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Le monde et l'impérialisme des pays industrialisés

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À revoir avant : Industrialisation et capitalisme, Mouvements libéraux et nationaux au XIXe siècle.

Ressources par notion

Fiche de révision

  • Métropole : État qui exerce une domination coloniale.
  • Coercition : Contrainte imposée par la force ou la menace.
  • Propagande coloniale : Communication destinée à justifier ou valoriser la domination.
  • Repère 1 : 1882 : Triple Alliance (Allemagne, Autriche-Hongrie, Italie) ; 1907 : Triple Entente (France, Royaume-Uni, Russie)
  • Repère 2 : pangermanisme : volonté de réunir les peuples de langue allemande ; panslavisme : volonté d'unir les Slaves autour de la Russie
  • Repère 3 : 28 juin 1914 : attentat de Sarajevo

Impérialisme colonial et Congo

L’impérialisme désigne une politique d’expansion et de domination au-delà des frontières. La colonisation impose un contrôle sur un territoire et sa population. Les motivations combinent intérêts économiques, rivalités politiques et justifications idéologiques, notamment des discours de hiérarchie raciale ou de mission civilisatrice.

La conférence de Berlin de 1884-1885 participe à l’organisation de la compétition coloniale européenne ; elle ne découpe pas à elle seule toute l’Afrique. L’État indépendant du Congo, de 1885 à 1908, a Léopold II pour souverain. En 1908, le Congo devient une colonie de l’État belge. Distinguer ces deux autorités permet de situer un document et les responsabilités.

L’exploitation des ressources s’appuie sur des rapports de pouvoir et des formes de coercition, dont le travail forcé et les violences. Les infrastructures peuvent servir prioritairement l’extraction et l’exportation. Une affiche vantant les réalisations coloniales doit donc être confrontée aux conditions de travail, aux destinataires des bénéfices et aux voix des populations dominées.

À retenir

Métropole

État qui exerce une domination coloniale.

Coercition

Contrainte imposée par la force ou la menace.

Propagande coloniale

Communication destinée à justifier ou valoriser la domination.

Méthode

  1. Date le document et identifie l’autorité coloniale.
  2. Repère objectifs économiques et discours de justification.
  3. Examine les moyens de domination et les bénéficiaires.
  4. Confronte le discours aux sources sur les pratiques.

Exemple expliqué

Dossier fictif : une brochure de 1905 vante l’exportation du caoutchouc depuis le Congo ; un témoignage décrit des récoltes imposées sous menace. Que peut-on en déduire ?

  1. 1905 appartient à la période de l’État indépendant du Congo.

  2. La brochure valorise un résultat commercial sans décrire ses conditions.

  3. Le témoignage signale une contrainte qu’il faut situer et recouper.

L’exportation présentée comme une réussite peut reposer sur une coercition occultée par la brochure. L’autorité de la période est celle de l’État indépendant du Congo, sous Léopold II.

Points à surveiller

  • Appeler tout document antérieur à 1908 document du Congo belge.
  • Prendre le discours civilisateur pour une description neutre.

Rivalités impérialistes et nationalismes avant 1914

Entre 1870 et 1914, les rivalités coloniales (Fachoda, crises marocaines) et les nationalismes tendent les relations en Europe. Deux blocs d'alliances se forment : Triple Alliance et Triple Entente. Pangermanisme et panslavisme s'affrontent dans les Balkans. L'assassinat de l'archiduc François-Ferdinand à Sarajevo, le 28 juin 1914, déclenche l'engrenage des alliances.

À retenir

Repère 1

1882 : Triple Alliance (Allemagne, Autriche-Hongrie, Italie) ; 1907 : Triple Entente (France, Royaume-Uni, Russie)

Repère 2

pangermanisme : volonté de réunir les peuples de langue allemande ; panslavisme : volonté d'unir les Slaves autour de la Russie

Repère 3

28 juin 1914 : attentat de Sarajevo

Méthode

  1. Deux blocs qui transforment un conflit local en guerre européenne.
  2. Déclin ottoman, nationalismes slaves, rivalité entre l'Autriche-Hongrie et la Russie.
  3. Distinguer causes profondes (rivalités, nationalismes, course aux armements) et élément déclencheur.

Exemple expliqué

Ligne du temps : de Sarajevo à l'invasion de la Belgique.

Consigne : répondez aux questions à l'aide de vos connaissances. Cinq événements de l'été 1914 sont donnés dans le désordre.

Événements

A. L'Allemagne déclare la guerre à la France.

B. L'Autriche-Hongrie remet un ultimatum à la Serbie.

C. L'archiduc François-Ferdinand est assassiné à Sarajevo.

D. Les troupes allemandes entrent en Belgique.

E. L'Autriche-Hongrie déclare la guerre à la Serbie.

  1. Question 1. Ordre chronologique : C (assassinat de Sarajevo, 28 juin), B (ultimatum à la Serbie, 23 juillet), E (l'Autriche-Hongrie déclare la guerre à la Serbie, 28 juillet), A (l'Allemagne déclare la guerre à la France, 3 août), D (les troupes allemandes entrent en Belgique, 4 août). Réponse : C, B, E, A, D.

  2. Question 2. Du 23 juillet au 28 juillet, il y a 28 - 23 = 5 jours.

  3. Question 3. Du 28 juin au 4 août : 2 jours restent en juin (du 28 au 30), 31 jours en juillet et 4 jours en août, soit 2 + 31 + 4 = 37 jours.

  4. Question 4. Sur une échelle de 1 cm pour 5 jours, la ligne du temps mesure 37 / 5 = 7,4 cm. Le 28 juin est à 0 cm, le 23 juillet à 25 / 5 = 5,0 cm, le 28 juillet à 30 / 5 = 6,0 cm, le 3 août à 36 / 5 = 7,2 cm et le 4 août à 7,4 cm. Le titre complet dit le thème, l'espace et l'époque : La crise de juillet 1914, Europe, du 28 juin au 4 août 1914. L'axe est orienté, gradué tous les 5 jours ; chaque événement porte sa date.

1. C, B, E, A, D. 2. 5 jours. 3. 37 jours. 4. Ligne du temps de 7,4 cm, échelle 1 cm pour 5 jours.

Exercice 1

Ressources : questions de connaissances.

Consigne : répondez aux questions ci-dessous en vous aidant du document et de vos connaissances.

1 - L'impérialisme colonial : le Congo.

Document 1 – Loi sur le gouvernement du Congo belge, dite Charte coloniale (1908), article 5

« Art. 5.– Le gouverneur général veille à la conservation des populations indigènes et à l’amélioration de leurs conditions morales et matérielles d’existence. Il favorise l’expansion de la liberté individuelle, l’abandon progressif de la polygamie et le développement de la propriété. Il protège et favorise, sans distinction de nationalité ni de cultes, toutes les institutions et entreprises religieuses, scientifiques ou charitables, créées et organisées à ces fins ou tendant à instruire les indigènes et à leur faire comprendre et apprécier les avantages de la civilisation. »

Source : Loi sur le gouvernement du Congo belge du 18 octobre 1908, Bulletin officiel du Congo belge, 1908, p. 65, article 5, texte publié dans Les constitutions de la RDC de 1908 à 2011 (presidence.cd), consulté le 29 septembre 2026.

Charte coloniale : loi belge qui organise le gouvernement du Congo après sa reprise par la Belgique (le Congo belge existe à partir du 15 novembre 1908). Le gouverneur général est le représentant du roi et du gouvernement belge au Congo.

  1. 1.

    En quelle année le Congo devient-il une colonie belge ?

  2. 2.

    Avant 1908, qui est le souverain de l'État indépendant du Congo ?

  3. 3.

    Comment appelle-t-on la loi de 1908 qui organise le gouvernement du Congo belge ?

  4. 4.

    Relevez dans le document deux expressions qui présentent la colonisation comme une mission civilisatrice.

  5. 5.

    Définissez le concept de colonisation.

Correction

  1. Question 1

    Le Congo devient une colonie belge en 1908 : la loi du 18 octobre 1908 organise son gouvernement et le Congo belge existe à partir du 15 novembre 1908.

  2. Question 2

    Avant 1908, le souverain de l'État indépendant du Congo est le roi des Belges Léopold II, à titre personnel.

  3. Question 3

    La loi de 1908 s'appelle la Charte coloniale.

  4. Question 4

    Deux expressions parmi : « la conservation des populations indigènes » ; « l'amélioration de leurs conditions morales et matérielles d'existence » ; « instruire les indigènes et leur faire comprendre et apprécier les avantages de la civilisation ».

  5. Question 5

    La colonisation est l'occupation, l'administration et l'exploitation d'un territoire et de sa population par une puissance étrangère, qui y installe sa domination politique, économique et culturelle.

1. 1908 ; 2. Léopold II ; 3. la Charte coloniale ; 4. conservation et amélioration des conditions d'existence, instruire et faire apprécier la civilisation ; 5. domination et exploitation d'un territoire par une puissance étrangère.

Exercice 2

Ressources : questions de connaissances.

Consigne : répondez aux questions ci-dessous en vous aidant du document et de vos connaissances.

2 - Le choc des impérialismes et des nationalismes en Europe.

Document 1 – Les alliances en Europe avant 1914

AllianceDateMembres
Triple Alliance1882Allemagne, Autriche-Hongrie, Italie
Alliance franco-russeconvention militaire du 17 août 1892, alliance du 27 décembre 1893France, Russie
Entente cordiale8 avril 1904France, Royaume-Uni
Accord anglo-russe1907Royaume-Uni, Russie

Ces accords forment deux blocs en 1914 : la Triple Alliance et la Triple Entente (France, Royaume-Uni, Russie). L'Italie déclare sa neutralité en août 1914.

Source : Tableau réalisé par Capcess d'après Wikipédia, « Triple-Entente » et « Triplice », consulté le 29 septembre 2026.

Une alliance est un traité par lequel des États s'engagent à s'entraider. Une entente est un accord moins contraignant qu'une alliance militaire.

  1. 1.

    Quels États forment la Triple Alliance ?

  2. 2.

    Comment appelle-t-on le bloc formé par la France, le Royaume-Uni et la Russie ?

  3. 3.

    Quel membre de la Triple Alliance déclare sa neutralité en août 1914 ?

  4. 4.

    Quel événement du 28 juin 1914 déclenche la crise ?

  5. 5.

    Expliquez comment le système des alliances transforme un conflit entre deux États en guerre européenne.

Correction

  1. Question 1

    La Triple Alliance réunit l'Allemagne, l'Autriche-Hongrie et l'Italie (1882).

  2. Question 2

    Le bloc formé par la France, le Royaume-Uni et la Russie est la Triple Entente.

  3. Question 3

    L'Italie, membre de la Triple Alliance, déclare sa neutralité en août 1914, parce que l'alliance est défensive.

  4. Question 4

    Le 28 juin 1914, l'archiduc François-Ferdinand, héritier du trône d'Autriche-Hongrie, est assassiné à Sarajevo.

  5. Question 5

    Chaque bloc s'est engagé à soutenir ses alliés. L'Autriche-Hongrie attaque la Serbie ; la Russie soutient la Serbie ; l'Allemagne soutient l'Autriche-Hongrie et déclare la guerre à la Russie puis à la France, alliée de la Russie ; le Royaume-Uni entre en guerre à son tour. Un conflit balkanique devient une guerre européenne, comme une chaîne de dominos.

1. Allemagne, Autriche-Hongrie, Italie ; 2. Triple Entente ; 3. l'Italie ; 4. assassinat de François-Ferdinand à Sarajevo ; 5. les alliances entraînent un pays après l'autre.

Exercice 3

Critique des documents : comparaisons. Le Congo, de 1885 à 1908.

Problématique : Comment la mission civilisatrice a-t-elle été proclamée, puis appliquée au Congo entre 1885 et 1908 ?

Question 1. Comparez les documents 1 et 2 : relevez deux expressions presque identiques et dites ce que cette ressemblance montre. (3 points)
Question 2. Comparez le document 2 avec le document 3 : quelle raison de vous méfier du document 2 cette comparaison fournit-elle ? Justifiez avec des éléments précis des deux documents. (3 points)

Document 1 – Acte général de la conférence de Berlin (1885), article 6 (extrait)

« Toutes les Puissances exerçant des droits de souveraineté ou une influence dans lesdits territoires s’engagent à veiller à la conservation des populations indigènes et à l’amélioration de leurs conditions morales et matérielles d’existence et à concourir à la suppression de l’esclavage et surtout de la traite des noirs ; elles protégeront et favoriseront, sans distinction de nationalités ni de cultes, toutes les institutions, et entreprises religieuses, scientifiques ou charitables créées et organisées à ces fins ou tendant à instruire les indigènes et à leur faire comprendre et apprécier les avantages de la civilisation. »

Source : Acte général de la conférence africaine signé à Berlin le 26 février 1885, chapitre I, article 6, dans Afrique. Arrangements, actes et conventions concernant le nord, l'ouest et le centre de l'Afrique (1881-1898), texte sur fr.wikisource.org, consulté le 29 septembre 2026.

Conférence de Berlin (15 novembre 1884 - 26 février 1885) : réunion de quatorze États d'Europe et d'Amérique du Nord, organisée par l'Allemagne et la France, qui fixe des règles pour le commerce et l'occupation de l'Afrique centrale. Le texte cité concerne le bassin du Congo et ses environs.


Document 2 – Loi sur le gouvernement du Congo belge, dite Charte coloniale (1908), article 5

« Art. 5.– Le gouverneur général veille à la conservation des populations indigènes et à l’amélioration de leurs conditions morales et matérielles d’existence. Il favorise l’expansion de la liberté individuelle, l’abandon progressif de la polygamie et le développement de la propriété. Il protège et favorise, sans distinction de nationalité ni de cultes, toutes les institutions et entreprises religieuses, scientifiques ou charitables, créées et organisées à ces fins ou tendant à instruire les indigènes et à leur faire comprendre et apprécier les avantages de la civilisation. »

Source : Loi sur le gouvernement du Congo belge du 18 octobre 1908, Bulletin officiel du Congo belge, 1908, p. 65, article 5, texte publié dans Les constitutions de la RDC de 1908 à 2011 (presidence.cd), consulté le 29 septembre 2026.

Charte coloniale : loi belge qui organise le gouvernement du Congo après sa reprise par la Belgique (le Congo belge existe à partir du 15 novembre 1908). Le gouverneur général est le représentant du roi et du gouvernement belge au Congo.


Document 3 – Extrait d'un manuel d'histoire : le Congo de 1885 à 1908

De 1885 à 1908, le Congo est un État, l'État indépendant du Congo, dont le roi des Belges Léopold II est le souverain à titre personnel : la Belgique n'en est pas propriétaire. À partir des années 1890, l'État et des sociétés concessionnaires exigent de la population des quantités fixées de caoutchouc et d'ivoire, sous la menace de violences. Le rapport du consul britannique Roger Casement, remis en décembre 1903, et des campagnes de presse dénoncent ces abus ; le débat s'ouvre à la Chambre belge en 1905. Sous la pression de l'opinion, la Belgique reprend le Congo : la loi du 18 octobre 1908 organise le gouvernement de la colonie, qui devient le Congo belge le 15 novembre 1908.

Source : Texte rédigé par Capcess pour cet exercice (document fictif), 2026, d'après Wikipédia, « État indépendant du Congo » et « Roger Casement », consulté le 29 septembre 2026.

  1. Question 1. Comparaison des documents 1 et 2. (3 points)

    1.

    Comparez les documents 1 et 2 : relevez deux expressions presque identiques et dites ce que cette ressemblance montre.

  2. Question 2. Comparaison des documents 2 et 3. (3 points)

    2.

    Comparez le document 2 avec le document 3 : quelle raison de vous méfier du document 2 cette comparaison fournit-elle ?

Correction

  1. Question 1

    Le document 1 (acte de Berlin, 1885) et le document 2 (Charte coloniale, 1908) utilisent presque les mêmes mots : « veiller à la conservation des populations indigènes », « l'amélioration de leurs conditions morales et matérielles d'existence », et « instruire les indigènes et leur faire comprendre et apprécier les avantages de la civilisation ». La Belgique reprend en 1908 le discours de mission civilisatrice tenu par les puissances à Berlin en 1885, vingt-trois ans plus tôt.

  2. Question 2

    Le document 2 promet de veiller aux populations et d'améliorer leurs conditions d'existence. Mais le document 3 rappelle que de 1885 à 1908, alors que la même promesse existait depuis l'acte de Berlin, le Congo était exploité : quotas de caoutchouc et d'ivoire exigés de la population sous la menace de violences, abus dénoncés en 1903-1904 par le rapport Casement. On peut donc se méfier du document 2 : une loi exprime une intention, pas ce qui se passe sur le terrain, et la même formule avait déjà été proclamée sans empêcher les abus.

Les deux textes reprennent les mêmes formules de mission civilisatrice ; la promesse de 1885 n'a pas empêché les abus, donc une loi ne prouve pas la pratique.

Barème de cet exercice

  • 1 : Deux expressions presque identiques relevées avec précision dans les documents 1 et 2 (1.5 points)
  • 1 : Ce que montre la ressemblance : la Belgique reprend en 1908 le discours de mission civilisatrice de 1885 (1.5 points)
  • 2 : Élément précis du document 2 cité (promesse de veiller aux populations, d'améliorer leurs conditions) (1 point)
  • 2 : Élément précis du document 3 cité (quotas, violences, rapport Casement) (1 point)
  • 2 : Raison de se méfier formulée : une loi n'est pas la pratique, la promesse de 1885 a coexisté avec les abus (1 point)

Exercice 4

Ligne du temps : de Sarajevo à l'invasion de la Belgique.

Consigne : répondez aux questions à l'aide de vos connaissances. Cinq événements de l'été 1914 sont donnés dans le désordre.

Événements

A. L'Allemagne déclare la guerre à la France.

B. L'Autriche-Hongrie remet un ultimatum à la Serbie.

C. L'archiduc François-Ferdinand est assassiné à Sarajevo.

D. Les troupes allemandes entrent en Belgique.

E. L'Autriche-Hongrie déclare la guerre à la Serbie.

  1. 1.

    Classez les cinq événements du plus ancien au plus récent.

  2. 2.

    Combien de jours séparent l'ultimatum à la Serbie de la déclaration de guerre de l'Autriche-Hongrie à la Serbie ?

  3. 3.

    Combien de jours séparent l'attentat de Sarajevo de l'entrée des troupes allemandes en Belgique ?

  4. 4.

    Réalisez sur votre copie une ligne du temps du 28 juin au 4 août 1914, à l'échelle de 1 cm pour 5 jours, avec les cinq événements et leur date. Ajoutez un titre complet (thème, espace, époque). (6 points)

Correction

  1. Question 1

    Ordre chronologique : C (assassinat de Sarajevo, 28 juin), B (ultimatum à la Serbie, 23 juillet), E (l'Autriche-Hongrie déclare la guerre à la Serbie, 28 juillet), A (l'Allemagne déclare la guerre à la France, 3 août), D (les troupes allemandes entrent en Belgique, 4 août). Réponse : C, B, E, A, D.

  2. Question 2

    Du 23 juillet au 28 juillet, il y a 28 - 23 = 5 jours.

  3. Question 3

    Du 28 juin au 4 août : 2 jours restent en juin (du 28 au 30), 31 jours en juillet et 4 jours en août, soit 2 + 31 + 4 = 37 jours.

  4. Question 4

    Sur une échelle de 1 cm pour 5 jours, la ligne du temps mesure 37 / 5 = 7,4 cm. Le 28 juin est à 0 cm, le 23 juillet à 25 / 5 = 5,0 cm, le 28 juillet à 30 / 5 = 6,0 cm, le 3 août à 36 / 5 = 7,2 cm et le 4 août à 7,4 cm. Le titre complet dit le thème, l'espace et l'époque : La crise de juillet 1914, Europe, du 28 juin au 4 août 1914. L'axe est orienté, gradué tous les 5 jours ; chaque événement porte sa date.

1. C, B, E, A, D. 2. 5 jours. 3. 37 jours. 4. Ligne du temps de 7,4 cm, échelle 1 cm pour 5 jours.

Barème de cet exercice

  • 1 : Ordre chronologique exact : C, B, E, A, D (2 points)
  • 2 : Durée exacte : 5 jours (1 point)
  • 3 : Durée exacte : 37 jours (2 + 31 + 4) (1 point)
  • 4 : Titre complet : thème, espace, époque (1 point)
  • 4 : Axe orienté et échelle exacte (1 cm pour 5 jours, 7,4 cm en tout) (2 points)
  • 4 : Les cinq événements placés au bon endroit (0 ; 5,0 ; 6,0 ; 7,2 ; 7,4 cm) avec leur date (3 points)

Exercice 5

Critique des documents. La crise de juillet 1914.

Problématique : Pourquoi la crise ouverte par l'assassinat de Sarajevo s'est-elle transformée en guerre européenne en août 1914 ?

Question 1. Pour chacun des documents 1, 2, 3 et 4, dites s'il est pertinent pour répondre à la problématique (oui ou non) et justifiez ; s'il ne l'est pas, expliquez pourquoi. (10 points)
Question 2. Pour chacun des documents 5 et 6, donnez deux raisons de lui faire confiance et deux raisons de vous en méfier. (8 points)

Ce que le correcteur regarde.
- Pertinence : un verdict clair pour chaque document, puis une justification qui confronte le contenu du document au thème, au lieu et à l'époque de la problématique. Un titre d'ouvrage ne tient pas lieu de thème, et la date où un document est produit n'est pas toujours celle des faits dont il parle.
- Fiabilité : pour chaque document demandé, des raisons correctes et justifiées avec des éléments du dossier.

Document 1 – La note de l'Autriche-Hongrie à la Serbie, dite ultimatum du 23 juillet 1914 (extraits)

« Le Gouvernement royal serbe, loin de satisfaire aux engagements formels contenus dans la déclaration du 31 mars 1909, n'a rien fait pour supprimer ce mouvement. […] 5o À accepter la collaboration en Serbie des organes du Gouvernement impérial et royal visant la suppression du mouvement subversif dirigé contre l'intégrité territoriale de la Monarchie ; […] 6o À ouvrir une enquête judiciaire contre les partisans du complot du 28 juin se trouvant sur le territoire serbe ; des organes délégués par le Gouvernement impérial et royal prendront part aux recherches y relatives ; […] Le Gouvernement impérial et royal attend la réponse du Gouvernement royal au plus tard jusqu'au samedi 25 de ce mois […] »

Source : Texte de la note austro-hongroise remise à Belgrade le 23 juillet 1914, traduit par Gabriel Hanotaux dans son Histoire illustrée de la guerre de 1914, tome 2, reproduit sur fr.wikipedia.org (Ultimatum du 23 juillet 1914), consulté le 29 septembre 2026.

Autriche-Hongrie : empire d'Europe centrale gouverné par l'empereur François-Joseph. L'archiduc François-Ferdinand, héritier du trône, est assassiné à Sarajevo le 28 juin 1914 par un jeune Bosno-Serbe, Gavrilo Princip. Le texte est un ultimatum : une exigence qui ne laisse que quelques jours pour répondre.


Document 2 – Les alliances en Europe avant 1914

AllianceDateMembres
Triple Alliance1882Allemagne, Autriche-Hongrie, Italie
Alliance franco-russeconvention militaire du 17 août 1892, alliance du 27 décembre 1893France, Russie
Entente cordiale8 avril 1904France, Royaume-Uni
Accord anglo-russe1907Royaume-Uni, Russie

Ces accords forment deux blocs en 1914 : la Triple Alliance et la Triple Entente (France, Royaume-Uni, Russie). L'Italie déclare sa neutralité en août 1914.

Source : Tableau réalisé par Capcess d'après Wikipédia, « Triple-Entente » et « Triplice », consulté le 29 septembre 2026.

Une alliance est un traité par lequel des États s'engagent à s'entraider. Une entente est un accord moins contraignant qu'une alliance militaire.


Document 3 – Loi sur le gouvernement du Congo belge, dite Charte coloniale (1908), article 5

« Art. 5.– Le gouverneur général veille à la conservation des populations indigènes et à l’amélioration de leurs conditions morales et matérielles d’existence. Il favorise l’expansion de la liberté individuelle, l’abandon progressif de la polygamie et le développement de la propriété. Il protège et favorise, sans distinction de nationalité ni de cultes, toutes les institutions et entreprises religieuses, scientifiques ou charitables, créées et organisées à ces fins ou tendant à instruire les indigènes et à leur faire comprendre et apprécier les avantages de la civilisation. »

Source : Loi sur le gouvernement du Congo belge du 18 octobre 1908, Bulletin officiel du Congo belge, 1908, p. 65, article 5, texte publié dans Les constitutions de la RDC de 1908 à 2011 (presidence.cd), consulté le 29 septembre 2026.

Charte coloniale : loi belge qui organise le gouvernement du Congo après sa reprise par la Belgique (le Congo belge existe à partir du 15 novembre 1908). Le gouverneur général est le représentant du roi et du gouvernement belge au Congo.


Document 4 – Léon XIII, encyclique Rerum novarum (extraits)

« Ainsi, cette conversion de la propriété privée en propriété collective, préconisée par le socialisme, n'aurait d'autre effet que de rendre la situation des ouvriers plus précaire, en leur retirant la libre disposition de leur salaire et en leur enlevant, par le fait même, tout espoir et toute possibilité d'agrandir leur patrimoine et d'améliorer leur situation. […] L'erreur capitale, dans la question présente, c'est de croire que les deux classes sont ennemies-nées l'une de l'autre […] Au-dessus de leur libre volonté, il est une loi de justice naturelle plus élevée et plus ancienne, à savoir que le salaire ne doit pas être insuffisant à faire subsister l'ouvrier sobre et honnête. […] Il sera donc préférable d'en réserver en principe la solution aux corporations ou syndicats dont Nous parlerons plus loin, ou de recourir à quelque autre moyen de sauvegarder les intérêts des ouvriers et d'en appeler même, en cas de besoin, à la protection et à l'appui de l'Etat. »

Source : Léon XIII, lettre encyclique Rerum novarum sur la condition des ouvriers, Rome, 15 mai 1891, texte français sur vatican.va, consulté le 29 septembre 2026.

Léon XIII (1810-1903) : pape de 1878 à sa mort. Une encyclique est une lettre du pape à tous les évêques et fidèles. Rerum novarum est le premier grand texte de l'Église catholique sur la question sociale.


Document 5 – La réponse de la Serbie, 25 juillet 1914 (extraits)

« 5o Le Gouvernement royal doit avouer qu'il ne se rend pas clairement compte du sens et de la portée de la demande du Gouvernement impérial et royal tendant à obtenir de la Serbie qu'elle s'engage à accepter sur son territoire la collaboration des organes du Gouvernement impérial et royal. Mais il déclare qu'il admettra toute collaboration qui répondrait aux principes du droit international et à la procédure criminelle, ainsi qu'aux bons rapports de voisinage. […] Quant à la participation à cette enquête des agents des autorités austro-hongroises qui seraient délégués à cet effet par le Gouvernement impérial et royal, le Gouvernement royal ne peut pas l'accepter, car ce serait une violation de la Constitution et de la loi sur la procédure criminelle. […] le Gouvernement royal serbe, considérant qu'il est de l'intérêt commun de ne pas précipiter la solution de cette question, est prêt, comme toujours, à accepter une entente pacifique, en remettant cette question soit à la décision du Tribunal international de La Haye, […] »

Source : Texte partiel de la réponse serbe du 25 juillet 1914, traduit par Gabriel Hanotaux dans son Histoire illustrée de la guerre de 1914, tome 2, reproduit sur fr.wikipedia.org (Ultimatum du 23 juillet 1914), consulté le 29 septembre 2026.

Serbie : royaume des Balkans, indépendant depuis 1878. Gabriel Hanotaux (1853-1944) : historien et diplomate français, ancien ministre des Affaires étrangères, auteur de la traduction. Le Tribunal international de La Haye est la Cour permanente d'arbitrage, créée en 1899.


Document 6 – Le chancelier allemand devant le Reichstag (extrait)

« Messieurs, nous sommes maintenant en état de légitime défense, et nécessité ne connaît pas de loi ! Nos troupes ont occupé le Luxembourg et sont peut-être déjà entrées en territoire belge. Cela est contraire au droit des gens. […] L'injustice, je parle franchement, l'injustice que nous commettons ainsi, nous chercherons à la réparer dès que notre but militaire sera atteint. »

Source : Theobald von Bethmann Hollweg, discours au Reichstag, Berlin, 4 août 1914, d'après le compte rendu des débats (texte allemand confronté à sa traduction anglaise sur en.wikiquote.org, consulté le 29 septembre 2026). Traduit de l'allemand par Capcess.

Theobald von Bethmann Hollweg (1856-1921) : chancelier de l'Empire allemand de 1909 à 1917, chef du gouvernement en août 1914. Reichstag : Parlement de l'Empire allemand.

  1. Question 1. Pertinence des documents 1, 2, 3 et 4. (10 points)

    1.a.

    Le document 1 est-il pertinent ? Si non, pourquoi ?

  2. 1.b.

    Le document 2 est-il pertinent ? Si non, pourquoi ?

  3. 1.c.

    Le document 3 est-il pertinent ? Si non, pourquoi ?

  4. 1.d.

    Le document 4 est-il pertinent ? Si non, pourquoi ?

  5. Question 2. Fiabilité des documents 5 et 6. (8 points)

    2.a.

    Document 5 : deux raisons de lui faire confiance.

  6. 2.b.

    Document 5 : deux raisons de vous en méfier.

  7. 2.c.

    Document 6 : deux raisons de lui faire confiance.

  8. 2.d.

    Document 6 : deux raisons de vous en méfier.

Correction

  1. Objet de la recherche

    Thème : les causes de l'extension de la crise de Sarajevo en guerre européenne. Lieu : l'Europe (Balkans, Allemagne, Belgique). Date : de fin juin à début août 1914.

  2. 1.a Document 1 : pertinent

    Oui. L'ultimatum du 23 juillet 1914 est l'étape qui met l'Autriche-Hongrie et la Serbie au bord de la guerre : il exige, entre autres, la participation de ses organes à l'enquête. Il date de la crise et porte sur son thème.

  3. 1.b Document 2 : pertinent

    Oui. Le tableau des alliances explique pourquoi un conflit entre l'Autriche-Hongrie et la Serbie s'étend à toute l'Europe : chaque bloc soutient ses membres. Il porte sur les années précédant 1914 mais éclaire directement le thème.

  4. 1.c Document 3 : non pertinent

    Non. La Charte coloniale date de 1908 et concerne le gouvernement du Congo : l'époque, le lieu et le thème ne correspondent pas à la crise européenne de 1914.

  5. 1.d Document 4 : non pertinent

    Non. Rerum novarum date de 1891 et traite de la condition des ouvriers : rien à voir avec la crise de juillet 1914.

  6. 2. Document 5 (réponse serbe)

    Raisons de se fier : 1) c'est le texte officiel du gouvernement serbe, acteur direct de la crise, daté du 25 juillet 1914, dans les délais de l'ultimatum ; 2) il répond point par point et peut donc être confronté à l'ultimatum (document 1) : il accepte l'essentiel, mais refuse la participation d'agents autrichiens. Raisons de se méfier : 1) le gouvernement serbe défend sa souveraineté : il se présente comme conciliant (entente pacifique, arbitrage de La Haye) pour se donner le beau rôle ; 2) le texte est partiel : ce sont des extraits, choisis, traduits par un historien français.

  7. 2. Document 6 (Bethmann Hollweg)

    Raisons de se fier : 1) le chancelier dirige le gouvernement allemand et parle le jour de l'invasion de la Belgique, le 4 août 1914 ; 2) il admet une violation du droit des gens : un aveu contre son propre camp. Raisons de se méfier : 1) c'est un discours politique, destiné à faire admettre l'invasion au Reichstag : il invoque la nécessité ; 2) sa promesse de réparer l'injustice dès que le but militaire sera atteint est conditionnelle.

1) pertinents : 1 et 2 ; non pertinents : 3 et 4. 2) documents 5 et 6 : deux raisons de se fier et deux de se méfier chacun.

Barème de cet exercice

  • 1.a : Document 1 : identifié comme pertinent ou non pertinent, sans erreur (1 point)
  • 1.a : Document 1 : justification correcte et complète par le thème, le lieu et la date, en citant le contenu (1.5 points)
  • 1.b : Document 2 : identifié comme pertinent ou non pertinent, sans erreur (1 point)
  • 1.b : Document 2 : justification correcte et complète par le thème, le lieu et la date, en citant le contenu (1.5 points)
  • 1.c : Document 3 : identifié comme pertinent ou non pertinent, sans erreur (1 point)
  • 1.c : Document 3 : justification correcte et complète par le thème, le lieu et la date, en citant le contenu (1.5 points)
  • 1.d : Document 4 : identifié comme pertinent ou non pertinent, sans erreur (1 point)
  • 1.d : Document 4 : justification correcte et complète par le thème, le lieu et la date, en citant le contenu (1.5 points)
  • 2.a : Document 5 : deux raisons de se fier correctes, chacune justifiée par un élément du dossier (2 points)
  • 2.b : Document 5 : deux raisons de se méfier correctes, chacune justifiée par un élément du dossier (2 points)
  • 2.c : Document 6 : deux raisons de se fier correctes, chacune justifiée par un élément du dossier (2 points)
  • 2.d : Document 6 : deux raisons de se méfier correctes, chacune justifiée par un élément du dossier (2 points)

Exercice 6

Synthèse. La crise de juillet 1914.

Problématique : Pourquoi et comment l'assassinat de Sarajevo déclenche-t-il, en quelques semaines, une guerre européenne (juin-août 1914) ?

Consigne : rédigez la synthèse qui répond à cette problématique à partir des documents 1 à 6 et de vos connaissances. Votre copie comprend trois parties.
- Une introduction (10 lignes au plus) : elle reprend la problématique et la replace dans son contexte historique grâce à vos connaissances.
- Un développement (15 lignes au plus) d'au moins deux paragraphes : il présente de façon organisée les éléments de réponse que fournissent les documents, chacun situé dans le temps et suivi, entre parenthèses, du numéro du ou des documents dont il provient.
- Une conclusion (10 lignes au plus) : elle répond à la problématique.

Ce que le correcteur regarde.
- Introduction : la problématique est reprise et au moins trois savoirs (événements, notions) l'éclairent.
- Développement : au moins cinq informations exactes venant des documents, chacune rattachée à son document et à un repère de temps, dans un texte bien construit.
- Conclusion : elle répond à la problématique et reste cohérente avec le développement.
- Langue : écriture soignée, lisible, phrases correctes.

Total : 30 points.

Document 1 – Les alliances en Europe avant 1914

AllianceDateMembres
Triple Alliance1882Allemagne, Autriche-Hongrie, Italie
Alliance franco-russeconvention militaire du 17 août 1892, alliance du 27 décembre 1893France, Russie
Entente cordiale8 avril 1904France, Royaume-Uni
Accord anglo-russe1907Royaume-Uni, Russie

Ces accords forment deux blocs en 1914 : la Triple Alliance et la Triple Entente (France, Royaume-Uni, Russie). L'Italie déclare sa neutralité en août 1914.

Source : Tableau réalisé par Capcess d'après Wikipédia, « Triple-Entente » et « Triplice », consulté le 29 septembre 2026.

Une alliance est un traité par lequel des États s'engagent à s'entraider. Une entente est un accord moins contraignant qu'une alliance militaire.


Document 2 – La note de l'Autriche-Hongrie à la Serbie, dite ultimatum du 23 juillet 1914 (extraits)

« Le Gouvernement royal serbe, loin de satisfaire aux engagements formels contenus dans la déclaration du 31 mars 1909, n'a rien fait pour supprimer ce mouvement. […] 5o À accepter la collaboration en Serbie des organes du Gouvernement impérial et royal visant la suppression du mouvement subversif dirigé contre l'intégrité territoriale de la Monarchie ; […] 6o À ouvrir une enquête judiciaire contre les partisans du complot du 28 juin se trouvant sur le territoire serbe ; des organes délégués par le Gouvernement impérial et royal prendront part aux recherches y relatives ; […] Le Gouvernement impérial et royal attend la réponse du Gouvernement royal au plus tard jusqu'au samedi 25 de ce mois […] »

Source : Texte de la note austro-hongroise remise à Belgrade le 23 juillet 1914, traduit par Gabriel Hanotaux dans son Histoire illustrée de la guerre de 1914, tome 2, reproduit sur fr.wikipedia.org (Ultimatum du 23 juillet 1914), consulté le 29 septembre 2026.

Autriche-Hongrie : empire d'Europe centrale gouverné par l'empereur François-Joseph. L'archiduc François-Ferdinand, héritier du trône, est assassiné à Sarajevo le 28 juin 1914 par un jeune Bosno-Serbe, Gavrilo Princip. Le texte est un ultimatum : une exigence qui ne laisse que quelques jours pour répondre.


Document 3 – La réponse de la Serbie, 25 juillet 1914 (extraits)

« 5o Le Gouvernement royal doit avouer qu'il ne se rend pas clairement compte du sens et de la portée de la demande du Gouvernement impérial et royal tendant à obtenir de la Serbie qu'elle s'engage à accepter sur son territoire la collaboration des organes du Gouvernement impérial et royal. Mais il déclare qu'il admettra toute collaboration qui répondrait aux principes du droit international et à la procédure criminelle, ainsi qu'aux bons rapports de voisinage. […] Quant à la participation à cette enquête des agents des autorités austro-hongroises qui seraient délégués à cet effet par le Gouvernement impérial et royal, le Gouvernement royal ne peut pas l'accepter, car ce serait une violation de la Constitution et de la loi sur la procédure criminelle. […] le Gouvernement royal serbe, considérant qu'il est de l'intérêt commun de ne pas précipiter la solution de cette question, est prêt, comme toujours, à accepter une entente pacifique, en remettant cette question soit à la décision du Tribunal international de La Haye, […] »

Source : Texte partiel de la réponse serbe du 25 juillet 1914, traduit par Gabriel Hanotaux dans son Histoire illustrée de la guerre de 1914, tome 2, reproduit sur fr.wikipedia.org (Ultimatum du 23 juillet 1914), consulté le 29 septembre 2026.

Serbie : royaume des Balkans, indépendant depuis 1878. Gabriel Hanotaux (1853-1944) : historien et diplomate français, ancien ministre des Affaires étrangères, auteur de la traduction. Le Tribunal international de La Haye est la Cour permanente d'arbitrage, créée en 1899.


Document 4 – Réponse du gouvernement belge à l'ultimatum allemand

« Les traités de 1839 confirmés par les traités de 1870 consacrent l'indépendance et la neutralité de la Belgique sous la garantie des Puissances […] Le Gouvernement belge, en acceptant les propositions qui lui sont notifiées, sacrifierait l'honneur de la nation en même temps qu'il trahirait ses devoirs vis-à-vis de l'Europe. »

Source : Note du gouvernement belge remise à la légation d'Allemagne à Bruxelles, le 3 août 1914 à sept heures du matin, texte publié par la Fédération Wallonie-Bruxelles sur le site commemorer14-18.be, consulté le 29 septembre 2026.

Ultimatum allemand : note remise au gouvernement belge le 2 août 1914 à 19 h 30, qui exige le libre passage des troupes allemandes en Belgique et laisse douze heures pour répondre.


Document 5 – Le chancelier allemand devant le Reichstag (extrait)

« Messieurs, nous sommes maintenant en état de légitime défense, et nécessité ne connaît pas de loi ! Nos troupes ont occupé le Luxembourg et sont peut-être déjà entrées en territoire belge. Cela est contraire au droit des gens. […] L'injustice, je parle franchement, l'injustice que nous commettons ainsi, nous chercherons à la réparer dès que notre but militaire sera atteint. »

Source : Theobald von Bethmann Hollweg, discours au Reichstag, Berlin, 4 août 1914, d'après le compte rendu des débats (texte allemand confronté à sa traduction anglaise sur en.wikiquote.org, consulté le 29 septembre 2026). Traduit de l'allemand par Capcess.

Theobald von Bethmann Hollweg (1856-1921) : chancelier de l'Empire allemand de 1909 à 1917, chef du gouvernement en août 1914. Reichstag : Parlement de l'Empire allemand.


Document 6 – Loi sur le gouvernement du Congo belge, dite Charte coloniale (1908), article 5

« Art. 5.– Le gouverneur général veille à la conservation des populations indigènes et à l’amélioration de leurs conditions morales et matérielles d’existence. Il favorise l’expansion de la liberté individuelle, l’abandon progressif de la polygamie et le développement de la propriété. Il protège et favorise, sans distinction de nationalité ni de cultes, toutes les institutions et entreprises religieuses, scientifiques ou charitables, créées et organisées à ces fins ou tendant à instruire les indigènes et à leur faire comprendre et apprécier les avantages de la civilisation. »

Source : Loi sur le gouvernement du Congo belge du 18 octobre 1908, Bulletin officiel du Congo belge, 1908, p. 65, article 5, texte publié dans Les constitutions de la RDC de 1908 à 2011 (presidence.cd), consulté le 29 septembre 2026.

Charte coloniale : loi belge qui organise le gouvernement du Congo après sa reprise par la Belgique (le Congo belge existe à partir du 15 novembre 1908). Le gouverneur général est le représentant du roi et du gouvernement belge au Congo.

Correction

  1. Trier les documents

    Le document 6 (Charte coloniale, 1908) n'est pas pertinent : il concerne le Congo et date de 1908. Les documents 1 à 5 concernent la crise de 1914 et les alliances qui l'expliquent.

  2. Plan

    1) la crise entre l'Autriche-Hongrie et la Serbie (documents 2 et 3) ; 2) l'extension par les alliances (document 1) ; 3) l'invasion de la Belgique (documents 4 et 5).

  3. Copie modèle

    Du meurtre de Sarajevo à la guerre européenne, Europe, juin-août 1914.

    Introduction. En 1914, l'Europe est divisée en deux blocs d'alliances, la Triple Alliance et la Triple Entente, et les rivalités coloniales et les nationalismes, surtout dans les Balkans, tendent les relations. Le 28 juin 1914, l'archiduc François-Ferdinand, héritier de l'Autriche-Hongrie, est assassiné à Sarajevo. Pourquoi et comment cet attentat déclenche-t-il en quelques semaines une guerre européenne ? Nous verrons la crise entre l'Autriche-Hongrie et la Serbie, puis l'extension du conflit par les alliances.

    Développement. Le 23 juillet 1914, l'Autriche-Hongrie adresse un ultimatum à la Serbie et exige notamment que ses organes participent à l'enquête sur le complot (document 2). La Serbie accepte la plupart des demandes mais refuse cette participation, contraire à sa Constitution, et propose l'arbitrage de La Haye (document 3) ; le 28 juillet, l'Autriche-Hongrie lui déclare la guerre. Les alliances (document 1) étendent alors le conflit : la Russie soutient la Serbie, l'Allemagne soutient l'Autriche-Hongrie et déclare la guerre à la Russie le 1er août, puis à la France le 3 août. Pour attaquer la France, l'Allemagne exige le passage de ses troupes par la Belgique, qui refuse le 3 août au nom de sa neutralité (document 4) ; le 4 août, elle envahit la Belgique et son chancelier admet une violation du droit des gens (document 5). Le Royaume-Uni entre alors en guerre.

    Conclusion. L'attentat de Sarajevo n'est que l'étincelle : l'ultimatum autrichien, que la Serbie n'accepte pas entièrement, puis le jeu des alliances et l'invasion de la Belgique transforment un conflit balkanique en guerre européenne. Les rivalités entre les blocs et les nationalismes en sont les causes profondes.

  4. Barème

    Introduction : au moins trois savoirs (deux blocs d'alliances, rivalités et nationalismes, attentat de Sarajevo du 28 juin), question rappelée. Développement : au moins cinq éléments des documents, avec leur numéro et leur date. Conclusion : réponse à la question, causes profondes. Barème : le jury central publie les critères de sa synthèse (introduction, développement, conclusion, langue) mais pas leur répartition ; les points ci-dessous sont ceux de Capcess, calqués sur la grille de l'épreuve externe du CESS d'histoire 2022 (20, 60, 15 et 5 points sur 100) ramenée à 30.

Ultimatum non entièrement accepté, alliances et invasion de la Belgique : un conflit balkanique devient une guerre européenne.

Barème de cet exercice

  • Introduction : la problématique est rappelée (2 points)
  • Introduction : au moins trois éléments de savoirs contextuels ou conceptuels exacts et pertinents (3 points)
  • Introduction : phrase d'amorce et annonce du plan (1 point)
  • Développement : au moins cinq éléments de réponse exacts tirés des documents (2 points chacun) (10 points)
  • Développement : le ou les documents d'où vient chaque élément sont cités entre parenthèses (3 points)
  • Développement : les éléments sont situés dans le temps (repères de temps exacts) (2 points)
  • Développement : au moins deux paragraphes, une idée principale par paragraphe, sans résumé des documents ni passage recopié (3 points)
  • Conclusion : elle répond à la problématique avec les éléments essentiels du développement (3 points)
  • Conclusion : elle est cohérente avec le développement (rien de nouveau) et peut ouvrir sur un prolongement (1.5 points)
  • Langue : soin, lisibilité, syntaxe (1.5 points)

Programme et consignes

Les consignes dépendent du cycle. Vérifie celles de ton inscription ; les exemples officiels ne couvrent pas tout le programme.