de vos connaissances.

1 - L'évolution démographique.

Document 1 – La population de la Belgique aux recensements, 1846-1920

AnnéePopulation de la Belgique
18464 337 196
18564 529 460
18664 827 833
18805 520 009
19006 693 548
19107 423 784
19207 465 782

Source : Tableau réalisé par Capcess d'après les chiffres de Statbel (Statistics Belgium) repris par Wikipédia, « Demographics of Belgium », consulté le 29 septembre 2026.

Statbel : l'office belge de statistique. Un recensement est un comptage de toute la population, organisé à intervalles réguliers.

  1. 1.

    Quelle est la population de la Belgique en 1900 ?

  2. 2.

    De combien la population belge augmente-t-elle entre 1846 et 1910 ?

  3. 3.

    Comment appelle-t-on le processus au cours duquel la mortalité recule avant la natalité et fait croître la population ?

  4. 4.

    Citez deux causes de la baisse de la mortalité au XIXe siècle.

  5. 5.

    Quel événement explique que la population augmente à peine entre 1910 et 1920 ?

Voir la correction
  1. Question 1

    Le tableau donne 6 693 548 habitants en 1900.

  2. Question 2

    7 423 784 - 4 337 196 = 3 086 588 : la population augmente d'environ 3,1 millions d'habitants entre 1846 et 1910.

  3. Question 3

    Le processus est la transition démographique : la mortalité recule avant la natalité, ce qui fait croître la population.

  4. Question 4

    Deux causes parmi : les progrès de l'hygiène (eau potable, égouts), une meilleure alimentation, les progrès de la médecine (vaccination).

  5. Question 5

    De 1910 à 1920, la population n'augmente presque pas (+ 42 000 habitants) à cause de la Première Guerre mondiale : morts, naissances retardées et départs.

1. 6 693 548 ; 2. 3 086 588 ; 3. la transition démographique ; 4. hygiène, alimentation, médecine ; 5. la Première Guerre mondiale.

Exercice 2

Les taux démographiques.

Données fictives : un pays d'Europe fictif compte 3 200 000 habitants en 1860. Cette année-là, 115 200 enfants y naissent et 51 200 personnes y meurent.

Consigne : répondez aux questions en montrant vos calculs.
a) Calculez le taux de natalité de ce pays, en pour mille.
b) Calculez son taux de mortalité, en pour mille.
c) Calculez son accroissement naturel, en pour mille.
d) Ce pays est-il au début, au milieu ou à la fin de sa transition démographique ? Justifiez à l'aide de vos résultats.

  1. a.

    Calculez le taux de natalité (‰).

  2. b.

    Calculez le taux de mortalité (‰).

  3. c.

    Calculez l'accroissement naturel (‰).

  4. d.

    Début, milieu ou fin de la transition démographique ? Justifiez.

Voir la correction
  1. a) Taux de natalité

    Taux de natalité (‰) = naissances / population × 1 000 = 115 200 / 3 200 000 × 1 000 = 36 ‰.

  2. b) Taux de mortalité

    Taux de mortalité (‰) = décès / population × 1 000 = 51 200 / 3 200 000 × 1 000 = 16 ‰.

  3. c) Accroissement naturel

    Accroissement naturel = 36 - 16 = 20 ‰, soit 2 % par an : la population augmente de 20 personnes pour 1 000 habitants.

  4. d) Phase de la transition

    Le pays est au milieu de sa transition démographique : la mortalité a déjà baissé (16 ‰) alors que la natalité reste élevée (36 ‰). L'écart de 20 ‰ produit une forte croissance de la population.

a) 36 ‰ ; b) 16 ‰ ; c) 20 ‰ ; d) au milieu de la transition : mortalité basse, natalité encore élevée.

Barème de cet exercice

  • a : Formule du taux de natalité et calcul exact : 36 ‰ (2 points)
  • b : Formule du taux de mortalité et calcul exact : 16 ‰ (2 points)
  • c : Accroissement naturel = natalité - mortalité = 20 ‰ (2 points)
  • d : Au milieu de la transition, justifié : mortalité déjà basse, natalité encore élevée, forte croissance (2 points)

Exercice 3

Ressources : questions de connaissances.

Consigne : répondez aux questions ci-dessous en vous aidant du document et de vos connaissances.

2 - L'industrialisation et le développement du capitalisme.

Document 1 – Alphonse Esquiros, « Les Charbonnages de la Belgique » : machines et profits (extraits)

« En Belgique, il y a dans ce moment-ci telle exploitation houillère qui réalise 10,000 fr. de bénéfices par jour, et qui servira, sur la fin de l’année, 3 millions de dividendes aux actionnaires. […] en 1839, il existait dans la province du Hainaut 297 machines à vapeur exprimant la force de 12,855 chevaux; dans cette même province, à la fin de 1853, on comptait 891 machines exprimant la force de 41,422 chevaux. »

Source : Alphonse Esquiros, « Les Charbonnages de la Belgique », Revue des Deux Mondes, 2e série de la nouvelle période, tome 9, 1855, p. 1176-1215, texte sur fr.wikisource.org, consulté le 29 septembre 2026.

Alphonse Esquiros (1812-1876) : écrivain, journaliste et homme politique républicain français, exilé après le coup d'État de 1851. Revue des Deux Mondes : revue littéraire et politique française fondée en 1829, très lue dans la bourgeoisie cultivée. L'article est écrit pour des lecteurs français : Esquiros visite des mines de Belgique. Hainaut : province de Belgique où se trouvent les bassins houillers de Mons, du Centre et de Charleroi. Cheval : unité de puissance des machines à vapeur.

  1. 1.

    Combien de machines à vapeur le Hainaut compte-t-il à la fin de 1853 ?

  2. 2.

    Quel combustible fait fonctionner la plupart des machines à vapeur de l'époque ?

  3. 3.

    Comment appelle-t-on les personnes qui possèdent des parts du capital d'une société et reçoivent des dividendes ?

  4. 4.

    Montrez, à l'aide du document, que l'industrie décrite est de type capitaliste. Donnez deux caractéristiques du capitalisme.

Voir la correction
  1. Question 1

    À la fin de 1853, le Hainaut compte 891 machines à vapeur.

  2. Question 2

    Les machines à vapeur de l'époque fonctionnent au charbon (la houille) : c'est le combustible de la révolution industrielle.

  3. Question 3

    Les personnes qui possèdent des parts du capital d'une société et reçoivent des dividendes sont les actionnaires.

  4. Question 4

    Le document décrit du capitalisme : les entreprises appartiennent à des propriétaires privés (les actionnaires) ; le profit est la raison d'être de l'entreprise (10 000 francs de bénéfices par jour et 3 millions de dividendes) ; les capitaux sont investis dans des machines (297 machines en 1839, 891 en 1853).

1. 891 ; 2. le charbon ; 3. actionnaires ; 4. propriété privée, recherche du profit, investissements.

Exercice 4

La production de houille du Hainaut.

Consigne : répondez aux questions à l'aide du document et montrez vos calculs. Pour les tonnes du Hainaut, utilisez les chiffres de 1839 et de 1853 donnés dans l'encadré ci-dessous.

Chiffres du Hainaut : 2 599 011 tonnes de houille en 1839 ; 5 482 771 tonnes en 1853, pour une valeur totale de 47 800 280 francs.

a) Calculez le taux d'évolution de la production de houille du Hainaut entre 1839 et 1853 (au dixième de pour cent).
b) Calculez le prix moyen d'une tonne de houille du Hainaut en 1853, en francs, arrondi au centime.
c) La production de tout le pays a-t-elle évolué dans le même sens ? Justifiez à l'aide du document.

Document 1 – Alphonse Esquiros, « Les Charbonnages de la Belgique » : la production de houille (extraits)

« de 1839 à 1854, l’extraction annuelle s’est élevée de 3 millions à 6 ou 7 millions de tonnes. […] La quantité de houille extraite était, en 1839, de 2,599,011 tonnes pour la province du Hainaut; elle s’élevait, en 1853, à 5,482,771 tonnes, d’une valeur totale de 47,800,280 fr. »

Source : Alphonse Esquiros, « Les Charbonnages de la Belgique », Revue des Deux Mondes, 2e série de la nouvelle période, tome 9, 1855, p. 1176-1215, texte sur fr.wikisource.org, consulté le 29 septembre 2026.

Alphonse Esquiros (1812-1876) : écrivain, journaliste et homme politique républicain français, exilé après le coup d'État de 1851. Revue des Deux Mondes : revue littéraire et politique française fondée en 1829, très lue dans la bourgeoisie cultivée. L'article est écrit pour des lecteurs français : Esquiros visite des mines de Belgique. Houille : charbon de terre. Franc (fr.) : monnaie belge de l'époque.

  1. a.

    Calculez le taux d'évolution de la production de houille du Hainaut entre 1839 et 1853 (au dixième de pour cent).

  2. b.

    Calculez le prix moyen d'une tonne de houille du Hainaut en 1853 (francs, arrondi au centime).

  3. c.

    La production de tout le pays a-t-elle évolué dans le même sens ? Justifiez à l'aide du document.

Voir la correction
  1. a) Taux d'évolution

    Taux d'évolution (%) = (valeur finale - valeur de départ) / valeur de départ × 100 = (5 482 771 - 2 599 011) / 2 599 011 × 100 = 2 883 760 / 2 599 011 × 100 ≈ + 111,0 %. La production a plus que doublé en quatorze ans.

  2. b) Prix moyen

    Prix moyen d'une tonne = valeur totale / quantité = 47 800 280 / 5 482 771 ≈ 8,72 francs la tonne.

  3. c) Comparaison

    Oui : d'après le document, l'extraction annuelle de la Belgique passe de 3 millions de tonnes en 1839 à 6 ou 7 millions en 1854, soit une multiplication par 2 ou plus. La croissance du Hainaut suit celle du pays.

a) + 111,0 %. b) 8,72 francs la tonne. c) oui, la production belge double aussi entre 1839 et 1854.

Barème de cet exercice

  • a : Formule du taux d'évolution écrite (1 point)
  • a : Substitution correcte avec les valeurs de 1839 et de 1853 (1 point)
  • a : Résultat exact : + 111,0 % (2 points)
  • b : Prix moyen : valeur totale divisée par la quantité, 8,72 francs la tonne (3 points)
  • c : Oui, justifié par le passage de 3 millions à 6 ou 7 millions de tonnes (1839 à 1854) (2 points)

Exercice 5

Ressources : questions de connaissances.

Consigne : répondez aux questions ci-dessous en vous aidant du document et de vos connaissances.

3 - La société à l'âge industriel : les luttes sociales.

Cinq événements de l'histoire sociale de la Belgique sont donnés dans le désordre :
A. La loi qui accorde six jours de congés payés (année 1936).
B. La loi qui fixe la journée de travail à huit heures (année 1921).
C. La fondation du Parti ouvrier belge (année 1885).
D. La révision de la Constitution qui instaure le vote plural, après une grève générale (année 1893).
E. La première loi belge sur le travail des femmes et des enfants (année 1889).

Document 1 – Alphonse Esquiros, « Les Charbonnages de la Belgique » : les enfants dans les mines (extraits)

« Le transport intérieur de la houille s’accomplit à l’aide de deux espèces de moteurs, la force humaine et la force animale. La force humaine est représentée par des enfans de douze à treize ans, filles et garçons, qui poussent et dirigent sur les rails les trains de charbon de terre. […] Dès qu’un enfant de charbonnier, fille ou garçon, a atteint sa onzième ou sa douzième année, dès qu’il a fait, comme on dit ici, sa première communion, il va travailler au jour ou dans l’intérieur de la mine. À cet âge, en effet, l’enfant représente déjà une valeur industrielle : l’enfant, c’est un franc par jour ; on l’emploie à ouvrir et à fermer les portes des galeries souterraines, à pousser les wagons sur les rails, à soigner les lampes. »

Source : Alphonse Esquiros, « Les Charbonnages de la Belgique », Revue des Deux Mondes, 2e série de la nouvelle période, tome 9, 1855, p. 1176-1215, texte sur fr.wikisource.org, consulté le 29 septembre 2026.

Alphonse Esquiros (1812-1876) : écrivain, journaliste et homme politique républicain français, exilé après le coup d'État de 1851. Revue des Deux Mondes : revue littéraire et politique française fondée en 1829, très lue dans la bourgeoisie cultivée. L'article est écrit pour des lecteurs français : Esquiros visite des mines de Belgique. Charbonnier : ici, mineur.

  1. 1.

    À quel âge environ les enfants de mineurs commencent-ils à travailler, d'après le document ?

  2. 2.

    Combien un enfant gagne-t-il par jour, d'après le document ?

  3. 3.

    Citez deux tâches confiées aux enfants dans la mine.

  4. 4.

    Quelle loi belge fixe en 1889 l'âge minimum du travail dans l'industrie à 12 ans ?

  5. 5.

    Classez les cinq événements du plus ancien au plus récent.

Voir la correction
  1. Question 1

    D'après le document, les enfants de mineurs commencent à travailler à onze ou douze ans, dès leur première communion.

  2. Question 2

    Un enfant gagne un franc par jour.

  3. Question 3

    Les enfants ouvrent et ferment les portes des galeries, poussent les wagons sur les rails et soignent les lampes. Deux tâches suffisent.

  4. Question 4

    La loi du 13 décembre 1889 sur le travail des femmes et des enfants fixe l'âge minimum de travail dans l'industrie à 12 ans.

  5. Question 5

    Ordre chronologique : C (POB, 1885), E (loi de 1889), D (vote plural, 1893), B (huit heures, 1921), A (congés payés, 1936). Réponse : C, E, D, B, A.

1. 11 ou 12 ans ; 2. un franc ; 3. ouvrir les portes, pousser les wagons, soigner les lampes ; 4. la loi de 1889 ; 5. C, E, D, B, A.

Exercice 6

Tableau comparatif : trois réponses à la question sociale.

Consigne : complétez le tableau ci-dessous à partir des documents 1, 2 et 3, avec des mots-clés plutôt que des phrases, et donnez-lui un titre complet (thème, espace, époque).

Libéralisme (document 1)Socialisme (document 2)Catholicisme social (document 3)
Place de la propriété
Rôle de l'État ou de la loi
Rapport entre les classes sociales

Document 1 – Frédéric Bastiat, La Loi (extraits)

« Existence, Facultés, Assimilation – en d’autres termes, Personnalité, Liberté, Propriété, – voilà l’homme. […] Qu’est-ce donc que la Loi ? Ainsi que je l’ai dit ailleurs, c’est l’organisation collective du Droit individuel de légitime défense. […] la Force commune ne peut être légitimement appliquée à détruire la Personne, la Liberté, la Propriété des individus ou des classes. »

Source : Frédéric Bastiat, La Loi, Paris, 1850, dans Œuvres complètes, tome 4, Guillaumin, 1863, p. 342-393, texte sur fr.wikisource.org, consulté le 29 septembre 2026.

Frédéric Bastiat (1801-1850) : économiste et député français, défenseur du libre-échange et du libéralisme. La Loi est publiée quelques mois avant sa mort, dans un débat contre les idées socialistes.


Document 2 – Parti ouvrier belge, Déclaration de principes, dite Charte de Quaregnon (extraits)

« 3. - La réalisation de cet idéal est incompatible avec le maintien du régime capitaliste, qui divise la société en deux classes nécessairement antagonistes : l'une, qui peut jouir de la propriété sans travail; l'autre, obligée d'abandonner une part de son produit à la classe possédante. […] Ce résultat ne pourra être atteint, dans une société où le travail collectif se substitue de plus en plus au travail individuel, que par l'appropriation collective des agents naturels et des instruments de travail. […] Que, dans leur lutte contre la classe capitaliste, les travailleurs doivent combattre par tous les moyens qui sont en leur pouvoir, et, notamment par l'action politique, le développement des associations libres et l'incessante propagation des principes socialistes. […] b) Dans l'ordre politique, par la transformation de l'État en administration des choses. »

Source : Programme du Parti ouvrier belge, Xe congrès, Quaregnon, 26 mars 1894, texte publié dans Émile Vandervelde et Jules Destrée, Le Socialisme en Belgique, 1898, reproduit sur fr.wikipedia.org (Charte de Quaregnon), consulté le 29 septembre 2026.

Parti ouvrier belge (POB) : parti socialiste fondé en 1885. Émile Vandervelde (1866-1938), qui rédige l'essentiel du texte, deviendra président du parti. La dénomination « charte de Quaregnon » date de 1945.


Document 3 – Léon XIII, encyclique Rerum novarum (extraits)

« Ainsi, cette conversion de la propriété privée en propriété collective, préconisée par le socialisme, n'aurait d'autre effet que de rendre la situation des ouvriers plus précaire, en leur retirant la libre disposition de leur salaire et en leur enlevant, par le fait même, tout espoir et toute possibilité d'agrandir leur patrimoine et d'améliorer leur situation. […] L'erreur capitale, dans la question présente, c'est de croire que les deux classes sont ennemies-nées l'une de l'autre […] Au-dessus de leur libre volonté, il est une loi de justice naturelle plus élevée et plus ancienne, à savoir que le salaire ne doit pas être insuffisant à faire subsister l'ouvrier sobre et honnête. […] Il sera donc préférable d'en réserver en principe la solution aux corporations ou syndicats dont Nous parlerons plus loin, ou de recourir à quelque autre moyen de sauvegarder les intérêts des ouvriers et d'en appeler même, en cas de besoin, à la protection et à l'appui de l'Etat. »

Source : Léon XIII, lettre encyclique Rerum novarum sur la condition des ouvriers, Rome, 15 mai 1891, texte français sur vatican.va, consulté le 29 septembre 2026.

Léon XIII (1810-1903) : pape de 1878 à sa mort. Une encyclique est une lettre du pape à tous les évêques et fidèles. Rerum novarum est le premier grand texte de l'Église catholique sur la question sociale.

  1. 1.

    Complétez le tableau à partir des documents 1, 2 et 3 et donnez-lui un titre.

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  1. Titre

    Un titre complet dit le thème, l'espace et l'époque : Trois réponses à la question sociale, Europe, XIXe siècle.

  2. Tableau complété
    Libéralisme (document 1)Socialisme (document 2)Catholicisme social (document 3)
    Place de la propriétédroit de la personne, antérieur aux loispropriété collective des moyens de productionpropriété privée défendue
    Rôle de l'État ou de la loidéfendre les droits individuels, rien de plusdevenir une simple administration des choses ; action politique pour y arriverprotéger les droits, en appui des syndicats et des corporations
    Rapport entre les classes socialesla loi ne doit détruire les droits d'aucune classeclasses antagonistes, à supprimerclasses non ennemies par nature
  3. Justification

    Document 1 (Bastiat) : la loi est « l'organisation collective du droit individuel de légitime défense » de la personne, de la liberté et de la propriété, et ne doit pas les détruire, ni pour les individus ni pour les classes. Document 2 (POB) : le capitalisme divise la société en deux classes antagonistes ; il faut l'appropriation collective des instruments de travail, par l'action politique. Document 3 (Léon XIII) : la propriété privée est défendue contre le socialisme ; les deux classes ne sont pas « ennemies-nées » ; le salaire doit permettre de vivre.

Libéralisme : propriété privée, loi limitée. Socialisme : propriété collective, lutte contre le capitalisme. Catholicisme social : propriété privée, collaboration des classes, juste salaire.

Barème de cet exercice

  • 1 : Titre complet : thème, espace, époque (1 point)
  • 1 : Propriété : les trois positions exactes (une par courant) (3 points)
  • 1 : Rôle de l'État ou de la loi : les trois positions exactes (3 points)
  • 1 : Rapport entre les classes : les trois positions exactes (3 points)

Exercice 7

Critique des documents. La question sociale au XIXe siècle.

Problématique : Comment a-t-on répondu à la question sociale en Europe au XIXe siècle ?

Question 1. Pour chacun des documents 1, 2, 3 et 4, dites s'il est pertinent pour répondre à la problématique (oui ou non) et justifiez ; s'il ne l'est pas, expliquez pourquoi. (10 points)
Question 2. Pour chacun des documents 5 et 6, donnez deux raisons de lui faire confiance et deux raisons de vous en méfier. (8 points)

Ce que le correcteur regarde.
- Pertinence : un verdict clair pour chaque document, puis une justification qui confronte le contenu du document au thème, au lieu et à l'époque de la problématique. Un titre d'ouvrage ne tient pas lieu de thème, et la date où un document est produit n'est pas toujours celle des faits dont il parle.
- Fiabilité : pour chaque document demandé, des raisons correctes et justifiées avec des éléments du dossier.

Document 1 – Karl Marx et Friedrich Engels, Manifeste du parti communiste (extraits)

« L’histoire de toute société jusqu’à nos jours n’a été que l’histoire de luttes de classes. […] En ce sens, les communistes peuvent résumer leur théorie dans cette proposition unique : abolition de la propriété privée. […] Prolétaires de tous les pays, unissez-vous ! »

Source : Karl Marx et Friedrich Engels, Manifeste du parti communiste, Londres, février 1848, traduction de Laura Lafargue, texte sur fr.wikisource.org, consulté le 29 septembre 2026.

Karl Marx (1818-1883) et Friedrich Engels (1820-1895) : philosophes et économistes allemands. Marx vit à Bruxelles de 1845 à 1848 ; le Manifeste est rédigé pour la Ligue des communistes, une organisation d'ouvriers et d'intellectuels.


Document 2 – Émile Zola, Germinal (extrait)

« Jeanlin, sans attendre son père, alla lui aussi prendre sa lampe, avec Bébert, gros garçon naïf, et Lydie, chétive fillette de dix ans. »

Source : Émile Zola, Germinal, Paris, G. Charpentier, 1885, première partie, chapitre III, texte sur fr.wikisource.org, consulté le 29 septembre 2026.

Émile Zola (1840-1902) : écrivain français, chef de file du naturalisme. Germinal est un roman : l'action se passe dans une mine du nord de la France, sous le Second Empire, dans un village imaginaire. Zola s'est documenté sur place, près d'Anzin, en 1884.


Document 3 – La loi du 13 décembre 1889 sur le travail des femmes et des enfants

La loi belge du 13 décembre 1889 sur le travail des femmes, des adolescents et des enfants dans les établissements industriels est la première à réglementer ce travail en Belgique. Elle :

  • fixe à 12 ans l'âge minimum pour être employé dans l'industrie ;
  • interdit le travail de nuit aux garçons de moins de 16 ans et aux filles et jeunes femmes de moins de 21 ans ;
  • charge des fonctionnaires de contrôler dans les entreprises que la loi est respectée.

Source : Résumé rédigé par Capcess (document fictif dans sa forme) d'après le texte de la loi, Moniteur belge, 1889, et les synthèses de Clio2web (UCLouvain) et de Wikipédia, consulté le 29 septembre 2026.

Moniteur belge : journal officiel de l'État belge, où les lois sont publiées.


Document 4 – Déclaration des droits de l'homme et du citoyen (extraits)

« Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits. Les distinctions sociales ne peuvent être fondées que sur l’utilité commune. […] Les propriétés étant un droit inviolable et sacré, nul ne peut en être privé, si ce n’est lorsque la nécessité publique, légalement constatée, l’exige évidemment, et sous la condition d’une juste et préalable indemnité. »

Source : Déclaration des droits de l'homme et du citoyen, Assemblée nationale constituante, France, août 1789, articles 1 et 17, texte sur fr.wikisource.org, consulté le 29 septembre 2026.

Assemblée nationale constituante : assemblée élue en 1789 qui rédige la première constitution de la France révolutionnaire.


Document 5 – Frédéric Bastiat, La Loi (extraits)

« Existence, Facultés, Assimilation – en d’autres termes, Personnalité, Liberté, Propriété, – voilà l’homme. […] Qu’est-ce donc que la Loi ? Ainsi que je l’ai dit ailleurs, c’est l’organisation collective du Droit individuel de légitime défense. […] la Force commune ne peut être légitimement appliquée à détruire la Personne, la Liberté, la Propriété des individus ou des classes. »

Source : Frédéric Bastiat, La Loi, Paris, 1850, dans Œuvres complètes, tome 4, Guillaumin, 1863, p. 342-393, texte sur fr.wikisource.org, consulté le 29 septembre 2026.

Frédéric Bastiat (1801-1850) : économiste et député français, défenseur du libre-échange et du libéralisme. La Loi est publiée quelques mois avant sa mort, dans un débat contre les idées socialistes.


Document 6 – Léon XIII, encyclique Rerum novarum (extraits)

« Ainsi, cette conversion de la propriété privée en propriété collective, préconisée par le socialisme, n'aurait d'autre effet que de rendre la situation des ouvriers plus précaire, en leur retirant la libre disposition de leur salaire et en leur enlevant, par le fait même, tout espoir et toute possibilité d'agrandir leur patrimoine et d'améliorer leur situation. […] L'erreur capitale, dans la question présente, c'est de croire que les deux classes sont ennemies-nées l'une de l'autre […] Au-dessus de leur libre volonté, il est une loi de justice naturelle plus élevée et plus ancienne, à savoir que le salaire ne doit pas être insuffisant à faire subsister l'ouvrier sobre et honnête. […] Il sera donc préférable d'en réserver en principe la solution aux corporations ou syndicats dont Nous parlerons plus loin, ou de recourir à quelque autre moyen de sauvegarder les intérêts des ouvriers et d'en appeler même, en cas de besoin, à la protection et à l'appui de l'Etat. »

Source : Léon XIII, lettre encyclique Rerum novarum sur la condition des ouvriers, Rome, 15 mai 1891, texte français sur vatican.va, consulté le 29 septembre 2026.

Léon XIII (1810-1903) : pape de 1878 à sa mort. Une encyclique est une lettre du pape à tous les évêques et fidèles. Rerum novarum est le premier grand texte de l'Église catholique sur la question sociale.

  1. Question 1. Pertinence des documents 1, 2, 3 et 4. (10 points)

    1.a.

    Le document 1 est-il pertinent ? Si non, pourquoi ?

  2. 1.b.

    Le document 2 est-il pertinent ? Si non, pourquoi ?

  3. 1.c.

    Le document 3 est-il pertinent ? Si non, pourquoi ?

  4. 1.d.

    Le document 4 est-il pertinent ? Si non, pourquoi ?

  5. Question 2. Fiabilité des documents 5 et 6. (8 points)

    2.a.

    Document 5 : deux raisons de lui faire confiance.

  6. 2.b.

    Document 5 : deux raisons de vous en méfier.

  7. 2.c.

    Document 6 : deux raisons de lui faire confiance.

  8. 2.d.

    Document 6 : deux raisons de vous en méfier.

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  1. Objet de la recherche

    Thème : les réponses (idées, mesures) apportées à la question sociale, c'est-à-dire aux problèmes des ouvriers. Lieu : l'Europe. Date : XIXe siècle.

  2. 1.a Document 1 : pertinent

    Oui. Le Manifeste (1848) propose une réponse à la question sociale : la lutte des classes et l'abolition de la propriété privée. Il est écrit à Londres pour l'Europe et date du XIXe siècle.

  3. 1.b Document 2 : non pertinent

    Non. Ce passage de Germinal (1885) décrit des enfants qui descendent dans une mine du nord de la France : il montre le problème, pas une réponse, et c'est une œuvre de fiction. Le thème ne correspond pas à la problématique.

  4. 1.c Document 3 : pertinent

    Oui. La loi belge du 13 décembre 1889 est une réponse de l'État à la question sociale : elle fixe l'âge minimum de travail à 12 ans et limite le travail de nuit. Belgique, donc Europe, 1889, XIXe siècle.

  5. 1.d Document 4 : non pertinent

    Non. La Déclaration des droits de l'homme date de 1789, avant la question sociale de l'âge industriel, et parle de droits politiques et de propriété en général, pas des problèmes des ouvriers.

  6. 2. Document 5 (Bastiat)

    Raisons de se fier : 1) Bastiat est un économiste et un député contemporain, qui connaît le débat de son temps ; 2) La Loi est publiée en 1850, à l'époque où les idées socialistes se répandent : elle répond directement à celles-ci. Raisons de se méfier : 1) l'auteur est un libéral engagé : il défend une thèse contre le socialisme, pas une analyse neutre ; 2) c'est un pamphlet qui parle de « fausse philanthropie » et de « spoliation », des mots qui jugent.

  7. 2. Document 6 (Rerum novarum)

    Raisons de se fier : 1) c'est un texte officiel du pape Léon XIII, écrit par l'autorité de l'Église pour exposer sa doctrine et daté du 15 mai 1891 ; 2) il cite des principes précis (salaire, propriété, classes) qu'on retrouve dans l'action des syndicats et des partis chrétiens. Raisons de se méfier : 1) l'Église défend ses intérêts et sa doctrine : elle veut concurrencer le socialisme ; 2) il s'adresse aux catholiques et rejette la lutte des classes, ce qui limite sa portée.

1) pertinents : 1 et 3 ; non pertinents : 2 et 4. 2) documents 5 et 6 : deux raisons de se fier et deux de se méfier chacun.

Barème de cet exercice

  • 1.a : Document 1 : identifié comme pertinent ou non pertinent, sans erreur (1 point)
  • 1.a : Document 1 : justification correcte et complète par le thème, le lieu et la date, en citant le contenu (1.5 points)
  • 1.b : Document 2 : identifié comme pertinent ou non pertinent, sans erreur (1 point)
  • 1.b : Document 2 : justification correcte et complète par le thème, le lieu et la date, en citant le contenu (1.5 points)
  • 1.c : Document 3 : identifié comme pertinent ou non pertinent, sans erreur (1 point)
  • 1.c : Document 3 : justification correcte et complète par le thème, le lieu et la date, en citant le contenu (1.5 points)
  • 1.d : Document 4 : identifié comme pertinent ou non pertinent, sans erreur (1 point)
  • 1.d : Document 4 : justification correcte et complète par le thème, le lieu et la date, en citant le contenu (1.5 points)
  • 2.a : Document 5 : deux raisons de se fier correctes, chacune justifiée par un élément du dossier (2 points)
  • 2.b : Document 5 : deux raisons de se méfier correctes, chacune justifiée par un élément du dossier (2 points)
  • 2.c : Document 6 : deux raisons de se fier correctes, chacune justifiée par un élément du dossier (2 points)
  • 2.d : Document 6 : deux raisons de se méfier correctes, chacune justifiée par un élément du dossier (2 points)

Exercice 8

Synthèse. La question sociale au XIXe siècle.

Problématique : Quelle est la situation des ouvriers au XIXe siècle et comment les grands courants d'idées et l'État y répondent-ils ?

Consigne : rédigez la synthèse qui répond à cette problématique à partir des documents 1 à 7 et de vos connaissances. Votre copie comprend trois parties.
- Une introduction (10 lignes au plus) : elle reprend la problématique et la replace dans son contexte historique grâce à vos connaissances.
- Un développement (15 lignes au plus) d'au moins deux paragraphes : il présente de façon organisée les éléments de réponse que fournissent les documents, chacun situé dans le temps et suivi, entre parenthèses, du numéro du ou des documents dont il provient.
- Une conclusion (10 lignes au plus) : elle répond à la problématique.

Ce que le correcteur regarde.
- Introduction : la problématique est reprise et au moins trois savoirs (événements, notions) l'éclairent.
- Développement : au moins cinq informations exactes venant des documents, chacune rattachée à son document et à un repère de temps, dans un texte bien construit.
- Conclusion : elle répond à la problématique et reste cohérente avec le développement.
- Langue : écriture soignée, lisible, phrases correctes.

Total : 30 points.

Document 1 – Alphonse Esquiros, « Les Charbonnages de la Belgique » : les enfants dans les mines (extraits)

« Le transport intérieur de la houille s’accomplit à l’aide de deux espèces de moteurs, la force humaine et la force animale. La force humaine est représentée par des enfans de douze à treize ans, filles et garçons, qui poussent et dirigent sur les rails les trains de charbon de terre. […] Dès qu’un enfant de charbonnier, fille ou garçon, a atteint sa onzième ou sa douzième année, dès qu’il a fait, comme on dit ici, sa première communion, il va travailler au jour ou dans l’intérieur de la mine. À cet âge, en effet, l’enfant représente déjà une valeur industrielle : l’enfant, c’est un franc par jour ; on l’emploie à ouvrir et à fermer les portes des galeries souterraines, à pousser les wagons sur les rails, à soigner les lampes. »

Source : Alphonse Esquiros, « Les Charbonnages de la Belgique », Revue des Deux Mondes, 2e série de la nouvelle période, tome 9, 1855, p. 1176-1215, texte sur fr.wikisource.org, consulté le 29 septembre 2026.

Alphonse Esquiros (1812-1876) : écrivain, journaliste et homme politique républicain français, exilé après le coup d'État de 1851. Revue des Deux Mondes : revue littéraire et politique française fondée en 1829, très lue dans la bourgeoisie cultivée. L'article est écrit pour des lecteurs français : Esquiros visite des mines de Belgique. Charbonnier : ici, mineur.


Document 2 – Karl Marx et Friedrich Engels, Manifeste du parti communiste (extraits)

« L’histoire de toute société jusqu’à nos jours n’a été que l’histoire de luttes de classes. […] En ce sens, les communistes peuvent résumer leur théorie dans cette proposition unique : abolition de la propriété privée. […] Prolétaires de tous les pays, unissez-vous ! »

Source : Karl Marx et Friedrich Engels, Manifeste du parti communiste, Londres, février 1848, traduction de Laura Lafargue, texte sur fr.wikisource.org, consulté le 29 septembre 2026.

Karl Marx (1818-1883) et Friedrich Engels (1820-1895) : philosophes et économistes allemands. Marx vit à Bruxelles de 1845 à 1848 ; le Manifeste est rédigé pour la Ligue des communistes, une organisation d'ouvriers et d'intellectuels.


Document 3 – Frédéric Bastiat, La Loi (extraits)

« Existence, Facultés, Assimilation – en d’autres termes, Personnalité, Liberté, Propriété, – voilà l’homme. […] Qu’est-ce donc que la Loi ? Ainsi que je l’ai dit ailleurs, c’est l’organisation collective du Droit individuel de légitime défense. […] la Force commune ne peut être légitimement appliquée à détruire la Personne, la Liberté, la Propriété des individus ou des classes. »

Source : Frédéric Bastiat, La Loi, Paris, 1850, dans Œuvres complètes, tome 4, Guillaumin, 1863, p. 342-393, texte sur fr.wikisource.org, consulté le 29 septembre 2026.

Frédéric Bastiat (1801-1850) : économiste et député français, défenseur du libre-échange et du libéralisme. La Loi est publiée quelques mois avant sa mort, dans un débat contre les idées socialistes.


Document 4 – Léon XIII, encyclique Rerum novarum (extraits)

« Ainsi, cette conversion de la propriété privée en propriété collective, préconisée par le socialisme, n'aurait d'autre effet que de rendre la situation des ouvriers plus précaire, en leur retirant la libre disposition de leur salaire et en leur enlevant, par le fait même, tout espoir et toute possibilité d'agrandir leur patrimoine et d'améliorer leur situation. […] L'erreur capitale, dans la question présente, c'est de croire que les deux classes sont ennemies-nées l'une de l'autre […] Au-dessus de leur libre volonté, il est une loi de justice naturelle plus élevée et plus ancienne, à savoir que le salaire ne doit pas être insuffisant à faire subsister l'ouvrier sobre et honnête. […] Il sera donc préférable d'en réserver en principe la solution aux corporations ou syndicats dont Nous parlerons plus loin, ou de recourir à quelque autre moyen de sauvegarder les intérêts des ouvriers et d'en appeler même, en cas de besoin, à la protection et à l'appui de l'Etat. »

Source : Léon XIII, lettre encyclique Rerum novarum sur la condition des ouvriers, Rome, 15 mai 1891, texte français sur vatican.va, consulté le 29 septembre 2026.

Léon XIII (1810-1903) : pape de 1878 à sa mort. Une encyclique est une lettre du pape à tous les évêques et fidèles. Rerum novarum est le premier grand texte de l'Église catholique sur la question sociale.


Document 5 – Parti ouvrier belge, Déclaration de principes, dite Charte de Quaregnon (extraits)

« 3. - La réalisation de cet idéal est incompatible avec le maintien du régime capitaliste, qui divise la société en deux classes nécessairement antagonistes : l'une, qui peut jouir de la propriété sans travail; l'autre, obligée d'abandonner une part de son produit à la classe possédante. […] Ce résultat ne pourra être atteint, dans une société où le travail collectif se substitue de plus en plus au travail individuel, que par l'appropriation collective des agents naturels et des instruments de travail. […] Que, dans leur lutte contre la classe capitaliste, les travailleurs doivent combattre par tous les moyens qui sont en leur pouvoir, et, notamment par l'action politique, le développement des associations libres et l'incessante propagation des principes socialistes. […] b) Dans l'ordre politique, par la transformation de l'État en administration des choses. »

Source : Programme du Parti ouvrier belge, Xe congrès, Quaregnon, 26 mars 1894, texte publié dans Émile Vandervelde et Jules Destrée, Le Socialisme en Belgique, 1898, reproduit sur fr.wikipedia.org (Charte de Quaregnon), consulté le 29 septembre 2026.

Parti ouvrier belge (POB) : parti socialiste fondé en 1885. Émile Vandervelde (1866-1938), qui rédige l'essentiel du texte, deviendra président du parti. La dénomination « charte de Quaregnon » date de 1945.


Document 6 – La loi du 13 décembre 1889 sur le travail des femmes et des enfants

La loi belge du 13 décembre 1889 sur le travail des femmes, des adolescents et des enfants dans les établissements industriels est la première à réglementer ce travail en Belgique. Elle :

  • fixe à 12 ans l'âge minimum pour être employé dans l'industrie ;
  • interdit le travail de nuit aux garçons de moins de 16 ans et aux filles et jeunes femmes de moins de 21 ans ;
  • charge des fonctionnaires de contrôler dans les entreprises que la loi est respectée.

Source : Résumé rédigé par Capcess (document fictif dans sa forme) d'après le texte de la loi, Moniteur belge, 1889, et les synthèses de Clio2web (UCLouvain) et de Wikipédia, consulté le 29 septembre 2026.

Moniteur belge : journal officiel de l'État belge, où les lois sont publiées.


Document 7 – Déclaration des droits de l'homme et du citoyen (extraits)

« Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits. Les distinctions sociales ne peuvent être fondées que sur l’utilité commune. […] Les propriétés étant un droit inviolable et sacré, nul ne peut en être privé, si ce n’est lorsque la nécessité publique, légalement constatée, l’exige évidemment, et sous la condition d’une juste et préalable indemnité. »

Source : Déclaration des droits de l'homme et du citoyen, Assemblée nationale constituante, France, août 1789, articles 1 et 17, texte sur fr.wikisource.org, consulté le 29 septembre 2026.

Assemblée nationale constituante : assemblée élue en 1789 qui rédige la première constitution de la France révolutionnaire.

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  1. Trier les documents

    Le document 7 (Déclaration de 1789) n'est pas pertinent : il date d'avant l'âge industriel et ne parle pas de la question ouvrière. Les documents 1 à 6 sont datés de 1848 à 1894.

  2. Plan

    1) la situation des ouvriers (doc. 1) ; 2) les réponses des idées (doc. 2, 3, 4, 5) ; 3) la réponse de l'État (doc. 6).

  3. Copie modèle

    Les réponses à la question sociale, Europe et Belgique, XIXe siècle.

    Introduction. Au XIXe siècle, la révolution industrielle transforme l'Europe : les usines et les mines attirent des ouvriers, souvent des familles entières, qui vivent dans la misère. C'est la question sociale. Le libéralisme, le socialisme et le catholicisme social proposent des solutions, et les États commencent à légiférer. Quelle est la situation des ouvriers et comment y répond-on ? Nous verrons d'abord les conditions de travail, puis les réponses des idées et de l'État.

    Développement. En 1855, dans les mines belges, des enfants de onze ou douze ans travaillent pour un franc par jour (document 1). Face à cette situation, Bastiat défend en 1850 le libéralisme : la loi doit seulement protéger la personne, la liberté et la propriété (document 3). En 1848, Marx et Engels appellent au contraire à la lutte des classes et à l'abolition de la propriété privée (document 2). Le pape Léon XIII, en 1891, rejette le socialisme, défend la propriété et demande un salaire juste (document 4).
    Les ouvriers s'organisent aussi eux-mêmes : en 1894, le Parti ouvrier belge veut l'appropriation collective des instruments de travail par l'action politique (document 5). L'État intervient : la loi belge du 13 décembre 1889 fixe à 12 ans l'âge minimum de travail et limite le travail de nuit des jeunes (document 6).

    Conclusion. Devant la misère ouvrière, trois grands courants répondent différemment : le libéralisme défend la liberté et la propriété, le socialisme veut transformer la société, le catholicisme social cherche la coopération et un salaire juste, tandis que l'État commence à protéger les plus faibles. Ces réponses préparent les lois sociales du XXe siècle, comme la journée de huit heures en 1921.

  4. Barème

    Introduction : au moins trois savoirs (révolution industrielle, misère ouvrière, trois courants d'idées), question rappelée. Développement : au moins cinq éléments des documents, avec leur numéro et leur date, et une nuance. Conclusion : réponse à la question, ouverture sur les lois du XXe siècle. Barème : le jury central publie les critères de sa synthèse (introduction, développement, conclusion, langue) mais pas leur répartition ; les points ci-dessous sont ceux de Capcess, calqués sur la grille de l'épreuve externe du CESS d'histoire 2022 (20, 60, 15 et 5 points sur 100) ramenée à 30.

Devant la misère ouvrière, trois courants répondent (libéralisme, socialisme, catholicisme social) et l'État commence à légiférer.

Barème de cet exercice

  • Introduction : la problématique est rappelée (2 points)
  • Introduction : au moins trois éléments de savoirs contextuels ou conceptuels exacts et pertinents (3 points)
  • Introduction : phrase d'amorce et annonce du plan (1 point)
  • Développement : au moins cinq éléments de réponse exacts tirés des documents (2 points chacun) (10 points)
  • Développement : le ou les documents d'où vient chaque élément sont cités entre parenthèses (3 points)
  • Développement : les éléments sont situés dans le temps (repères de temps exacts) (2 points)
  • Développement : au moins deux paragraphes, une idée principale par paragraphe, sans résumé des documents ni passage recopié (3 points)
  • Conclusion : elle répond à la problématique avec les éléments essentiels du développement (3 points)
  • Conclusion : elle est cohérente avec le développement (rien de nouveau) et peut ouvrir sur un prolongement (1.5 points)
  • Langue : soin, lisibilité, syntaxe (1.5 points)

Programme et consignes

Les consignes dépendent du cycle. Vérifie celles de ton inscription ; les exemples officiels ne couvrent pas tout le programme.