Synthèse. La décolonisation.
Problématique : Pourquoi et comment les empires coloniaux disparaissent-ils après 1945 ? L'exemple du Congo belge.
Consigne : rédigez la synthèse qui répond à cette problématique à partir des documents 1 à 6 et de vos connaissances. Votre copie comprend trois parties.
- Une introduction (10 lignes au plus) : elle reprend la problématique et la replace dans son contexte historique grâce à vos connaissances.
- Un développement (15 lignes au plus) d'au moins deux paragraphes : il présente de façon organisée les éléments de réponse que fournissent les documents, chacun situé dans le temps et suivi, entre parenthèses, du numéro du ou des documents dont il provient.
- Une conclusion (10 lignes au plus) : elle répond à la problématique.
Ce que le correcteur regarde.
- Introduction : la problématique est reprise et au moins trois savoirs (événements, notions) l'éclairent.
- Développement : au moins cinq informations exactes venant des documents, chacune rattachée à son document et à un repère de temps, dans un texte bien construit.
- Conclusion : elle répond à la problématique et reste cohérente avec le développement.
- Langue : écriture soignée, lisible, phrases correctes.
Total : 30 points.
Document 1 – Charte de l'Atlantique (1941), point 3
« Ils respectent le droit de chaque peuple à choisir la forme de son gouvernement et espèrent que les droits souverains et l’autonomie de gouverner seront restitués à ceux qui en ont été privés par la force. »
Source : Déclaration commune du président des États-Unis Franklin D. Roosevelt et du Premier ministre du Royaume-Uni Winston Churchill, 14 août 1941, texte français publié sur nato.int, consulté le 29 septembre 2026.
Roosevelt et Churchill se rencontrent en mer, au large de Terre-Neuve, en août 1941, alors que la guerre fait rage en Europe. Leur déclaration, qui définit les buts de guerre des deux pays, reçoit le nom de Charte de l'Atlantique.
Document 2 – Charte des Nations Unies (1945), articles 1 et 73 (extraits)
« Les buts des Nations Unies sont les suivants : […] 2. Développer entre les nations des relations amicales fondées sur le respect du principe de l’égalité de droits des peuples et de leur droit à disposer d’eux-mêmes, et prendre toutes autres mesures propres à consolider la paix du monde ; […] Art. 73. – Les Membres des Nations Unies qui ont ou qui assument la responsabilité d’administrer des territoires dont les populations ne s’administrent pas encore complètement elles-mêmes reconnaissent le principe de la primauté des intérêts des habitants de ces territoires. »
Source : Charte des Nations Unies, signée à San Francisco le 26 juin 1945, article 1, paragraphe 2, et article 73, texte publié dans la Revue générale de droit international public, 1946, p. 195-215, transcrit sur fr.wikisource.org, consulté le 29 septembre 2026.
Nations Unies (ONU) : organisation internationale fondée en 1945 par 51 États. Territoires non autonomes : territoires dont la population ne se gouverne pas encore complètement elle-même, comme les colonies.
Document 3 – Rudyard Kipling, « Le fardeau de l'homme blanc » (première strophe)
« Prenez le fardeau de l'homme blanc, / Envoyez les meilleurs de votre race, / Liez vos fils à l'exil / Pour servir les besoins de vos captifs ; / Pour attendre, sous un lourd harnais, / Des peuples agités et sauvages, / Vos peuples nouvellement conquis, maussades, / Moitié diables et moitié enfants. »
Source : Rudyard Kipling, The White Man's Burden. The United States and the Philippine Islands, poème publié dans le McClure's Magazine, février 1899, texte anglais sur en.wikisource.org, consulté le 29 septembre 2026. Traduit de l'anglais par Capcess.
Rudyard Kipling (1865-1936) : écrivain et poète britannique, né à Bombay, prix Nobel de littérature en 1907. Il écrit ce poème à l'adresse des États-Unis, qui viennent de prendre le contrôle des Philippines après leur victoire sur l'Espagne (1898).
Document 4 – Déclaration sur l'octroi de l'indépendance aux pays et peuples coloniaux (extrait)
« 1. La sujétion des peuples à une subjugation, à une domination et à une exploitation étrangères constitue un déni des droits fondamentaux de l’homme, est contraire à la Charte des Nations Unies et compromet la cause de la paix et de la coopération mondiales. […] 2. Tous les peuples ont le droit à la libre détermination ; en vertu de ce droit, ils déterminent librement leur statut politique et poursuivent librement leur développement économique, social et culturel. […] 3. Le manque de préparation dans les domaines politique, économique ou social ou dans celui de l’enseignement ne doit jamais être pris comme prétexte pour retarder l’indépendance. »
Source : Assemblée générale des Nations unies, résolution 1514 (XV), 14 décembre 1960, § 1 à 3, texte sur fr.wikisource.org, consulté le 29 septembre 2026.
Assemblée générale des Nations unies : organe de l'ONU où siègent tous les États membres ; la résolution 1514 est adoptée par 89 voix, sans opposition, avec 9 abstentions.
Document 5 – Discours du roi Baudouin Ier à la cérémonie de l'indépendance du Congo, 30 juin 1960 (extraits)
« L'indépendance du Congo constitue l'aboutissement de l'oeuvre conçue par le génie du roi Léopold II, entreprise par lui avec un courage tenace et continuée avec persévérance par la Belgique. […] Lorsque Léopold II a entrepris la grande oeuvre qui trouve aujourd'hui son couronnement, Il ne s'est pas présenté à vous en conquérant mais en civilisateur. […] En face du désir unanime de vos populations nous n'avons pas hésité à vous reconnaître, dès à présent, cette indépendance. »
Source : Discours du roi des Belges Baudouin Ier, Léopoldville, 30 juin 1960, dans Les discours prononcés par le Roi Baudouin Ier, le Président Joseph Kasa-Vubu et le Premier Ministre Patrice-Emery Lumumba lors de la cérémonie de l'indépendance du Congo, Archives nationales du Congo, publiés sur presidence.cd, consulté le 29 septembre 2026.
Baudouin Ier (1930-1993) : roi des Belges de 1951 à 1993. Léopoldville : capitale du Congo, aujourd'hui Kinshasa. Léopold II : roi des Belges de 1865 à 1909, souverain de l'État indépendant du Congo de 1885 à 1908.
Document 6 – Discours de Patrice Lumumba à la cérémonie de l'indépendance du Congo, 30 juin 1960 (extraits)
« Car cette Indépendance du Congo, si elle est proclamée aujourd'hui dans l'entente avec la Belgique, pays ami avec qui nous traitons d'égal à égal, nul Congolais digne de ce nom ne pourra jamais oublier cependant que c'est par la lutte qu'elle a été conquise […] Ce que fut notre sort en 80 ans de régime colonialiste, nos blessures sont trop fraîches et trop douloureuses encore pour que nous puissions le chasser de notre mémoire. Nous avons connu le travail harassant exigé en échange de salaires qui ne nous permettaient ni de manger à notre faim, ni de nous vêtir ou nous loger décemment, ni d'élever nos enfants comme des êtres chers. […] Nous avons connu les ironies, les insultes, les coups que nous devions subir matin, midi et soir, parce que nous étions des nègres. […] La République du Congo a été proclamée et notre cher pays est maintenant entre les mains de ses propres enfants. »
Source : Discours du Premier ministre du Congo Patrice Emery Lumumba, Léopoldville, 30 juin 1960, dans Les discours prononcés par le Roi Baudouin Ier, le Président Joseph Kasa-Vubu et le Premier Ministre Patrice-Emery Lumumba lors de la cérémonie de l'indépendance du Congo, Archives nationales du Congo, publiés sur presidence.cd, consulté le 29 septembre 2026.
Patrice Lumumba (1925-1961) : dirigeant nationaliste congolais, chef du Mouvement national congolais, Premier ministre de juin à septembre 1960. Le mot employé pour désigner les Noirs est celui du texte de 1960 ; il est aujourd'hui considéré comme injurieux.