Aller au contenu
Se connecter

Un monde déséquilibré à la recherche de solutions (1914-1945)

6 cours · 9 exercices corrigés disponibles

Imprime cette fiche depuis le menu de ton navigateur, ou choisis Enregistrer au format PDF.

À revoir avant : Rivalités impérialistes et nationalismes avant 1914, Libéralisme, socialismes, catholicisme social, La Première Guerre mondiale, La crise de 1929 et la dépression des années 1930, Le communisme en Russie : de Lénine à Staline, Nazisme et totalitarismes, La démocratie belge face aux crises et la marche à la guerre.

Ressources par notion

Fiche de révision

  • Déclencheur : Événement qui précipite une crise dans un contexte déjà tendu.
  • Guerre totale : Mobilisation des ressources et implication de la société entière.
  • Armistice : Accord suspendant les combats.
  • Planification : Fixation par le pouvoir d’objectifs et de moyens économiques.
  • Collectivisation : Regroupement de la production agricole sous des formes collectives imposées par le régime.
  • Culte de la personnalité : Mise en scène d’un dirigeant présenté comme exceptionnel et incontestable.
  • Repère 1 : 24 octobre 1929 : jeudi noir à Wall Street
  • Repère 2 : crise : retournement brutal de la conjoncture ; dépression : longue période de recul de l'activité et de hausse du chômage
  • Repère 3 : 1933 : New Deal de Roosevelt ; 1935 : dévaluation du franc belge ; 1936 : grèves et congés payés en Belgique
  • Repère 4 : taux de chômage (%) = chômeurs / population active × 100
  • Antisémitisme : Hostilité et discrimination à l’égard des Juifs.
  • Terreur politique : Usage de la violence et de la peur pour contrôler la société.
  • Totalitarisme : Projet de contrôle de l’État et de la société au nom d’une idéologie imposée.
  • Antiparlementarisme : Opposition au régime fondé sur une représentation parlementaire.
  • Crise de confiance : Affaiblissement de la confiance dans des institutions ou leurs dirigeants.
  • Sécurité collective : Organisation d’une réponse commune aux agressions entre États.
  • Occupation : Contrôle d’un territoire par une puissance militaire étrangère.
  • Génocide : Entreprise de destruction d’un groupe visé en tant que tel.
  • Clandestinité : Action dissimulée aux autorités qui la poursuivent.

La Première Guerre mondiale

La Première Guerre mondiale éclate en 1914 dans un contexte de rivalités, d’alliances et de tensions nationalistes. L’assassinat de Sarajevo constitue un déclencheur ; il ne suffit pas à expliquer seul l’engrenage diplomatique et militaire. Distingue les facteurs de longue durée, la crise immédiate et les décisions des gouvernements.

L’Allemagne envahit la Belgique neutre le 4 août 1914. Le conflit transforme les combats, notamment par les tranchées et la puissance du feu. La guerre est aussi totale : production, finances, propagande et populations civiles sont mobilisées ou affectées. L’occupation et les privations donnent aux civils une expérience différente de celle du front.

L’année 1917 marque des changements importants, avec l’entrée des États-Unis et les révolutions en Russie. L’armistice du 11 novembre 1918 suspend les combats ; les traités de paix, dont celui de Versailles en 1919, règlent ensuite des questions territoriales et politiques. Fin des combats et règlement de paix ne sont pas le même événement.

Le traité de Versailles impose notamment à l’Allemagne des changements territoriaux, des limitations militaires et des réparations. Il s’étudie comme un règlement politique produit par les vainqueurs, avec ses objectifs et ses effets. Ne transforme pas une conséquence ultérieure en résultat automatiquement voulu : pour relier traité, tensions et choix politiques, il faut examiner les étapes intermédiaires et les décisions des acteurs.

À retenir

Déclencheur

Événement qui précipite une crise dans un contexte déjà tendu.

Guerre totale

Mobilisation des ressources et implication de la société entière.

Armistice

Accord suspendant les combats.

Méthode

  1. Classe les causes selon leur durée.
  2. Situe les principaux tournants dans une chronologie.
  3. Relie front, arrière et occupation.
  4. Distingue armistice et traité de paix.

Exemple expliqué

Documents fictifs : une usine passe à la production d’obus ; une affiche appelle à financer l’effort de guerre ; un témoignage décrit des pénuries. Quel concept les relie ?

  1. L’usine montre la mobilisation de la production.

  2. L’affiche mobilise les finances et l’opinion.

  3. Les pénuries montrent les conséquences pour les civils.

Ces documents illustrent la guerre totale : le conflit engage l’économie, les citoyens et les conditions de vie, au-delà des soldats.

Points à surveiller

  • Expliquer toute la guerre par le seul assassinat de Sarajevo.
  • Présenter le 11 novembre 1918 comme la signature de Versailles.

De la révolution russe au stalinisme

En 1917, la révolution de février renverse le pouvoir du tsar ; en octobre, les bolcheviks prennent le pouvoir. Ces deux étapes ont des acteurs et des objectifs distincts. Une guerre civile suit, et l’Union soviétique est créée en 1922. La chronologie empêche de présenter la naissance de l’URSS comme un événement unique et instantané.

Le régime bolchevique affirme vouloir transformer la société selon une idéologie communiste. Il faut distinguer les objectifs proclamés, les institutions et les pratiques. Sous Staline, la planification et la collectivisation visent une transformation accélérée de l’économie ; elles s’accompagnent de fortes contraintes et de répression.

Le stalinisme associe pouvoir concentré, contrôle du parti, propagande, culte du dirigeant et persécution des opposants réels ou supposés. Les purges et l’appareil répressif pèsent sur la société. Une affiche de production renseigne les objectifs officiels ; elle ne suffit pas à établir les résultats ni le coût humain.

À retenir

Planification

Fixation par le pouvoir d’objectifs et de moyens économiques.

Collectivisation

Regroupement de la production agricole sous des formes collectives imposées par le régime.

Culte de la personnalité

Mise en scène d’un dirigeant présenté comme exceptionnel et incontestable.

Méthode

  1. Situe février, octobre et la création de l’URSS.
  2. Sépare discours idéologique et pratiques du pouvoir.
  3. Relie transformations économiques et moyens de contrôle.
  4. Critique les documents de propagande.

Exemple expliqué

Document fictif : une affiche représente Staline au-dessus d’ouvriers souriants et annonce un objectif de production. Qu’apprend-on directement ?

  1. La place et la taille du dirigeant valorisent son autorité.

  2. Les ouvriers souriants donnent une image d’adhésion collective.

  3. L’objectif annoncé n’est pas une mesure de la production réalisée.

L’affiche montre une propagande économique et un culte du dirigeant. Elle ne démontre ni le résultat réel ni l’adhésion de tous les travailleurs.

Points à surveiller

  • Confondre février et octobre 1917.
  • Utiliser une image officielle comme preuve de satisfaction générale.

La crise de 1929 et la dépression des années 1930

Le krach de la Bourse de New York, le jeudi 24 octobre 1929, révèle une crise de surproduction et de spéculation. Faillites, chute de la production et chômage massif s'étendent au monde. Les États réagissent : protectionnisme, New Deal de Roosevelt (1933), dévaluation du franc belge (1935). La dépression dure toute la décennie et nourrit les extrémismes.

À retenir

Repère 1

24 octobre 1929 : jeudi noir à Wall Street

Repère 2

crise : retournement brutal de la conjoncture ; dépression : longue période de recul de l'activité et de hausse du chômage

Repère 3

1933 : New Deal de Roosevelt ; 1935 : dévaluation du franc belge ; 1936 : grèves et congés payés en Belgique

Repère 4

taux de chômage (%) = chômeurs / population active × 100

Méthode

  1. Surproduction, spéculation, krach, faillites bancaires, chômage, baisse de la demande.
  2. Un choc brutal d'un côté, une longue période de recul de l'autre.
  3. Protectionnisme, dévaluation, grands travaux, New Deal, intervention accrue de l'État.

Exemple expliqué

La crise de 1929 en Allemagne.

Consigne : répondez aux questions à l'aide du document et montrez vos calculs.

a) Calculez le taux d'évolution du nombre de salariés employés dans le Reich entre juin 1929 et janvier 1933. Arrondissez au dixième de pour cent.
b) Interprétez ce résultat en une phrase.

Document 1 – L'emploi en Allemagne pendant la crise

Salariés employés dans le Reich (en millions)
Juin 192918,6
Janvier 193311,5

Nombre de chômeurs enregistrés : 6 128 429 en février 1932 (maximum).

Source : Tableau réalisé par Capcess d'après Historisches Lexikon Bayerns (Bayerische Staatsbibliothek), article « Arbeitslosigkeit (Weimarer Republik) », consulté le 29 septembre 2026.

Reich : nom officiel de l'État allemand de 1871 à 1945. Historisches Lexikon Bayerns : encyclopédie historique en ligne éditée par la Bibliothèque d'État de Bavière.

  1. a) Formule. Taux d'évolution (%) = (valeur finale - valeur de départ) / valeur de départ × 100.

  2. a) Calcul. (11,5 - 18,6) / 18,6 × 100 = -7,1 / 18,6 × 100 = -38,2 % (au dixième).

  3. b) Interprétation. Entre juin 1929 et janvier 1933, le nombre de salariés employés dans le Reich a baissé de plus de 38 % : plus d'un emploi sur trois a disparu en trois ans et demi. Cette chute explique les 6 millions de chômeurs de 1932 et la colère qui pousse une partie des électeurs vers les partis extrêmes.

a) -38,2 %. b) Plus d'un emploi sur trois a disparu en trois ans et demi.

Nazisme et domination totalitaire

Adolf Hitler est nommé chancelier le 30 janvier 1933. L’accès au gouvernement est suivi d’une destruction rapide des libertés et de la concurrence politique. La nomination ne signifie pas que le nazisme possédait déjà légalement un pouvoir absolu ni que tous les Allemands partageaient ses idées.

Le nazisme combine nationalisme expansionniste, racisme et antisémitisme. Le régime contrôle les institutions, réprime les opposants et cherche à encadrer la société par la propagande et les organisations. Les exclusions et persécutions s’intensifient jusqu’au génocide. L’idéologie est indispensable pour expliquer qui le régime vise et pourquoi.

Le concept de totalitarisme sert à étudier une ambition de contrôle global : parti unique, chef, idéologie imposée, propagande et terreur. Une comparaison avec le stalinisme peut porter sur ces mécanismes, tout en conservant les différences d’idéologie, de groupes persécutés et de contexte. Comparer n’est pas rendre les régimes identiques.

À retenir

Antisémitisme

Hostilité et discrimination à l’égard des Juifs.

Terreur politique

Usage de la violence et de la peur pour contrôler la société.

Totalitarisme

Projet de contrôle de l’État et de la société au nom d’une idéologie imposée.

Méthode

  1. Situe l’accès au pouvoir et la suppression des libertés.
  2. Identifie les éléments de l’idéologie.
  3. Relie les instruments de contrôle à leurs effets.
  4. Compare avec des critères communs sans effacer les différences.

Exemple expliqué

Dossier fictif : suppression des partis concurrents, presse contrôlée, jeunesse encadrée et police politique. Quels traits totalitaires apparaissent ?

  1. Le parti élimine la concurrence au pouvoir.

  2. La presse et la jeunesse servent à imposer le discours officiel.

  3. La police politique réprime et intimide.

Le dossier montre monopole politique, encadrement idéologique et terreur. L’analyse doit aussi préciser l’idéologie et les groupes visés, plutôt que s’arrêter à l’étiquette.

Points à surveiller

  • Confondre nomination de Hitler et victoire électorale d’un parti réunissant tous les électeurs.
  • Comparer seulement le nombre de victimes sans examiner les mécanismes.

La démocratie belge dans les années 1930

La crise économique des années 1930 fragilise les revenus, l’emploi et la confiance dans les institutions. Des mouvements antiparlementaires proposent d’autres formes de pouvoir. En Belgique, Rex obtient une percée aux élections de 1936 ; le nationalisme flamand radical constitue aussi une force politique à examiner dans son contexte.

Une crise favorise des tensions mais ne produit pas automatiquement une dictature. L’existence d’institutions, de partis, d’associations et de mobilisations démocratiques influence les réponses. Pour expliquer la trajectoire belge, étudie les acteurs, les alliances et les moyens de défendre ou de contester le régime.

La marche à la guerre dépend également du contexte international : expansion de l’Allemagne nazie, faiblesse de la sécurité collective et choix diplomatiques. Distingue la crise intérieure d’une démocratie et les menaces extérieures. Une affiche de mouvement politique renseigne son projet, pas l’opinion de toute la population.

Léon Degrelle dirige Rex. Lors de l’élection partielle bruxelloise d’avril 1937, Paul van Zeeland bénéficie d’un rassemblement de forces démocratiques et bat Degrelle. Cet épisode permet d’étudier une défense institutionnelle de la démocratie après la percée rexiste de 1936. La comparaison doit garder la différence entre scrutin national et élection partielle : les résultats ne se transposent pas directement à l’ensemble du pays.

À retenir

Antiparlementarisme

Opposition au régime fondé sur une représentation parlementaire.

Crise de confiance

Affaiblissement de la confiance dans des institutions ou leurs dirigeants.

Sécurité collective

Organisation d’une réponse commune aux agressions entre États.

Méthode

  1. Relie la situation économique aux tensions politiques sans automatisme.
  2. Identifie les projets et les soutiens des mouvements.
  3. Repère les réponses des institutions et des acteurs démocratiques.
  4. Ajoute le contexte international à l’explication.

Exemple expliqué

Documents fictifs : A dénonce le chômage ; B affirme qu’un chef doit remplacer les débats parlementaires ; C appelle plusieurs partis à défendre les institutions. Explique les positions.

  1. A indique une difficulté économique, sans suffire à expliquer tous les choix politiques.

  2. B propose une réponse autoritaire et antiparlementaire.

  3. C montre une mobilisation en faveur du maintien des institutions.

La crise crée un terrain de contestation ; des acteurs proposent des réponses opposées, autoritaire ou démocratique. Leur résultat dépend du rapport de forces, pas de la crise seule.

Points à surveiller

  • Assimiler tous les électeurs mécontents à des partisans d’une dictature.
  • Confondre conflit intérieur et décision d’un État étranger d’attaquer.

Occupation, génocide et résistances

La Seconde Guerre mondiale atteint la Belgique avec l’invasion allemande du 10 mai 1940. La capitulation militaire belge du 28 mai n’efface pas la poursuite de la guerre par les Alliés ni l’action du gouvernement en exil. L’occupation transforme les institutions, l’économie et la vie quotidienne.

Le génocide des Juifs d’Europe, la Shoah, résulte d’une politique de persécution et d’extermination menée par l’Allemagne nazie avec des collaborateurs. Environ six millions de Juifs sont assassinés. Distingue exclusion juridique, arrestation, déportation et mise à mort, en les reliant à un processus historique et aux responsables.

La collaboration désigne des formes d’aide à l’occupant ; la résistance regroupe des actions comme la presse clandestine, le renseignement, le sabotage et l’aide aux personnes persécutées. Les comportements sont divers et évoluent sous la contrainte. Une société occupée ne se réduit pas à deux groupes parfaitement homogènes.

En Belgique, Breendonk est un lieu d’internement, de violence et de transit ; la caserne Dossin à Malines est un lieu de rassemblement pour les déportations de Juifs et de Roms, notamment vers Auschwitz-Birkenau. Distingue la fonction des lieux, les parcours et les catégories de victimes. Un centre de mise à mort, un camp de concentration et un camp de transit ne sont pas des termes interchangeables, même si un même complexe peut cumuler plusieurs fonctions.

À retenir

Occupation

Contrôle d’un territoire par une puissance militaire étrangère.

Génocide

Entreprise de destruction d’un groupe visé en tant que tel.

Clandestinité

Action dissimulée aux autorités qui la poursuivent.

Méthode

  1. Situe invasion, occupation et libération.
  2. Identifie acteurs, décisions et étapes des persécutions.
  3. Distingue formes de résistance et de collaboration.
  4. Explique les choix sans minimiser les contraintes ni les responsabilités.

Exemple expliqué

Dossier fictif : un journal interdit circule secrètement ; une famille cache une personne poursuivie ; un groupe transmet des renseignements aux Alliés. Classe ces actions.

  1. Le journal combat le contrôle de l’information.

  2. L’hébergement protège une personne contre les persécutions.

  3. Le renseignement apporte une aide à l’effort militaire allié.

Il s’agit de résistance par la presse clandestine, l’aide aux persécutés et le renseignement. Ces actions ont des moyens différents mais s’opposent à l’occupation ou à ses politiques.

Points à surveiller

  • Confondre capitulation militaire belge et fin de la guerre mondiale.
  • Employer un seul témoignage pour décrire toute la population occupée.

Exercice 1

Ressources : questions de connaissances.

Consigne : répondez aux questions ci-dessous en vous aidant du document et de vos connaissances.

1 - Le premier conflit mondial : le traité de Versailles.

Document 1 – Traité de Versailles (1919), article 231

« Art. 231. Les Gouvernements alliés et associés déclarent et l’Allemagne reconnaît que l’Allemagne et ses alliés sont responsables, pour les avoir causés, de toutes les pertes et de tous les dommages subis par les Gouvernements aidés et associés et leurs nationaux en conséquence de la guerre, qui leur a été imposée par l’agression de l’Allemagne et de ses alliés. »

Source : Traité de Versailles, signé le 28 juin 1919, partie VIII (Réparations), Berger-Levrault, 1920, p. 130, texte sur fr.wikisource.org, consulté le 29 septembre 2026.

Traité de Versailles : traité de paix signé le 28 juin 1919 entre l'Allemagne et les puissances alliées et associées, dont la Belgique.

  1. 1.

    Quelle est la date de signature du traité de Versailles ?

  2. 2.

    Selon l'article 231, quel pays est déclaré responsable des pertes et des dommages ?

  3. 3.

    Quel nom les Allemands donnent-ils à ce traité, qu'ils jugent imposé ?

  4. 4.

    Citez deux autres clauses du traité de Versailles imposées à l'Allemagne.

  5. 5.

    À quel pays voisin l'Allemagne cède-t-elle les cantons d'Eupen et de Malmedy ?

Correction

  1. Question 1

    Le traité de Versailles est signé le 28 juin 1919, dans la galerie des Glaces du château de Versailles, cinq ans jour pour jour après l'attentat de Sarajevo.

  2. Question 2

    L'article 231 déclare l'Allemagne et ses alliés responsables des pertes et des dommages subis par les Alliés, parce que la guerre leur a été imposée par leur agression.

  3. Question 3

    Les Allemands parlent d'un Diktat : un traité qu'on leur a imposé sans négociation.

  4. Question 4

    Deux clauses parmi : l'Alsace-Lorraine revient à la France ; l'Allemagne cède Eupen et Malmedy à la Belgique et d'autres territoires ; son armée est limitée à 100 000 hommes ; elle doit payer des réparations (fixées ensuite à 132 milliards de marks-or).

  5. Question 5

    L'Allemagne cède Eupen et Malmedy à la Belgique.

1. 28 juin 1919 ; 2. l'Allemagne et ses alliés ; 3. Diktat ; 4. territoires perdus, armée limitée à 100 000 hommes, réparations ; 5. la Belgique.

Exercice 2

Ressources : questions de connaissances.

Consigne : répondez aux questions ci-dessous en vous aidant du document et de vos connaissances.

1 - L'avènement du communisme en Russie.

Document 1 – Affiche de propagande soviétique : « Le camarade Lénine nettoie la terre de la vermine »

Description de l'affiche (les images ne sont pas reproduites ; la description ci-dessous a été rédigée par Capcess). Un homme en casquette et costume sombre se tient debout sur un globe terrestre. Il le balaie à l'aide d'un très grand balai. Autour de lui, de petits personnages sont projetés hors du globe en gesticulant : deux souverains couronnés, vêtus de manteaux d'hermine, un homme barbu en habit noir et un homme en chapeau haut de forme qui serre un sac d'argent contre lui. Légende en russe, traduite : « Le camarade Lénine nettoie la terre de la vermine. »

Source : Viktor Deni, affiche imprimée en Russie soviétique en novembre 1920, image sur commons.wikimedia.org, consulté le 29 septembre 2026. Légende traduite du russe par Capcess.

Viktor Deni (1893-1946) : caricaturiste et affichiste russe, l'un des principaux dessinateurs de la propagande bolchevique. Vladimir Ilitch Oulianov, dit Lénine (1870-1924) : chef des bolcheviks, il dirige le gouvernement soviétique de 1917 à sa mort.

  1. 1.

    Quel parti dirige le personnage qui balaie le globe ?

  2. 2.

    Quels sont les adversaires du régime représentés sur l'affiche ? Citez-en deux.

  3. 3.

    Quand les bolcheviks prennent-ils le pouvoir à Petrograd ? (mois et année)

  4. 4.

    Qui organise l'Armée rouge pendant la guerre civile ?

Correction

  1. Question 1

    Le personnage central est Lénine, chef des bolcheviks, le parti qui prend le pouvoir en Russie en 1917 (il prendra le nom de Parti communiste).

  2. Question 2

    L'affiche montre des adversaires du régime : des souverains (la monarchie, le tsar), des capitalistes (l'homme au sac d'argent) et le clergé (l'homme en habit noir). Deux catégories suffisent.

  3. Question 3

    Les bolcheviks prennent le pouvoir à Petrograd le 25 octobre 1917 selon le calendrier russe de l'époque, soit le 7 novembre 1917 dans notre calendrier.

  4. Question 4

    Trotski organise l'Armée rouge, qui affronte les Armées blanches pendant la guerre civile russe (1918-1921).

1. les bolcheviks ; 2. monarchie et capitalisme (ou clergé) ; 3. octobre 1917 (7 novembre 1917) ; 4. Trotski.

Exercice 3

Ressources : questions de connaissances.

Consigne : répondez aux questions ci-dessous en vous aidant du document et de vos connaissances.

2 - La crise de 1929 et la dépression des années trente.

Document 1 – L'indice Dow Jones de la Bourse de New York, 1929-1932

DateIndice Dow Jones (clôture)
3 septembre 1929381,17
28 octobre 1929260,64
29 octobre 1929230,07
13 novembre 1929198,60
8 juillet 193241,22

Source : Tableau réalisé par Capcess d'après Federal Reserve History, « Stock Market Crash of 1929 » (valeurs du 3 septembre 1929 et du 8 juillet 1932) et Wikipédia, « Wall Street Crash of 1929 » (valeurs d'octobre et de novembre 1929), consulté le 29 septembre 2026.

Dow Jones : indice qui suit le cours des actions de grandes entreprises américaines cotées à la Bourse de New York (Wall Street). Federal Reserve : banque centrale des États-Unis.

  1. 1.

    Comment appelle-t-on le jeudi 24 octobre 1929 à Wall Street ?

  2. 2.

    Comment appelle-t-on l'effondrement brutal des cours d'une Bourse ?

  3. 3.

    D'après le tableau, de combien de points l'indice a-t-il baissé entre le 3 septembre 1929 et le 8 juillet 1932 ?

  4. 4.

    Expliquez deux causes de la crise de 1929.

Correction

  1. Question 1

    Le jeudi 24 octobre 1929, les cours s'effondrent à Wall Street : c'est le jeudi noir.

  2. Question 2

    Un krach est l'effondrement brutal des cours d'une Bourse.

  3. Question 3

    381,17 - 41,22 = 339,95 : l'indice a perdu 339,95 points entre le 3 septembre 1929 et le 8 juillet 1932.

  4. Question 4

    Deux causes parmi : la surproduction (les entreprises produisent plus que les ménages ne peuvent acheter) ; la spéculation (on achète des actions à crédit en pariant sur la hausse) ; la fragilité des banques, qui font faillite quand les clients retirent leurs dépôts.

1. jeudi noir ; 2. krach ; 3. 339,95 points ; 4. surproduction, spéculation à crédit, faillites bancaires.

Exercice 4

La crise de 1929 en Allemagne.

Consigne : répondez aux questions à l'aide du document et montrez vos calculs.

a) Calculez le taux d'évolution du nombre de salariés employés dans le Reich entre juin 1929 et janvier 1933. Arrondissez au dixième de pour cent.
b) Interprétez ce résultat en une phrase.

Document 1 – L'emploi en Allemagne pendant la crise

Salariés employés dans le Reich (en millions)
Juin 192918,6
Janvier 193311,5

Nombre de chômeurs enregistrés : 6 128 429 en février 1932 (maximum).

Source : Tableau réalisé par Capcess d'après Historisches Lexikon Bayerns (Bayerische Staatsbibliothek), article « Arbeitslosigkeit (Weimarer Republik) », consulté le 29 septembre 2026.

Reich : nom officiel de l'État allemand de 1871 à 1945. Historisches Lexikon Bayerns : encyclopédie historique en ligne éditée par la Bibliothèque d'État de Bavière.

  1. a.

    Calculez le taux d'évolution du nombre de salariés employés dans le Reich entre juin 1929 et janvier 1933 (au dixième de pour cent).

  2. b.

    Interprétez ce résultat en une phrase.

Correction

  1. a) Formule

    Taux d'évolution (%) = (valeur finale - valeur de départ) / valeur de départ × 100.

  2. a) Calcul

    (11,5 - 18,6) / 18,6 × 100 = -7,1 / 18,6 × 100 = -38,2 % (au dixième).

  3. b) Interprétation

    Entre juin 1929 et janvier 1933, le nombre de salariés employés dans le Reich a baissé de plus de 38 % : plus d'un emploi sur trois a disparu en trois ans et demi. Cette chute explique les 6 millions de chômeurs de 1932 et la colère qui pousse une partie des électeurs vers les partis extrêmes.

a) -38,2 %. b) Plus d'un emploi sur trois a disparu en trois ans et demi.

Barème de cet exercice

  • a : Formule du taux d'évolution écrite (1 point)
  • a : Substitution correcte : (11,5 - 18,6) / 18,6 × 100 (1 point)
  • a : Résultat exact : -38,2 %, avec le signe et l'unité (2 points)
  • b : Interprétation : baisse de plus de 38 % des emplois salariés en trois ans et demi (2 points)

Exercice 5

Ressources : questions de connaissances.

Consigne : répondez aux questions ci-dessous en vous aidant du document et de vos connaissances.

3 - Univers concentrationnaire et génocide.

Document 1 – Les convois de Malines vers Auschwitz

Entre juillet 1942 et septembre 1944, la caserne Dossin, à Malines, sert de camp de transit : les Juifs et les Roms arrêtés en Belgique y sont rassemblés avant d'être déportés.

Premier convoi4 août 1942, 999 personnes
Nombre de convois28, du 4 août 1942 au 31 juillet 1944
Personnes déportéesenviron 25 000 Juifs et 350 Roms
Destination de la plupart des convoisAuschwitz-Birkenau
Déportés qui ne reviennent pasenviron 95 %

Source : Tableau réalisé par Capcess d'après Kazerne Dossin (mémorial et musée de Malines, kazernedossin.eu) et Fondation Auschwitz (auschwitz.be), consulté le 29 septembre 2026.

Roms : ce que l'on appelait alors les Tsiganes. Kazerne Dossin : musée et mémorial installé dans la caserne de Malines, sur le lieu du camp de transit.


Document 2 – Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide, article II

« Dans la présente Convention, le génocide s'entend de l'un quelconque des actes ci-après, commis dans l'intention de détruire, en tout ou en partie, un groupe national, ethnique, racial ou religieux, comme tel : a) Meurtre de membres du groupe ; b) Atteinte grave à l'intégrité physique ou mentale de membres du groupe ; c) Soumission intentionnelle du groupe à des conditions d'existence devant entraîner sa destruction physique totale ou partielle ; d) Mesures visant à entraver les naissances au sein du groupe ; e) Transfert forcé d'enfants du groupe à un autre groupe. »

Source : Convention adoptée par l'Assemblée générale des Nations unies le 9 décembre 1948 (résolution 260 A (III)), article II, texte français sur hrlibrary.umn.edu (University of Minnesota Human Rights Library), consulté le 29 septembre 2026.

Le mot génocide est créé en 1944 par le juriste Raphael Lemkin. La Convention est adoptée à l'unanimité par l'Assemblée générale des Nations unies.

  1. 1.

    Comment s'appelle le lieu, à Malines, où sont rassemblés les Juifs et les Roms avant leur déportation ?

  2. 2.

    Vers quel camp la plupart des convois partent-ils ?

  3. 3.

    Définissez le génocide à l'aide du document 2.

  4. 4.

    Pourquoi peut-on parler de génocide pour les Juifs déportés de Belgique ? Justifiez à l'aide des deux documents.

  5. 5.

    En quelle année l'ONU adopte-t-elle la Convention sur le génocide ?

Correction

  1. Question 1

    Les personnes arrêtées sont rassemblées à la caserne Dossin, à Malines, un camp de transit.

  2. Question 2

    Les convois partent de Malines vers Auschwitz-Birkenau, en Pologne occupée : c'est un centre de mise à mort.

  3. Question 3

    Selon la Convention de 1948, le génocide est l'un des actes cités (meurtre, atteinte grave à l'intégrité, conditions d'existence destructrices, entraves aux naissances, transfert d'enfants), commis dans l'intention de détruire, en tout ou en partie, un groupe national, ethnique, racial ou religieux.

  4. Question 4

    La déportation des Juifs de Belgique est un génocide : les nazis veulent détruire un groupe défini par leur idéologie raciste, les Juifs, tous sans exception (femmes, enfants, personnes âgées comprises). Ils organisent leur arrestation, leur rassemblement à Malines et leur transport vers des centres de mise à mort. Environ 95 % des déportés ne reviennent pas.

  5. Question 5

    La Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide est adoptée par l'ONU le 9 décembre 1948.

1. la caserne Dossin (Malines) ; 2. Auschwitz-Birkenau ; 3. intention de détruire un groupe ; 4. intention nazie de détruire les Juifs, déportation organisée ; 5. 1948.

Exercice 6

Ressources : questions de connaissances.

Consigne : répondez aux questions ci-dessous en vous aidant du document et de vos connaissances.

4 - Les démocraties à l'épreuve des crises : l'exemple de la Belgique.

Document 1 – Les élections de 1936 et de 1937 en Belgique

Élections législatives du 24 mai 1936, Chambre des représentants (202 sièges)

PartiSièges
Parti ouvrier belge70
Parti catholique61
Parti libéral23
Rex21
Vlaamsch Nationaal Verbond (VNV)16
Parti communiste9
Autres2

Élection partielle de Bruxelles, 11 avril 1937 : Paul van Zeeland, 275 840 voix ; Léon Degrelle, 69 242 voix.

Source : Tableau réalisé par Capcess d'après les résultats officiels des élections (verkiezingsresultaten.belgium.be), Belgium WWII (belgiumwwii.be, « La démocratie en crise ? ») et Wikipédia (Élection législative partielle bruxelloise de 1937), consulté le 29 septembre 2026.

Rex : mouvement d'extrême droite fondé par Léon Degrelle (1906-1994), qui attaque les partis traditionnels. VNV : parti nationaliste flamand d'extrême droite. Paul van Zeeland (1893-1973) : Premier ministre belge de 1935 à 1937, soutenu par les trois grands partis pour battre Degrelle en 1937.

  1. 1.

    Quel mouvement d'extrême droite dirigé par Léon Degrelle entre à la Chambre en 1936 ?

  2. 2.

    Quel pourcentage des 202 sièges de la Chambre Rex obtient-il en 1936 ? Arrondissez au dixième.

  3. 3.

    Combien de voix séparent van Zeeland et Degrelle lors de l'élection partielle de 1937 ?

  4. 4.

    Comment la démocratie belge résiste-t-elle à Rex en 1937 ?

Correction

  1. Question 1

    Le parti est Rex, le mouvement d'extrême droite de Léon Degrelle.

  2. Question 2

    Part des sièges de Rex : 21 / 202 × 100 = 10,4 % (au dixième).

  3. Question 3

    275 840 - 69 242 = 206 598 voix d'écart en faveur de van Zeeland.

  4. Question 4

    La démocratie résiste parce que les partis traditionnels (catholiques, socialistes, libéraux) soutiennent ensemble le Premier ministre van Zeeland contre Degrelle ; le cardinal Van Roey appelle les catholiques à voter pour lui. Degrelle, qui avait provoqué l'élection, est battu nettement. Rex recule : en 1939, il n'a plus que quatre sièges.

1. Rex ; 2. 10,4 % ; 3. 206 598 voix ; 4. union des partis démocratiques autour de van Zeeland, défaite de Degrelle en 1937.

Exercice 7

Les outils conceptuels : le caractère démocratique ou non d'un régime.

Consigne : répondez aux questions en vous aidant des documents 1 et 2 et de vos connaissances, en appuyant chaque réponse sur des éléments précis des documents.

1. Le régime qui adopte ces deux lois est-il démocratique ? Justifiez en relevant, dans chaque document, un extrait qui le montre. (6 points)
2. Définissez le concept de totalitarisme et relevez deux caractéristiques d'un régime totalitaire présentes dans ces documents. (6 points)

Document 1 – Loi contre la formation de nouveaux partis (extrait)

« § 1. En Allemagne, le Parti national-socialiste des travailleurs allemands est le seul parti politique. § 2. Quiconque entreprend de maintenir la cohésion organisationnelle d'un autre parti politique ou de former un nouveau parti politique est puni de la réclusion jusqu'à trois ans ou de l'emprisonnement de six mois à trois ans, si l'acte n'est pas passible d'une peine plus lourde en vertu d'autres dispositions. »

Source : Gesetz gegen die Neubildung von Parteien, Berlin, 14 juillet 1933, Reichsgesetzblatt 1933, partie I, n° 81, p. 479, texte allemand sur de.wikisource.org, consulté le 29 septembre 2026. Traduit de l'allemand par Capcess.

Reichsgesetzblatt : journal officiel de l'Allemagne, dans lequel les lois sont publiées. La loi est signée par le chancelier Adolf Hitler et par les ministres de l'Intérieur (Frick) et de la Justice (Gürtner).


Document 2 – Loi sur la citoyenneté du Reich (extrait)

« § 2. (1) Est citoyen du Reich uniquement le ressortissant de sang allemand ou apparenté, qui prouve par sa conduite qu'il est désireux et apte à servir fidèlement le peuple et le Reich allemands. […] (3) Le citoyen du Reich est le seul détenteur de la plénitude des droits politiques, conformément aux lois. »

Source : Reichsbürgergesetz, Nuremberg, 15 septembre 1935, Reichsgesetzblatt 1935, partie I, n° 100, p. 1146, texte allemand sur de.wikisource.org, consulté le 29 septembre 2026. Traduit de l'allemand par Capcess.

Reichsbürgergesetz : l'une des deux lois de Nuremberg, votées par le Reichstag lors du congrès du parti nazi à Nuremberg. Le Reichstag est alors composé de députés nazis.

  1. 1.

    Le régime qui adopte ces deux lois est-il démocratique ? Justifiez en relevant, dans chaque document, un extrait qui le montre.

  2. 2.

    Définissez le concept de totalitarisme et relevez deux caractéristiques d'un régime totalitaire présentes dans ces documents.

Correction

  1. Question 1

    Non, le régime n'est pas démocratique. Document 1 : « le Parti national-socialiste [...] est le seul parti politique » : il n'y a plus de pluralisme et l'opposition est punie de prison ou de réclusion, alors qu'une démocratie garantit la liberté de former des partis et de s'opposer. Document 2 : seul le citoyen « de sang allemand ou apparenté » a la plénitude des droits politiques : l'égalité des citoyens devant la loi et le droit de vote pour tous, principes d'une démocratie, sont supprimés.

  2. Question 2

    Le totalitarisme est un système où un parti unique et son chef contrôlent toute la société, imposent une idéologie et éliminent toute opposition, au besoin par la propagande et la terreur. Dans les documents : le parti unique (document 1, avec la répression de toute autre organisation) et l'idéologie raciste imposée par la loi, qui fait de la « pureté du sang » le critère des droits (document 2).

  3. Date et contexte

    La loi sur les partis date du 14 juillet 1933, six mois après la nomination d'Hitler comme chancelier (30 janvier 1933). La loi de Nuremberg date du 15 septembre 1935 : elle retire les droits politiques aux Juifs allemands.

Régime non démocratique : parti unique et opposition punie ; droits politiques réservés selon le sang. Totalitarisme : parti unique et idéologie raciste imposée.

Barème de cet exercice

  • 1 : Réponse claire : le régime n'est pas démocratique (1 point)
  • 1 : Un extrait du document 1 cité et expliqué (parti unique, pluralisme supprimé) (2.5 points)
  • 1 : Un extrait du document 2 cité et expliqué (droits politiques selon le sang, inégalité) (2.5 points)
  • 2 : Définition exacte du totalitarisme (2 points)
  • 2 : Deux caractéristiques relevées et justifiées avec les documents (4 points)

Exercice 8

Critique des documents. L'invasion de la Belgique en août 1914.

Problématique : Comment l'Allemagne a-t-elle justifié, en août 1914, la violation de la neutralité de la Belgique ?

Question 1. Pour chacun des documents 1, 2, 3 et 4, dites s'il est pertinent pour répondre à la problématique (oui ou non) et justifiez ; s'il ne l'est pas, expliquez pourquoi. (10 points)
Question 2. Pour chacun des documents 5 et 6, donnez deux raisons de lui faire confiance et deux raisons de vous en méfier. (8 points)

Ce que le correcteur regarde.
- Pertinence : un verdict clair pour chaque document, puis une justification qui confronte le contenu du document au thème, au lieu et à l'époque de la problématique. Un titre d'ouvrage ne tient pas lieu de thème, et la date où un document est produit n'est pas toujours celle des faits dont il parle.
- Fiabilité : pour chaque document demandé, des raisons correctes et justifiées avec des éléments du dossier.

Document 1 – Réponse du gouvernement belge à l'ultimatum allemand

« Par sa note du 2 août 1914, le Gouvernement allemand a fait connaître que d'après des nouvelles sûres les forces françaises auraient l'intention de marcher sur la Meuse par Givet et Namur, et que la Belgique, malgré sa meilleure volonté, ne serait pas en état de repousser sans secours une marche en avant des troupes françaises. Le Gouvernement allemand s'estimerait dans l'obligation de prévenir cette attaque et de violer le territoire belge. Dans ces conditions, l'Allemagne propose au Gouvernement du Roi de prendre vis-à-vis d'elle une attitude amicale et s'engage au moment de la paix à garantir l'intégrité du Royaume et de ses possessions dans toute leur étendue. La note ajoute que si la Belgique fait des difficultés à la marche en avant des troupes allemandes, l'Allemagne sera obligée de la considérer comme ennemie et de laisser le règlement ultérieur des deux États l'un vis-à-vis de l'autre à la décision des armes. Cette note a provoqué chez le Gouvernement du Roi un profond et douloureux étonnement. Les intentions qu'elle attribue à la France sont en contradiction avec les déclarations formelles qui nous ont été faites le 1er août, au nom du Gouvernement de la République. D'ailleurs, si contrairement à notre attente une violation de la neutralité belge venait à être commise par la France, la Belgique remplirait tous ses devoirs internationaux et opposerait à l'envahisseur la plus vigoureuse résistance. Les traités de 1839 confirmés par les traités de 1870 consacrent l'indépendance et la neutralité de la Belgique sous la garantie des Puissances et notamment du Gouvernement de Sa Majesté le Roi de Prusse. La Belgique a toujours été fidèle à ses obligations internationales; elle a accompli ses devoirs dans un esprit de loyale impartialité; elle n'a négligé aucun effort pour maintenir ou faire respecter sa neutralité. L'atteinte à son indépendance dont la menace le Gouvernement allemand constituerait une flagrante violation du droit des gens. Aucun intérêt stratégique ne justifie la violation du droit. Le Gouvernement belge, en acceptant les propositions qui lui sont notifiées, sacrifierait l'honneur de la nation en même temps qu'il trahirait ses devoirs vis-à-vis de l'Europe. Conscient du rôle que la Belgique joue depuis plus de 80 ans dans la civilisation du monde, il se refuse à croire que l'indépendance de la Belgique ne puisse être conservée qu'au prix de la violation de sa neutralité. Si cet espoir était déçu, le Gouvernement belge est fermement décidé à repousser par tous les moyens en son pouvoir toute atteinte à son droit. »

Source : Note du gouvernement belge remise à la légation d'Allemagne à Bruxelles, le 3 août 1914 à sept heures du matin, texte publié par la Fédération Wallonie-Bruxelles sur le site commemorer14-18.be, consulté le 29 septembre 2026.

Ultimatum allemand : note remise au gouvernement belge le 2 août 1914 à 19 h 30, qui exige le libre passage des troupes allemandes en Belgique et laisse douze heures pour répondre.


Document 2 – Extrait d'un manuel d'histoire

Depuis 1905, l'état-major allemand prévoit, en cas de guerre sur deux fronts contre la France et la Russie, de battre d'abord la France en quelques semaines en contournant ses fortifications de la frontière par le territoire belge (plan Schlieffen), puis de se retourner contre la Russie.

Source : Texte rédigé par Capcess pour cet exercice (document fictif), 2026.


Document 3 – Traité de Versailles (1919), article 231

« Art. 231. Les Gouvernements alliés et associés déclarent et l’Allemagne reconnaît que l’Allemagne et ses alliés sont responsables, pour les avoir causés, de toutes les pertes et de tous les dommages subis par les Gouvernements aidés et associés et leurs nationaux en conséquence de la guerre, qui leur a été imposée par l’agression de l’Allemagne et de ses alliés. »

Source : Traité de Versailles, signé le 28 juin 1919, partie VIII (Réparations), Berger-Levrault, 1920, p. 130, texte sur fr.wikisource.org, consulté le 29 septembre 2026.

Traité de Versailles : traité de paix signé le 28 juin 1919 entre l'Allemagne et les puissances alliées et associées, dont la Belgique.


Document 4 – Caricature : « Bravo, Belgium ! »

Description du dessin (les images ne sont pas reproduites ; la description ci-dessous a été rédigée par Capcess). Sur un chemin de campagne, un garçon en blouse, coiffé d'une casquette marquée « BELGIUM », se tient debout devant une barrière en bois sur laquelle est écrit « NO THOROUGHFARE » (« passage interdit »). Il tient un bâton mince et regarde son adversaire d'un air décidé. En face de lui, un homme beaucoup plus grand et plus large, barbu, pipe à la bouche, coiffé d'une casquette marquée « GERMANY », lève un énorme gourdin. Des saucisses pendent de sa poche. Légende : « Bravo, Belgium ! »

Source : F. H. Townsend, dessin publié dans Punch, or the London Charivari, 12 août 1914, p. 143, image de la British Library sur commons.wikimedia.org, consulté le 29 septembre 2026.

Punch : hebdomadaire humoristique britannique, célèbre pour ses caricatures politiques. Frederick Henry Townsend (1868-1920) : dessinateur britannique, il travaille pour Punch. Le Royaume-Uni déclare la guerre à l'Allemagne le 4 août 1914, en réponse à l'invasion de la Belgique.


Document 5 – Le chancelier allemand devant le Reichstag (extrait)

« Messieurs, nous sommes maintenant en état de légitime défense, et nécessité ne connaît pas de loi ! Nos troupes ont occupé le Luxembourg et sont peut-être déjà entrées en territoire belge. Cela est contraire au droit des gens. […] L'injustice, je parle franchement, l'injustice que nous commettons ainsi, nous chercherons à la réparer dès que notre but militaire sera atteint. »

Source : Theobald von Bethmann Hollweg, discours au Reichstag, Berlin, 4 août 1914, d'après le compte rendu des débats (texte allemand confronté à sa traduction anglaise sur en.wikiquote.org, consulté le 29 septembre 2026). Traduit de l'allemand par Capcess.

Theobald von Bethmann Hollweg (1856-1921) : chancelier de l'Empire allemand de 1909 à 1917, chef du gouvernement en août 1914. Reichstag : Parlement de l'Empire allemand.


Document 6 – Appel « Aux nations civilisées » (extrait)

« Il n'est pas vrai que nous ayons violé criminellement la neutralité de la Belgique. Il est prouvé que la France et l'Angleterre étaient décidées à la violer. Il est prouvé que la Belgique y consentait. Ne pas les devancer aurait été un suicide. »

Source : Aufruf an die Kulturwelt (« Appel au monde civilisé »), texte signé par quatre-vingt-treize savants, artistes et écrivains allemands, publié le 4 octobre 1914, texte allemand sur germanhistorydocs.org (German History in Documents and Images), consulté le 29 septembre 2026. Traduit de l'allemand par Capcess.

Le texte est rédigé par le philologue Ulrich von Wilamowitz-Moellendorff (1848-1931) et signé par des scientifiques, des écrivains et des artistes allemands renommés. Il répond aux accusations d'atrocités commises par l'armée allemande en Belgique en août 1914 (civils fusillés, incendie de Louvain).

  1. Question 1. Pertinence des documents 1, 2, 3 et 4. (10 points)

    1.a.

    Le document 1 est-il pertinent ? Si non, pourquoi ?

  2. 1.b.

    Le document 2 est-il pertinent ? Si non, pourquoi ?

  3. 1.c.

    Le document 3 est-il pertinent ? Si non, pourquoi ?

  4. 1.d.

    Le document 4 est-il pertinent ? Si non, pourquoi ?

  5. Question 2. Fiabilité des documents 5 et 6. (8 points)

    2.a.

    Document 5 : deux raisons de lui faire confiance.

  6. 2.b.

    Document 5 : deux raisons de vous en méfier.

  7. 2.c.

    Document 6 : deux raisons de lui faire confiance.

  8. 2.d.

    Document 6 : deux raisons de vous en méfier.

Correction

  1. Objet de la recherche

    Thème : les arguments allemands pour justifier l'invasion de la Belgique neutre. Lieu : l'Allemagne et la Belgique. Date : août 1914.

  2. 1.a Document 1 : pertinent

    Oui. Le 3 août 1914, le gouvernement belge répond à l'ultimatum allemand du 2 août et en résume le contenu : l'Allemagne prétend savoir que la France veut marcher sur la Meuse et annonce qu'elle violera le territoire belge pour la devancer. Le document donne donc l'argument allemand de l'époque, même s'il est rapporté par le camp adverse.

  3. 1.b Document 2 : pertinent

    Oui. Ce manuel explique pourquoi l'armée allemande a besoin de traverser la Belgique : le plan Schlieffen (1905) prévoit de vaincre la France vite en contournant ses fortifications. C'est le motif militaire que l'Allemagne invoque sous le nom de nécessité. Le document est un travail postérieur, mais il porte sur le thème et sur la même époque.

  4. 1.c Document 3 : non pertinent

    Non. L'article 231 date de 1919 et exprime le jugement des vainqueurs sur la responsabilité de l'Allemagne après la guerre : ce n'est pas la justification que l'Allemagne donne en 1914 (date et thème différents).

  5. 1.d Document 4 : non pertinent

    Non. Cette caricature britannique du 12 août 1914 montre comment la Belgique et l'Allemagne sont perçues au Royaume-Uni ; elle ne présente aucun argument allemand pour justifier l'invasion.

  6. 2. Document 5 (Bethmann Hollweg)

    Raisons de se fier : 1) l'auteur est le chef du gouvernement allemand et il parle le 4 août 1914, jour même de l'entrée des troupes en Belgique : il est acteur direct et contemporain ; 2) il admet que l'invasion est contraire au droit des gens et parle d'une injustice à réparer : un aveu qui va contre son camp est crédible, et il concorde avec le document 1, selon lequel l'Allemagne annonçait qu'elle violerait le territoire belge. Raisons de se méfier : 1) c'est un discours politique, destiné à faire admettre l'invasion par le Reichstag et par l'opinion : il invoque la nécessité pour se justifier ; 2) la promesse de réparer dès que le but militaire sera atteint est conditionnelle, et la Belgique restera occupée jusqu'en 1918.

  7. 2. Document 6 (appel des 93)

    Raisons de se fier : 1) le texte date du 4 octobre 1914, deux mois après les faits, et exprime le point de vue allemand de l'époque ; 2) il est signé par des savants et des artistes réputés et il est largement diffusé : il montre ce que l'on veut faire croire en Allemagne et à l'étranger. Raisons de se méfier : 1) son but est de convaincre les pays neutres (c'est un appel « au monde civilisé ») : c'est de la propagande, et ses signataires ne sont ni diplomates ni témoins des décisions ; 2) il nie toute violation de la neutralité, alors que le chancelier l'a reconnue le 4 août (document 5), et il affirme que la France voulait envahir la Belgique, alors que le gouvernement belge cite les assurances données par la France le 1er août (document 1).

1) pertinents : 1 et 2 ; non pertinents : 3 et 4. 2) documents 5 et 6 : deux raisons de se fier et deux de se méfier chacun.

Barème de cet exercice

  • 1.a : Document 1 : identifié comme pertinent ou non pertinent, sans erreur (1 point)
  • 1.a : Document 1 : justification correcte et complète par le thème, le lieu et la date, en citant le contenu (1.5 points)
  • 1.b : Document 2 : identifié comme pertinent ou non pertinent, sans erreur (1 point)
  • 1.b : Document 2 : justification correcte et complète par le thème, le lieu et la date, en citant le contenu (1.5 points)
  • 1.c : Document 3 : identifié comme pertinent ou non pertinent, sans erreur (1 point)
  • 1.c : Document 3 : justification correcte et complète par le thème, le lieu et la date, en citant le contenu (1.5 points)
  • 1.d : Document 4 : identifié comme pertinent ou non pertinent, sans erreur (1 point)
  • 1.d : Document 4 : justification correcte et complète par le thème, le lieu et la date, en citant le contenu (1.5 points)
  • 2.a : Document 5 : deux raisons de se fier correctes, chacune justifiée par un élément du dossier (2 points)
  • 2.b : Document 5 : deux raisons de se méfier correctes, chacune justifiée par un élément du dossier (2 points)
  • 2.c : Document 6 : deux raisons de se fier correctes, chacune justifiée par un élément du dossier (2 points)
  • 2.d : Document 6 : deux raisons de se méfier correctes, chacune justifiée par un élément du dossier (2 points)

Exercice 9

Synthèse. L'installation de la dictature nazie.

Problématique : Comment et pourquoi Adolf Hitler a-t-il pu instaurer une dictature en Allemagne entre 1930 et 1934 ?

Consigne : rédigez la synthèse qui répond à cette problématique à partir des documents 1 à 6 et de vos connaissances. Votre copie comprend trois parties.
- Une introduction (10 lignes au plus) : elle reprend la problématique et la replace dans son contexte historique grâce à vos connaissances.
- Un développement (15 lignes au plus) d'au moins deux paragraphes : il présente de façon organisée les éléments de réponse que fournissent les documents, chacun situé dans le temps et suivi, entre parenthèses, du numéro du ou des documents dont il provient.
- Une conclusion (10 lignes au plus) : elle répond à la problématique.

Ce que le correcteur regarde.
- Introduction : la problématique est reprise et au moins trois savoirs (événements, notions) l'éclairent.
- Développement : au moins cinq informations exactes venant des documents, chacune rattachée à son document et à un repère de temps, dans un texte bien construit.
- Conclusion : elle répond à la problématique et reste cohérente avec le développement.
- Langue : écriture soignée, lisible, phrases correctes.

Total : 30 points.

Document 1 – Les résultats des élections allemandes, 1928-1933

Élections au Reichstag (part des voix et sièges du parti nazi, le NSDAP)

DateNSDAP (voix)NSDAP (sièges)Sociaux-démocrates (SPD, sièges)Communistes (KPD, sièges)
20 mai 19282,6 %1215354
14 septembre 193018,3 %10714377
31 juillet 193237,3 %23013389
6 novembre 193233,1 %196121100
5 mars 193343,9 %28812081

Source : Tableau réalisé par Capcess d'après les résultats officiels des élections au Reichstag repris par Wikipédia, « Reichstag (Weimar Republic) », consulté le 29 septembre 2026.

Reichstag : Parlement allemand, élu à la proportionnelle. Il compte 491 sièges en 1928, 577 en 1930, 608 en juillet 1932, 584 en novembre 1932 et 647 en mars 1933. La majorité absolue est de plus de la moitié des sièges.


Document 2 – Décret du président du Reich « pour la protection du peuple et de l'État » (extrait)

« Sur la base de l'article 48, alinéa 2, de la Constitution du Reich, il est ordonné ce qui suit, pour repousser des actes de violence communistes dangereux pour l'État. § 1. Les articles 114, 115, 117, 118, 123, 124 et 153 de la Constitution du Reich sont suspendus jusqu'à nouvel ordre. Des restrictions à la liberté personnelle, au droit à la libre expression de l'opinion, y compris la liberté de la presse, au droit d'association et de réunion, des atteintes au secret de la correspondance, de la poste, du télégraphe et du téléphone, des perquisitions et des saisies, ainsi que des restrictions à la propriété sont donc permises, même en dehors des limites légales prévues jusqu'ici. »

Source : Verordnung des Reichspräsidenten zum Schutz von Volk und Staat, Berlin, 28 février 1933, Reichsgesetzblatt 1933, partie I, n° 17, p. 83, texte allemand sur de.wikisource.org, consulté le 29 septembre 2026. Traduit de l'allemand par Capcess.

Le décret est signé le lendemain de l'incendie du Reichstag (27 février 1933) par le président Paul von Hindenburg (1847-1934) et par le chancelier Hitler. L'article 48 de la Constitution de Weimar permet au président de prendre des mesures d'urgence.


Document 3 – Loi « pour remédier à la détresse du peuple et du Reich » (loi des pleins pouvoirs), articles 1 et 2

« Article 1. Les lois du Reich peuvent être décidées par le gouvernement du Reich, en dehors de la procédure prévue par la Constitution du Reich. […] Article 2. Les lois du Reich décidées par le gouvernement du Reich peuvent déroger à la Constitution du Reich, pour autant qu'elles n'ont pas pour objet l'existence même du Reichstag et du Reichsrat. Les droits du président du Reich restent inchangés. »

Source : Gesetz zur Behebung der Not von Volk und Reich, Berlin, 24 mars 1933, Reichsgesetzblatt 1933, partie I, n° 25, p. 141, texte allemand sur de.wikisource.org, consulté le 29 septembre 2026. Traduit de l'allemand par Capcess.

Cette loi est votée par le Reichstag le 23 mars 1933, dans une salle entourée de miliciens nazis, après l'arrestation ou la fuite de députés communistes ; les sociaux-démocrates votent contre. Reichsrat : chambre qui représente les États allemands.


Document 4 – Loi contre la formation de nouveaux partis (extrait)

« § 1. En Allemagne, le Parti national-socialiste des travailleurs allemands est le seul parti politique. § 2. Quiconque entreprend de maintenir la cohésion organisationnelle d'un autre parti politique ou de former un nouveau parti politique est puni de la réclusion jusqu'à trois ans ou de l'emprisonnement de six mois à trois ans, si l'acte n'est pas passible d'une peine plus lourde en vertu d'autres dispositions. »

Source : Gesetz gegen die Neubildung von Parteien, Berlin, 14 juillet 1933, Reichsgesetzblatt 1933, partie I, n° 81, p. 479, texte allemand sur de.wikisource.org, consulté le 29 septembre 2026. Traduit de l'allemand par Capcess.

Reichsgesetzblatt : journal officiel de l'Allemagne, dans lequel les lois sont publiées. La loi est signée par le chancelier Adolf Hitler et par les ministres de l'Intérieur (Frick) et de la Justice (Gürtner).


Document 5 – Loi sur le chef de l'État du Reich

« § 1. La fonction de président du Reich est réunie à celle de chancelier du Reich. En conséquence, les pouvoirs exercés jusqu'ici par le président du Reich passent au Führer et chancelier du Reich, Adolf Hitler. Il désigne son suppléant. § 2. La présente loi entre en vigueur au moment de la mort du président du Reich von Hindenburg. »

Source : Gesetz über das Staatsoberhaupt des Deutschen Reichs, Berlin, 1er août 1934, Reichsgesetzblatt 1934, partie I, n° 89, p. 747, texte allemand sur de.wikisource.org, consulté le 29 septembre 2026. Traduit de l'allemand par Capcess.

Führer : mot allemand pour chef ; il est le titre pris par Hitler. Le président Hindenburg, âgé de 86 ans, meurt le 2 août 1934, le lendemain de la signature de cette loi.


Document 6 – Loi sur la citoyenneté du Reich (extrait)

« § 2. (1) Est citoyen du Reich uniquement le ressortissant de sang allemand ou apparenté, qui prouve par sa conduite qu'il est désireux et apte à servir fidèlement le peuple et le Reich allemands. […] (3) Le citoyen du Reich est le seul détenteur de la plénitude des droits politiques, conformément aux lois. »

Source : Reichsbürgergesetz, Nuremberg, 15 septembre 1935, Reichsgesetzblatt 1935, partie I, n° 100, p. 1146, texte allemand sur de.wikisource.org, consulté le 29 septembre 2026. Traduit de l'allemand par Capcess.

Reichsbürgergesetz : l'une des deux lois de Nuremberg, votées par le Reichstag lors du congrès du parti nazi à Nuremberg. Le Reichstag est alors composé de députés nazis.

Correction

  1. Trier les documents

    Le document 6 (loi de Nuremberg, 1935) n'est pas pertinent : il date de 1935, après la période demandée, et concerne la persécution des Juifs. Les documents 1 à 5 couvrent 1928 à 1934.

  2. Plan

    1) la montée électorale des nazis (document 1) ; 2) la destruction de la démocratie en 1933-1934 (documents 2 à 5).

  3. Copie modèle

    La mise en place de la dictature nazie, Allemagne, 1930-1934.

    Introduction. Après la défaite de 1918, l'Allemagne est une république démocratique, la république de Weimar. Elle est fragilisée par le traité de Versailles, jugé humiliant, et par la crise de 1929, qui fait monter le chômage jusqu'à six millions de personnes en 1932. Adolf Hitler, chef du parti nazi, est nommé chancelier le 30 janvier 1933 par le président Hindenburg. Comment et pourquoi a-t-il pu instaurer une dictature entre 1930 et 1934 ? Nous verrons la montée électorale du parti nazi, puis la destruction de la démocratie.

    Développement. Le parti nazi profite de la crise : il passe de 2,6 % des voix en 1928 à 18,3 % en 1930, puis à 37,3 % et 230 sièges en juillet 1932, mais il n'obtient jamais la majorité absolue, même avec 43,9 % en mars 1933 (document 1).
    Une fois au pouvoir, Hitler détruit la démocratie en quelques mois. Le décret du 28 février 1933, pris au lendemain de l'incendie du Reichstag, suspend la liberté de la presse, de réunion et d'association et le secret de la correspondance (document 2). La loi du 24 mars 1933 permet au gouvernement de faire des lois sans le Reichstag, même contraires à la Constitution (document 3). Le 14 juillet 1933, le parti nazi devient le seul parti autorisé (document 4). Enfin, à la mort de Hindenburg, le 2 août 1934, Hitler réunit les fonctions de président et de chancelier et devient le Führer (document 5).

    Conclusion. En dix-huit mois, Hitler passe d'un chancelier nommé légalement à un dictateur : grâce à la crise et aux élections, puis par des décrets et des lois qui suppriment les libertés, l'opposition et la séparation des pouvoirs. La démocratie de Weimar est détruite par des moyens en apparence légaux, ce qui ouvre la voie au régime totalitaire, à la persécution des Juifs et à la guerre.

  4. Barème

    Introduction : au moins trois savoirs (république de Weimar, traité de Versailles, crise de 1929 et chômage, nomination du 30 janvier 1933), question rappelée. Développement : au moins cinq éléments des documents avec leur numéro et leur date. Conclusion : réponse à la question, ouverture. Barème : le jury central publie les critères de sa synthèse (introduction, développement, conclusion, langue) mais pas leur répartition ; les points ci-dessous sont ceux de Capcess, calqués sur la grille de l'épreuve externe du CESS d'histoire 2022 (20, 60, 15 et 5 points sur 100) ramenée à 30.

Hitler profite de la crise pour progresser aux élections, puis détruit la démocratie par des décrets et des lois (1933-1934).

Barème de cet exercice

  • Introduction : la problématique est rappelée (2 points)
  • Introduction : au moins trois éléments de savoirs contextuels ou conceptuels exacts et pertinents (3 points)
  • Introduction : phrase d'amorce et annonce du plan (1 point)
  • Développement : au moins cinq éléments de réponse exacts tirés des documents (2 points chacun) (10 points)
  • Développement : le ou les documents d'où vient chaque élément sont cités entre parenthèses (3 points)
  • Développement : les éléments sont situés dans le temps (repères de temps exacts) (2 points)
  • Développement : au moins deux paragraphes, une idée principale par paragraphe, sans résumé des documents ni passage recopié (3 points)
  • Conclusion : elle répond à la problématique avec les éléments essentiels du développement (3 points)
  • Conclusion : elle est cohérente avec le développement (rien de nouveau) et peut ouvrir sur un prolongement (1.5 points)
  • Langue : soin, lisibilité, syntaxe (1.5 points)

Programme et consignes

Les consignes dépendent du cycle. Vérifie celles de ton inscription ; les exemples officiels ne couvrent pas tout le programme.